Directeur général

Allocution du Dr LEE à la cinquante-cinquième session du Comité Régional de l'Afrique

Maputo, Mozambique
22 août 2005

Excellences, Monsieur Armando Guebuza, Président de la République du Mozambique, Monsieur Alpha Oumar Konare, Président de la Commission de l'Union africaine, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les représentants, Chers collègues,

C'est un accueil vraiment spectaculaire que vous nous avez réservé, et je vous en remercie. L'Afrique est au cœur des discussions qui se déroulent actuellement au niveau mondial quant à l'avenir de notre planète. Elle suscite chez nous tous les plus vives préoccupations en même temps que certaines des plus grandes espérances. La vie des gens dépend de vous -vous qui prenez les décisions. Cette réunion - et tout le cérémonial qui l'accompagne peut sembler fort éloignée de la dure réalité qu'imposent à des millions de gens en Afrique la pauvreté et les maladies. En fait, elle ne l'est pas. Dans toutes nos discussions cette semaine, nous devons garder présent à l'esprit le sort des pauvres et des malades.

L'OMS a alloué à l'Afrique près de 30 % de tous les fonds de toutes sources dont nous disposons pour la prochaine période biennale : c'est la plus forte proportion du budget de l'OMS. Pour utiliser ces ressources de façon efficace afin de parvenir aux résultats requis, il faudra rationaliser. Il faudra aussi renforcer la gestion, la transparence et l'obligation de rendre compte.

Le Mozambique offre aujourd'hui à cet égard un excellent exemple. Selon un dicton, "il n'y a pas de bons marins sans tempête". Or, le gouvernement mozambicain a fait la preuve de ses capacités de navigateur. Après 16 années de guerre destructrice, il a retrouvé la paix en 1992. Il est parvenu à assurer la reconstruction nationale grâce à une bonne gouvernance, à une plus grande transparence et à un accroissement de la coopération. L'appui des donateurs bilatéraux a suivi. La santé du pays en a bénéficié et l'on enregistre en ce moment de nets progrès en vue de la réalisation de plusieurs des objectifs du Millénaire pour le développement. Le recul rapide de la mortalité des nourrissons et des moins de cinq ans, particulièrement en milieu rural, conjugué à l'amélioration de la couverture de la vaccination antirougeoleuse et à une diminution remarquable de la mortalité maternelle entre 1997 et 2003 attestent d'une bien meilleure survie pour les femmes et les enfants. Il reste cependant beaucoup à faire en matière de lutte antipaludique, et la prévalence du VIH continue d'augmenter.

Ce sont ces capacités de navigation qui seront nécessaires sur tout le continent dans les années à venir. Selon notre vision commune pour la prochaine décennie, la santé est indéniablement influencée par toute une gamme de facteurs non médicaux comme la pauvreté, le dénuement et l'ignorance. Des questions d'ordre social, environnemental, économique et politique jouent un rôle dans les résultats obtenus en santé. Leurs conséquences sont évidentes lorsqu'on songe à l'accumulation de la charge des maladies chroniques et au tribut que continuent de prélever en vies humaines des maladies infectieuses comme le VIH/SIDA, la tuberculose ou le paludisme.

Nous tous ici présents avons pour responsabilité de veiller à ce que les gens ne meurent plus de ces maladies. Mais la question de la répartition des responsabilités en vue de la réduction ou de la disparition des causes de ces maladies est complexe. Votre débat sur le projet de programme général de travail va jouer à cet égard un rôle important.

Il y a deux ans, j'ai dit devant le Comité régional que la mise sous traitement antirétroviral de trois millions de personnes d'ici fin 2005 était la première étape sur la voie de l'accès universel. Beaucoup jugeaient cette initiative trop ambitieuse. C'est entendu. Nous devions fixer des cibles dynamiques, mais cela représentait beaucoup de travail en peu de temps et il est évident qu'il faudra un peu plus longtemps que ce qui était prévu à l'origine pour soigner ces trois millions de personnes.

Vous avez beaucoup fait en peu de temps. Près de 1.5 million de personnes seront sous traitement antirétroviral d'ici fin 2005 (pour la plupart en Afrique subsaharienne). Compte tenu de ces progrès, on reconnaît dans le monde entier que l'accès universel est un impératif moral et social tout autant qu'une nécessité pratique. L'engagement pris par les Etats Membres de développer l'accès au traitement est désormais une dynamique oú l'on ne saurait revenir en arrière. L'élan que vous avez donné a inévitablement conduit les pays du G8 à fixer récemment un objectif plus ambitieux encore - à savoir se rapprocher le plus possible de l'accès universel au traitement pour tous ceux qui en ont besoin d'ici 2010. Vous avez contribué à rendre la chose possible. On reconnaît aujourd'hui que l'accès de tous aux soins de santé dont ils ont besoin est non seulement une nécessité absolue mais aussi tout à fait possible.

Dans l'ensemble, les prix des antirétroviraux diminuent à mesure que de nouveaux produits sont disponibles et que le marché se développe. L'OMS assure déjà la préqualification de 63 antirétroviraux, dont 29 sont des formulations génériques. L'accord de confidentialité récemment passé entre l'OMS et la Food and Drug Administration des Etats-Unis d'Amérique viendra apporter un appui plus soutenu au programme de préqualification en accélérant la mise sur le marché d'antirétroviraux moins coûteux.

Le traitement étant plus largement disponible, les gens sont plus nombreux à demander un test de dépistage. Dans un district d'Ouganda, l'introduction de la thérapie antirétrovirale a permis de multiplier par 27 la demande de test de dépistage et de conseil. C'est là une étape vitale. En Afrique, moins de 5 % des gens qui vivent avec le VIH/SIDA connaissent leur statut sérologique. Il faut développer l'offre de services de dépistage et de conseil . Traitement et prévention vont de pair puisque chacun de ces volets renforce la capacité de l'autre à sauver des vies.

Malgré tout, la demande dépasse ce que les individus ou les systèmes peuvent offrir. Au moins quatre millions de personnes ne serait-ce qu'en Afrique subsaharienne ont besoin de ce traitement. Le nombre d'individus sous traitement est en augmentation. Au cours des 12 derniers mois, le nombre d'Africains qui reçoivent des médicaments susceptibles de leur sauver la vie a triplé mais il faut aller beaucoup plus loin. Il faut de toute urgence former des agents de santé et éliminer les goulets d'étranglement.

Mais c'est une lutte contre la montre. L'espérance de vie recule en Afrique subsaharienne. Au Botswana, par exemple, elle est actuellement de 36.4 ans mais, d'après les prévisions, elle devrait encore reculer pour atteindre 34.4 ans d'ici 2010. Au Swaziland, elle va tomber à 30.6 ans au cours des cinq prochaines années. Ce sont là des catastrophes qui se profilent à l'horizon. Il nous faut inverser cette tendance en parvenant à faire reculer la mortalité due au VISH/SIDA.

L'accès universel est d'autre part un élément déterminant de la lutte antituberculeuse. Après la proclamation du caractère d'urgence mondiale du problème en 1993, la thérapie DOTS a connu un développement rapide dans le monde entier, et l'incidence de la tuberculose est soit en recul soit stable dans la plupart des régions du monde. Il n'y a qu'en Afrique que le taux s'accroît rapidement, d'oú une augmentation globale nette d'environ 1 % par an. En Afrique, l'incidence est passée à 345 cas pour 100 000 habitants en 2003 et la mortalité est de loin la plus élevée au monde. La tuberculose est un énorme problème de santé publique tant pour l'Afrique que pour le monde. L'épidémie de VIH ne fait qu'accélérer la transmission et le développement de la résistance. Les activités de lutte contre ces deux maladies doivent donc être coordonnées de très près. Environ 35 % des individus atteints de tuberculose sont également infectés par le VIH en Afrique, alors que le pourcentage est de 8 % pour l'ensemble du monde. Or, il existe des traitements efficaces contre les deux maldies. La tubreculose se guérit. Les principaux facteurs ui font obstacle à l'application de ces traitements et à la prévention de décès évitables sont les mêmes : les systèmes de santé ne sont pas encore assez solides, et il n'y a pas assez d'agents de santé qualifiés.

Tout au long des années sur lesquelles a porté l'effort d'éradication de la poliomyélite, nous avons tous ensemble progressé vers la couverture quasi-universelle de la vaccination dans les pays oú la maladie est endémique. Cependant, la réintroduction du virus dans plusieurs pays auparavant indemnes de poliomyélite a également démontré qu'on pouvait facilement perdre des acquis fragiles en matière de santé.

Ce n'est que lorsque tous les enfants auront été vaccinés que la transmission du poliovirus s'interrompra. L'an dernier, l'Union africaine a réagi aux flambées par des campagnes antipoliomyélitiques synchronisées dans 24 pays, ce qui a permis d'atteindre à près 100 millions d'enfants. C'est la plus vaste opération internationalement coordonnée entreprise en temps de paix. Grâce à votre appui, des présidents et des premiers ministres ont participé au lancement de cette action et renouvelé l'engagement d'éliminer la poliomyélite en Afrique. C'est ce qui explique que, cette année, l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale aient enregistré le plus faible niveau de cas de ces dernières années.

Il nous faut développer les campagnes de vaccination antipoliomyélitique dans la Corne de l'Afrique et au Nigeria, où de très nombreux enfants passent encore à travers les mailles du filet. Vaccination et couverture totale, couplées à la surveillance, sont une urgente nécessité pour tous les pays. Le matériel, les fournitures et les agents de santé utilisés dans ce but apportent une contribution décisive à l'ensemble de l'infrastructure de santé, particulièrement pour la protection contre les maladies de l'enfant.

"Donner sa chance à chaque mère et à chaque enfant", tel était le thème de la Journée mondiale de la Santé cette année. Là aussi, il faut surmonter les problèmes d'accès d'ordre financier et mettre en place des effectifs suffisants.

Pour concrétiser un peu les choses, prenons le cas d'une jeune Ethiopienne de 17 ans qui attend un enfant. Elle s'appelle Hiwot. Elle figure avec sa petite fille Elizabeth dans le dossier photographique sur six pays qui a accompagné le lancement cette année du Rapport sur la santé dans le monde. On peut aussi trouver leur photo sur le site web de l'OMS sous la rubrique "Great Expectations". C'était la première grossesse d'Hiwot. Elle était encore écolière et habitait avec sa mère et sa sœur. Quand elle a su quelle était enceinte, elle s'est rendue au dispensaire prénatal le plus proche, à une demi-heure de marche. Elle a de la chance : seule une Ethiopienne sur quatre bénéficie d'une consultation prénatale. Elizabeth est née sans problèmes, avec l'aide du Dr Asfau, et pesait 3,3 kilos. Heureusement, il n'y a pas eu de complications car l'hôpital ne possédait pas d'installations spéciales et n'offrait que des services limités. Il n'y avait pas d'eau courante, seulement un seau. Dan le pays d'Hiwot, 9,7 % seulement des accouchements ont lieu en présence d'une personne qualifiée et une femme sur 14 meure des suites d'une grossesse ou d'un accouchement. La petite Elizabeth, nourrie au sein, a passé le cap du septième jour. Mais 38 bébés sur 1000 meurent durant leur première semaine de vie. Elle a commencé à recevoir les vaccinations dont elle a besoin pour être protégée. Or, un petit Ethiopien sur cinq meure avant l'âge d'un an d'une maladie évitable comme la pneumopathie, la diarrhée ou le paludisme.

Tels sont les chiffres sur lesquels nous devons agir. Mais ce ne sont pas seulement des chiffres : ce sont des vies humaines. Toutes les Elizabeth et les Hiwot du monde doivent avoir la meilleure chance d'être en bonne santé, sans aucune différence.

En ce qui concerne le paludisme, la Déclaration d'Abuja a fixé 2005 comme date-butoir pour une couverture de 60 % des principales interventions curatives et préventives. Peu de pays atteindront cette cible cette année. Le problème d'offre concernant le traitement à base d'artémisinine explique en partie ce retard. En Afrique de l'Est, la culture à grande échelle d'Artemisia annua permettrait d'assurer un approvisionnement fiable et suffisant. Nous recherchons d'autre part des moyens de mettre des moustiquaires durablement imprégnés d'insecticide à la disposition de 80 % des jeunes enfants et des femmes enceintes avant 2010. D'une façon générale, la fabrication locale de ces produits et de médicaments essentiels comme les antirétroviraux et les antipaludiques permettent aux pays de progresser sur la voie de l'autosuffisance et d'une meilleure capacité nationale. La production nationale aide à renforcer les systèmes de réglementation et réduire la dépendance à l'égard des financements extérieurs.

Malgré les progrès réalisés en ce qui concerne l'accès et la couverture, il reste des défis de taille à relever au niveau des systèmes de santé. Derrière chaque domaine de vulnérabilité des systèmes de santé aux niveaux national et mondial se cache une pénurie d'agents de santé. Faute d'effectifs suffisants de personnel qualifié, les systèmes de soins de santé ne peuvent fonctionner convenablement. Des programmes vitaux ne peuvent être mis en œuvre. Le traitement quotidien de la tuberculose sous observation directe ne peut tout simplement pas être appliqué si le seul agent de santé disponible se trouve à 40 kilomètres. Le bilan annuel du programme Halte à la tuberculose a montré que 10 des 22 pays où la maladie fait peser une lourde charge signalaient un grave manque de personnel au niveau central et que sept autres s'efforçaient d'affecter du personnel à la périphérie. Une étude faite par l 'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination en 2003 a révélé que la gestion et les ressources humaines étaient un problème important dans 40 pays habilités à recevoir des fonds pour les vaccins et que, dans 18 pays, c'était le premier obstacle au développement de la vaccination. Des bilans de la mise en œuvre de la stratégie de prise en charge intégrée des maladies de l'enfant ont souligné que les problèmes de ressources humaines étaient particulièrement graves pour les systèmes de santé. Il faut investir massivement pour développer et fidéliser les effectifs de personnels dans l'ensemble de l'Afrique afin d'atteindre la cible préconisée d'un million d'agents supplémentaires d'ici 2010.

L'an prochain va être présenté le rapport sur la santé dans le monde tournant autour de la crise des ressources humaines. Grâce à vos efforts, les problèmes des migrations des personnels ont été portés à l'attention du monde entier. Les deux résolutions récemment adoptées par l'Assemblée mondiale de la Santé sur les migrations internationales des personnels de santé ont été parrainées à l'origine par les pays africains. Il faut maintenant les faire appliquer.

L'adoption du Règlement sanitaire international par l'Assemblée mondiale de la Santé a marqué cette année une étape historique. La grippe pandémique a été une préoccupation dominante tout au long des négociations, et cette menace a continué de croître. La fièvre de Marburg, qui a fait en Angola un nombre élevé de victimes, semble maintenant maîtrisée mais cette épidémie nous a rappelé de façon particulièrement cruelle les dangers qui nous guettent. Elle a également apporté la preuve qu'une action coordonnée, rapide et efficace permet de venir plus rapidement à bout de ce genre de situation.

Á l'heure actuelle, le besoin de mesures de sécurité contre les poussées de grippe pandémique est particulièrement aigu en Asie et dans le Pacifique mais aucun pays ne peut se permettre d'ignorer ce risque. Une telle pandémie pourrait affecter tous les pays de la même manière en l'espace de quelques jours. La grippe aviaire ne fait pas partie des points officiellement inscrits à l'ordre du jour de cette session du Comité régional mais les populations africaines sont tout aussi vulnérables à l'infection que les autres. Tout devrait être mis en œuvre pour que soient mis en place les mécanismes nécessaires aux opérations de dépistage, d'alerte, de riposte et de communication de l'information, tant dans les pays qu'entre eux.

Si la lutte contre les maladies infectieuses représente pour nous de nombreux défis, nous ne pouvons pas non plus ignorer le fardeau de plus en plus lourd des maladies chroniques, en Afrique. D'après les projections, le total des décès imputables à des maladies non transmissibles en Afrique devrait augmenter de 27 % au cours des 10 prochaines années. Surtout, la mortalité liée au diabète sucré devrait croître de 42 % d'ici à 2015. Les maladies cardiovasculaires sont maintenant la première cause de mortalité partout dans le monde et, en 2015, elles seront encore la cause principale de décès par maladies chroniques, représentant 46 % de tous les décès liés à cette cause en Afrique. Je me félicite de l'attention que le Comité régional porte à ce problème important et je vous engage vivement à prendre sans attendre des mesures préventives. Le rapport mondial sur la prévention des maladies chroniques qui sortira en octobre souligne à quel point il est crucial d'agir dès maintenant, dans tous les pays en développement, pour freiner l'augmentation de l'incidence du cancer, des maladies cardiovasculaires, des maladies respiratoires chroniques et du diabète, entre autres. Je remercie ceux d'entre vous dont les pays sont devenus parties à la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac et j'exhorte les autres à leur emboîter le pas. C'est là une excellente illustration de la façon dont la coopération internationale peut venir appuyer les efforts fournis par les pays pour s'attaquer à la racine aux causes du cancer et des maladies du cœur.

Partout, l'on s'accorde à reconnaître que la lenteur des progrès de la lutte contre la pauvreté et la mauvaise santé constitue un grave danger pour la sécurité et le développement. Pourtant, l'absence de réaction de la communauté internationale aux appels répétés des gouvernements et de l'Organisation des Nations Unies pour que soit accordée une aide aux pays du Sahel (Mali, Mauritanie, Niger) est en contraste frappant avec les engagements pris pour le Millénaire. L'OMS est intervenue à temps au Niger : grâce à l'excellente coopération qui s'est instaurée entre le Ministère de la Santé, l'OMS et les autres partenaires de l'aide humanitaire, les opérations de secours ont réellement pu démarrer.

Permettez-moi d'évoquer à nouveau un exemple particulier. Au Niger, Aminatou Iyaye a un champ de pois chiche où rien ne pousse. L'année dernière, les criquets ont tout ravagé. Les gens de son village ne mangent qu'une fois par jour, quand ils ont de la chance. Leur alimentation consiste en farine de maïs mélangée à de l'eau et à un peu de sucre. L'eau, non traitée, provient d'un puits ouvert. Il y a une menace de choléra. Oumana, sa fille, est dans un état critique. Agée de 4 mois, elle souffre de malnutrition sévère et pèse moins de 2 kilos, la moitié de ce que pesait Elizabeth, d'Ethiopie, à une semaine. On estime à environ 32 000 le nombre des enfants qui, comme Oumana, souffrent de malnutrition sévère au Niger. Aved des responsables du Ministère de la Santé, des experts ont travaillé pour protéger la population contre les risques de crise nutritionnelles et de poussées de maladies infectieuses, organisant des programmes de vaccination d'urgence et formant des volontaires pour aider au dépistage et à l'acheminement des enfants vers les services appropriés. Tout cela est très positif. Les habitants du village d'Aminatou ont repris espoir.

Malgré tout, ce qui me préoccupe, c'est que les cris d'alarme lancés par le Gouvernement nigérien et nos bureaux l'année dernière n'ont pas été entendus avant que la situation ne prenne un tour dramatique. Ce n'est pas en gérant des crises mais par un travail régulier en vue du renforcement des systèmes et des ressources de base dans les pays que nous seront en mesure d'atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement et de remplir le programme que nous nous sommes fixés à l'échelon mondial.

Les perspectives de progrès sont bonnes. Les principaux problèmes à surmonter sont répertoriés, reconnus et pris à bras le corps. Les mesures prises en vue d'un allègement de la dette et d'un accroissement de l'aide au développement commencent à offrir de réelles possibilités de redressement et apportent des forces nouvelles en Afrique. Une augmentation des investissements dans l'action de santé, combinée à une saine gestion des affaires publiques et à une exploitation avisée des ressources extérieures et intérieures, pourra nous apporter les bénéfices dont nous avons un besoin urgent. Les décisions que vous prendrez cette semaine pourront accélérer ces tendances positives et permettre à tous ceux qui comptent sur votre aide de bénéficier de secours vitaux.

Ce que vous parviendrez à faire sur ce continent aura un effet sur le reste du monde. Je nous souhaite à tous que les discussions importantes de cette semaine soient couronnées de succès. Sachons en tirer profit pour conjuguer nos forces et saisir les occasions qui s'offrent maintenant à nous d'apporter une force nouvelle et la santé aux peuples de l'Afrique.

Je vous remercie.

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