Directeur général

Points de discussion sur la pandémie de grippe humaine

Singapour
12 octobre 2005

Y aura-t-il une pandémie de grippe humaine? La réponse est oui. Le virus H5N1 de la grippe aviaire est actuellement le virus le plus susceptible de provoquer la prochaine pandémie de grippe. Un seul élément fait défaut – l’existence d’un virus qui se transmette rapidement entre humains.

Quand ce virus apparaîtra-t-il ? Nous l’ignorons mais ce pourrait être à tout moment.

A quel coût politique et social doit-on s’attendre ? Ce coût sera énorme. Aucun gouvernement et aucun chef d’Etat ne peut se permettre de se laisser surprendre. Singapour a connu une flambée de SRAS. Vous avez réagi avec dynamisme face à une situation en constante évolution et vous avez combattu la maladie avec succès. Vos plans de préparation à une pandémie sont excellents. En comparaison du SRAS, le défi actuel pourrait être d’une toute autre ampleur. La pandémie de grippe de 1918 a provoqué entre 40 et 50 millions de morts ; celles des années 50 et 60, considérées comme modérées, ont fait 3 millions de victimes.

Quel sera le coût économique ? On a estimé à US$ 30 milliards le coût du SRAS. Souvenez-vous – la flambée de SRAS a fait moins de 800 victimes dans le monde. Il faut que de bons systèmes de communication soient en place pour informer les gens de ce qu’ils doivent faire. Mieux vous vous préparez, plus vous serez à même de protéger les populations contre la maladie, la mort et les mouvements de panique aux conséquences désastreuses.

Où la pandémie se déclarera-t-elle ? La pandémie commencera très probablement dans l’un des pays de cette Région où les flambées de grippe aviaire se succèdent depuis trois ans. Le virus de la grippe pandémique humaine résultera vraisemblablement d’une mutation du virus H5N1 de la grippe aviaire.

Si la pandémie ne s’est pas encore déclarée, à qui le devons-nous ? Aux petits éleveurs qui ont fait d’énormes sacrifices en abattant leurs volailles lorsque un élevage était touché. Ils n’ont pas reçu de compensations suffisantes ; parfois ils n’ont reçu aucune compensation. Or c’est plus que tout leur action qui a contribué à prévenir une pandémie de grippe humaine. La question de la compensation est directement liée à l’efficacité des systèmes de surveillance. C’est ce qui amènera les éleveurs à signaler toute manifestation inhabituelle dans leur élevage.

Que faut-il faire ? Comment réduire les risques ? Tous les pays doivent se doter d’un plan national de lutte anti-pandémie. Tous les pays doivent élaborer une stratégie de communication qui leur permettre d’informer le public au sujet de la grippe pandémique : ce qu’elle est, et ce qu’elle n’est pas. Tous les gouvernements doivent être en mesure de réagir rapidement et efficacement le moment venu.

Rôle des entreprises : Les milieux d’affaires peuvent soutenir directement ces plans de préparation et de communication, notamment en établissant des programmes de préparation institutionnels. Vous pouvez apporter un soutien direct à vos communautés en veillant à ce que tous les employés et leur famille soient informés de la situation le moment venu. Chacun doit savoir ce qu’il doit faire et sur quelle aide il peut compter. Une bonne communication est essentielle.

Nous avons besoin d’un système d’alerte précoce. Lors des trois pandémies du siècle passé, il n’y a pas eu d’alerte précoce. Nous devons rester attentifs à toute modification des caractéristiques des cas de grippe humaine et tous les cas de transmission interhumaine doivent être détectés dans les plus brefs délais. Tous les pays, et toutes les communautés, ont besoin d’un système d’alerte précoce opérationnel pour la santé publique. Il faudra pour cela améliorer la surveillance de la maladie chez l’animal et chez l’homme, les investigations de terrain, l’aide au diagnostic et les moyens propres à inciter les gens à déclarer les manifestations inhabituelles.

Nous devons intervenir immédiatement, en cas de flambée de grippe humaine, en fournissant des médicaments et en instaurant une quarantaine. Nous voulons contenir la pandémie, ou tout au moins en ralentir la propagation, et ce le plus tôt possible.

Nous devons trouver les moyens d’aider les pays les plus démunis. Tous les pays devraient pouvoir disposer d’antiviraux, qu’ils les achètent par leurs propres moyens ou qu’ils bénéficient de la collaboration internationale. L’OMS a constitué une réserve de 30 millions de capsules de Tamiflu dans le cadre d’un accord avec Roche. Ces médicaments serviront à repousser la première flambée.

Le succès de l’action passe par la collaboration internationale. L’OMS, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et l’Organisation mondiale de la santé animale collaborent déjà de façon étroite. Tous les pays disposent désormais de lignes directrices pour l’établissement d’un plan de lutte national.

C’est le moment d’agir.

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