Global Alert and Response (GAR)

Directives OMS de sécurité biologique pour la prise en charge de spécimens SRAS

le 25 avril 2003

L'OMS a préparé les directives de sécurité biologique qui suivent pour la prise en charge d'échantillons cliniques associés au SRAS.

Il convient de manipuler les échantillons de SRAS en respectant les pratiques de sécurité biologique appropriées afin d'éviter toute infection de laboratoire et la diffusion de la maladie vers des contacts proches. Il semble que le principal mode d'infection se produise par les gouttelettes aériennes et il faut donc exercer une vigilance extrême pour éviter toute projection non sécurisée d'aérosols. On trouvera dans Laboratory Biosafety Manuel, 2nd edition revised des informations détaillées sur les possibilités d'isolement du matériel et sur les pratiques de sécurité biologique reprises dans le présent document. D'après les renseignements les plus à jour, l'agent causal du syndrome est un coronavirus jusqu'ici inconnu, auquel on a pour l'instant donné le nom de Coronavirus SARS. Toutes les pratiques de laboratoire auxquelles on aura recours devront par conséquent être celles que l'on utilise pour travailler avec les agents viraux et il faudra accorder une attention particulière à la diffusion potentielle par gouttelettes, par voie aérienne et/ou par les surfaces et objets contaminés. Il ne faudra jamais entreprendre une procédure si l'on n'est pas certain qu'elle permet de contenir correctement l'échantillon et d'empêcher la diffusion incontrôlée du virus.

Directives OMS de sécurité biologique pour la prise en charge de spécimens SRAS et les produits matériel dérivés des investigations sur des cas de SRAS:

On pourra effectuer les opérations ci-après dans un site de sécurité biologique de niveau 2 (BSL-2) avec les pratiques de travail BSL-2 adéquates:

  • Tests diagnostics de routine pour les sérums et les échantillons sanguins
  • Manipulations de particules virales dont on sait qu'elles sont inactivées (par lyse, par fixation ou par autre traitement) et/ou de portions incomplètes et non infectieuses du génome viral
  • Examen en routine de cultures bactériennes et mycosiques
  • Emballage final d'échantillons devant être transportés pour tests complémentaires. Les échantillons devront être déjà présentés dans un conteneur primaire décontaminé et scellé.

L'OMS recommande vivement le recours aux précautions ci-après pour le travail sur échantillons suspects de SRAS en laboratoires BSL-2 :

  • Toute procédure susceptible d'engendrer des aérosols devra s'effectuer avec recours à une enceinte de sécurité biologique.
  • Les agents de laboratoire devront recourir à un équipement de protection, y compris des gants jetables, des blouses à fermeture postérieure ou blouses engonçantes avec manchettes, des protections oculaires (lunettes, visières, écrans faciaux) et un masque chirurgical, selon le risque de productions d'aérosols et d'exposition au cours de manipulations données. Si le travail s'effectue en enceinte de sécurité biologique, il n'est pas nécessaire de recourir à un écran facial complet.
  • On centrifugera les échantillons humains en utilisant des rotors de centrifugeuse ou des pots à échantillons étanches, qu'il faudra manipuler dans une enceinte de sécurité biologique.
  • Les procédures entreprises en dehors des cabinets de sécurité biologique devront l'être de façon à minimiser le risque d'exposition accidentelle à l'agent étiologique.
  • Il faudra décontaminer les surfaces de travail et le matériel après traitement des échantillons. On obtiendra des résultats satisfaisants avec des agents standard agissant sur les virus à enveloppe lipidique.
  • Les déchets biologiques seront traités selon les instructions reprises dans Laboratory Biosafety Manuel, 2nd edition revised, ce qui inactivera les particules virales.

Dans les cas où les installations de du laboratoire ne sont pas satisfaisantes, il faudra envisager sérieusement le transport des échantillons vers un laboratoire de référence convenablement équipé afin d'y procéder aux premiers tests diagnostiques.

On ne pourra effectuer les opérations ci-après que dans un site de sécurité biologique de niveau 3 (BSL-3) avec pratiques de travail BSL-3 :

  • Culture de cellules virales de l'agent causal.
  • Manipulations impliquant la culture ou la concentration de l'agent causal.

S'il n'est pas possible d'opérer au sein d'une enceinte de sécurité biologique, on aura obligatoirement recours à des combinaisons adéquates d'équipement protecteur personnel (p. ex. Respirateurs, écran facial) et à des équipements de contention (p.ex. rotors et pots à centrifuger étanches).

On ne pourra effectuer les opérations ci-après que dans un site de sécurité biologique de niveau 3 (BSL-3) avec pratiques de travail BSL-3 :

  • Inoculation d'animaux aux fins de récupérer l'agent causal, le cas échéant, à partir d'échantillons SRAS.
  • Tout protocole impliquant une inoculation à l'animal dans le but de confirmer ou d'identifier un éventuel agent causal du SRAS.

Transport d'échantillons humains:

Le transport d'échantillons à l'intérieur du pays devra s'effectuer selon la réglementation nationale en vigueur.

Le transport international par voie aérienne d'échantillons humains provenant de cas présumés ou probables de SRAS devra être conforme à l'édition la plus récente (2003) du Règlement de l'Association internationale du Transport aérien (IATA) sur le transport des marchandises dangereuses.

-Dangerous Goods Index
-Consignment of Diagnostic Specimens 2003

Les règlements actuels de IATA (2003) permettent le transport d'échantillons dont on sait ou on soupçonne qu'ils contiennent l'agent causal du SRAS comme "Prélèvements diagnostiques" UN 3373 lorsque ces prélèvements sont transportés à des fins diagnostiques ou d'investigation.

Dans tous les autres cas, les échantillons doivent être transportés en tant que UN 2814 et porter l'indication : “(virus du Syndrome respiratoire aigu sévère)”.

Les cultures préparées pour la production délibérée d'agents pathogènes ne pourront pas être transportées en tant que prélèvements diagnostiques, mais devront l'être en tant que UN 2814, Matériel infectieux pouvant affecter l'homme (virus du Syndrome respiratoire aigu sévère.

Tous les échantillons à transporter (UN 3373 ou UN 2814) devront être placés dans un emballage à trois couches d'emballage successives:

On emballera le matériel UN 3373 (prélèvements diagnostiques) dans des emballages suffisamment solides pour résister aux pressions et aux chocs normalement subis pendant le transport. Ces emballages seront construits et clos de façon à éviter toute fuite pouvant survenir dans des circonstances normales de transport (par vibration, ou changements de température, d'humidité ou de pression atmosphérique).

Le récipient primaire sera emballé dans un récipient secondaire de telle façon que, normalement, le récipient primaire ne puisse pas casser et qu'il n'y ait pas de possibilité de ponction, ni de fuite à partir de ce récipient au sein du réceptacle secondaire. L'emballage secondaire sera placé dans un emballage final externe comportant suffisamment de matériel destiné à amortir les chocs. Toute fuite du contenu devra ne pas affecter de manière significative les propriétés protectrices du matériel anti-chocs et de l'emballage extérieur.

Liquides
Le récipient primaire sera étanche et ne devra pas avoir une capacité supérieure à 500 mI. On mettra du matériel absorbant entre le récipient primaire et l'emballage secondaire ; si plusieurs réceptacles primaires sont placés dans un seul emballage secondaire, il faudra les emballer individuellement ou bien les séparer pour éviter tout contact entre les réceptacles. Le matériel absorbant sera suffisamment abondant pour pouvoir absorber tout le contenu du récipient primaire et le réceptacle secondaire devra être étanche. Les emballages primaire et secondaire doivent pouvoir supporter une pression interne entraînant des différences de pression d'au moins 95 kPa (0.95 bar). La contenance maximum de l'emballage externe sera de 4 litres au maximum.

Solides
Le ou les récipient(s) primaire(s) devra/devront être étanche(s) aux solides avec une contenance de 500 g tout au plus. Si plusieurs réceptacles primaires fragiles sont placés dans un seul emballage secondaire, il faudra les emballer individuellement ou bien les séparer pour éviter tout contact entre les réceptacles, et il faudra avoir un emballage secondaire étanche. La contenance de l'emballage externe ne devra pas dépasser 4 kg. Pour le transport par voie aérienne, la plus petite dimension extérieure hors-tout d'un emballage devra atteindre au moins 10 mm. L'emballage devra être conforme à certaines normes de résistance.

Pour toute autre information sur les définitions, les normes d'emballage, l'étiquetage, la documentation d'accompagnement et les réfrigérants, prière de consulter les autorités compétentes, les directives de transport IATA en vigueur, les distributeurs commerciaux de matériel d'emballage ou les compagnies de transport par messagerie.

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