Directeur général

Allocution au nom du Président du Groupe des Nations Unies pour le Développement

Harmonisation, alignements et résultats

Paris, France
1 mars 2005

Monsieur le Président, Excellences, chers collègues, Mesdames et Messieurs,

C’est un plaisir pour moi de vous dire quelques mots au nom de la présidence du Groupe des Nations Unies pour le développement.

Cette réunion tombe à un très bon moment. En effet, la communauté internationale se prépare à faire le point des progrès accomplis cinq ans après la Déclaration du Millénaire pour le développement. Le Secrétaire général considère ce Forum comme une étape déterminante. Car pour atteindre nos objectifs, une augmentation significative de l’aide s’impose. Elle doit aussi se doubler d’efforts conséquents pour harmoniser et aligner l’aide au développement et atteindre les objectifs du Millénaire.

Pendant la première réunion qui s'est tenue à Rome il y a deux ans, nous avons décidé des actions concrètes nous ajustant aux priorités des pays et à leurs procédures. Des progrès ont été notables depuis cette réunion et nous mettons actuellement en oeuvre des réformes qui touchent à la programmation.

La nouvelle structure de l’aide issue du consensus de Monterrey attribue cinq rôles distincts aux Nations Unies :

  • Premièrement, aider les pays partenaires à gérer un nombre croissant de sources d'aide;
  • Deuxièmement, être un défenseur énergique de la Déclaration du Millénaire, ainsi que de l’intégration de ses objectifs aux politiques et stratégies nationales de développement, par exemple les stratégies de réduction de la pauvreté ;
  • Troisièmement, renforcer les programmes qui visent à atteindre les objectifs du Millénaire, surtout au niveau local, et apporter l’aide et les services essentiels dans les situations de conflits ;
  • Quatrièmement, faire le point de la situation sur la base de données factuelles ;
  • Cinquièmement, être un trait d’union neutre entre tous les partenaires.

Pour assumer ces rôles, nous pourrions adopter les orientations suivantes :

  • Tout d’abord, aligner toutes les activités de développement d’un pays autour d’une stratégie de développement nationale large, accompagnée d'un plan convaincant pour l'atteinte des objectifs du Millénaire ;
  • Simplifier nos procédures et cycles programmatiques ;
  • Recentrer les activités de développement des Nations Unies dans les domaines où nous avons un avantage comparatif ;
  • Rationaliser notre présence dans les pays, à la fois dans le sens d’un allègement et d'une intégration ;
  • Enfin, renforcer les équipes des Nations Unies dans les pays, disposant des moyens adéquats, sous la conduite de coordonnateurs résidents et de membres nationaux hautement qualifiés.

Il est à cet égard intéressant de constater que nous avons récemment convenu de modifier les règlements et procédures, pour permettre des financements budgétaires directs et sectoriels pour accroître les capacités nationales de gestion. Nous nous sommes également engagés à utiliser davantage les bilans annuels, les analyses de situation, les systèmes nationaux de surveillance et d’évaluation sectorielles et les procédures relatives aux achats. Nous examinerons aussi les besoins en personnel face aux compétences disponibles dans les pays.

L’harmonisation et l’alignement de l'aide sont particulièrement nécessaires après les situations de crise. Ces deux dernières années, l’ONU a mobilisé la communauté en utilisant des instruments novateurs comme le Guide de l’évaluation des besoins pour la reconstruction. Celui-ci fut élaboré conjointement par la Banque mondiale et le Gouvernement d'Allemagne. La Matrice des résultats provisoires a aussi été utilisée comme un instrument de planification, de coordination et de gestion pour les partenaires nationaux. Les donateurs l'ont utilisé par exemple pour la planification de l’action après le tsunami.

Monsieur le Président,

Nous sommes sur le point de souscrire à la Déclaration de Paris sur l’harmonisation, l’alignement et les résultats de l'aide. L’ONU est fière de coparrainer cette réunion et nous appuyons de tout coeur les engagements exprimés dans la Déclaration. En effet, nous croyons que ce programme est un élément déterminant pour atteindre les objectifs du Millénaire, lesquels visent en dernier ressort à améliorer la qualité de la vie des populations, en particulier les plus démunis.

Nous nous devons de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour y parvenir.

Je vous remercie.

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