Dengue control

Lutte chimique contre le vecteur de la dengue

Larvicides

Bien que les produits chimiques soient largement utilisés pour traiter les habitats larvaires d’Ae. aegypti, l’application de larvicides devrait être considérée comme complémentaire de la gestion environnementale et, sauf en cas d’urgence, être uniquement réservée aux citernes et récipients qui ne peuvent pas être traités autrement ou éliminés.

L’utilisation de larvicides peut être impraticable dans des sites naturels d’accès difficile comme les aisselles des feuilles et les trous dans les arbres, qui sont couramment l’habitat d’Ae. albopictus, ou dans des puits profonds.

La difficulté d’accès des habitats larvaires d’Ae. aegypti à l’intérieur des habitations (récipients utilisés pour le stockage de l’eau, vases à fleurs, soucoupes, etc.) constitue une limitation majeure à l’application de larvicides dans de nombreux contextes urbains.

Les larvicides utilisés dans les réserves d’eau devraient avoir une faible toxicité pour les autres espèces et ne pas modifier de manière significative le goût, l’odeur ou la couleur de l’eau. Les Directives de qualité pour l’eau de boisson de l’OMS fournissent des conseils faisant autorité sur l’utilisation des pesticides dans l’eau de boisson.

Comme on peut le comprendre, le fait de mettre des produits chimiques dans l’eau à usage domestique, et en particulier dans l’eau de boisson, est souvent considéré avec suspicion et peut être inacceptable dans certaines communautés.

On trouvera de plus amples informations sur la sécurité, le contrôle de qualité, la conduite des tests, la résistance aux insecticides et l’application des larvicides sur le site.

Insecticides adulticides

Les méthodes de lutte chimique ciblant les vecteurs adultes visent à agir sur la densité des populations de moustiques, leur longévité et d’autres paramètres influant sur la transmission. Les adulticides sont appliqués soit en traitements de surface à effet rémanent soit en pulvérisations spatiales.

Traitement à effet rémanent

Le traitement périfocal décrit plus haut agit à la fois sur les moustiques adultes et sur les larves. Des insecticides appropriés peuvent être appliqués à l’aide de pulvérisateurs à compresseur actionnés à la main. Il faut veiller à ne pas traiter les récipients utilisés pour stocker de l’eau potable.

La pulvérisation d’insecticides à effet rémanent à l’intérieur des habitations est l’application d’insecticides chimiques à longue durée d’action sur les murs et le toit de toutes les maisons et de tous les abris pour animaux domestiques d’une zone donnée, de manière à tuer les moustiques adultes vecteurs qui se reposent sur ces surfaces.

On trouvera de plus amples informations sur la sécurité, le contrôle de qualité, la conduite des tests, la résistance aux insecticides et l’application des traitements à effet rémanent sur le site WHOPES.

Pulvérisations spatiales

La pulvérisation spatiale est un moyen de lutte qui n’est recommandé que dans les situations d’urgence pour enrayer une épidémie en cours ou prévenir une épidémie imminente. Elle a pour objectif la destruction massive et rapide de la population adulte de vecteurs.

Toute méthode de lutte réduisant le nombre de moustiques adultes infectants, même pour une courte période, devrait en principe réduire la transmission du virus pendant cette période, mais la question reste posée de savoir si l’impact transitoire de ces pulvérisations spatiales a véritablement un effet épidémiologique à long terme.

En pratiquant une pulvérisation spatiale dès le début d’une épidémie et à suffisamment grande échelle, on peut réduire l’intensité de la transmission, ce qui laisse du temps pour appliquer d’autres mesures de lutte antivectorielle assurant une protection à plus long terme, y compris un traitement larvicide et une réduction des sources à l’échelon de la communauté.

En conséquence, si la surveillance de la maladie est d’une sensibilité suffisante pour permettre la détection des cas aux tout premiers stades d’une épidémie et si l’on dispose des ressources nécessaires, la pulvérisation spatiale d’urgence peut être pratiquée en même temps que l’on intensifie les mesures de réduction des sources et le traitement aux larvicides.

L’efficacité de la pulvérisation spatiale dépend:

  • des moyens utilisés (avion, véhicule, équipement actionné à la main);
  • des types de brouillard de pulvérisation (brouillard froid ou chaud);
  • de la taille des gouttelettes, des doses d’application et des conditions climatiques;
  • des structures et de la configuration des bâtiments et de la pénétration des liquides pulvérisés;
  • de la taille de l’aire ciblée;
  • du relief et de l’accessibilité;
  • du moment où interviennent les pics de vols de moustiques.

On trouvera de plus amples informations sur la sécurité, le contrôle de qualité, la conduite des tests, la résistance aux insecticides et l’application des pulvérisations spatiales sur le site du Programme d'évaluation des pesticides de l'OMS WHOPES.

Cycle du traitement

Le cycle du traitement larvicide dépendra de l’espèce à laquelle appartient le moustique visé, de la saison de transmission, du régime des pluies, de la durée d’action du larvicide et des types d’habitats larvaires.

Deux ou trois tournées d’application par an effectuées en temps utile avec une surveillance appropriée de l’efficacité peuvent suffire, en particulier dans les zones où la principale saison de transmission est courte.

Lorsqu’il est essentiel de réduire rapidement la densité des vecteurs, comme dans une situation d’urgence, des pulvérisations spatiales devraient être pratiquées idéalement tous les deux à trois jours sur une période de 10 jours. De nouvelles applications devraient ensuite être effectuées une à deux fois par semaine pour prolonger l’effet sur la population de vecteurs adultes.

Une surveillance entomologique et épidémiologique continue devrait être mise en place pour déterminer le calendrier d’application approprié et juger de l’efficacité de la stratégie de lutte.

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