Directeur général

Résumé de l’allocution prononcée par le Directeur général par intérim, Anders Nordström, devant le personnel


8 juin 2006

Introduction

Je souhaite la bienvenue à tous les membres du personnel de l’OMS venus participer à cette séance d’information et à ce débat. Nous sommes également en liaison avec cinq bureaux régionaux et avec quelques bureaux de pays.

L’Organisation est encore en état de choc et notre désarroi est grand. Cette réunion est pour nous l’occasion de consacrer une pensée à LEE Jong-wook, en commençant par une vidéo-souvenir qui a déjà été projetée aux membres du Conseil exécutif la semaine dernière, et par un compte rendu que nous fera Ian Smith des obsèques officielles en Corée. Bill Kean nous décrira les résultats de l’Assemblée mondiale de la Santé et la façon dont se déroulera l’élection du nouveau Directeur général. Je vous ferai ensuite part de certaines de nos priorités pour les mois à venir et vous indiquerai sur quoi à mon avis nous devrons concentrer notre action.

LEE Jong-wook n’avait pas le profil classique d’un dirigeant onusien. C’était un homme modeste qui savait déléguer à son équipe et à son personnel appliquant un style de gestion perfectionné. Nous devions tous rendre des comptes et obtenir des résultats. Je lui suis très reconnaissant de ce qu’il m’a appris.

Le rapport sur l’évaluation de l’exécution du budget pour 2004-2005 montre clairement ce que vous avez tous accompli. Mais des faiblesses subsistent : il y a encore beaucoup de choses à améliorer. Néanmoins, dans l’ensemble, les réalisations des trois dernières années sont assez spectaculaires ; qu’il s’agisse de la négociation de traités, de l’action sur le terrain, de la sensibilisation, ou de la prise de conscience obtenue en ce qui concerne l’accès au traitement. Les contributions volontaires à l’Organisation ont augmenté au cours du dernier exercice de 61 %.

Des milliers de lettres de condoléances et de messages personnels nous sont parvenus de toutes les régions du monde. Tant la famille du Dr LEE que le personnel de l’OMS ont vivement apprécié ces marques de sympathie et remercient tous ceux qui leur ont ainsi manifesté leur soutien.

Face à cette situation exceptionnelle, l’Assemblée mondiale de la Santé et le Conseil exécutif ont tout de même pu poursuivre leurs travaux grâce à un solide appui des Etats Membres et de tous les échelons de l’Organisation.

Je vais occuper les fonctions de Directeur général par intérim pendant les six à sept prochains mois. Il y a beaucoup à faire pendant cette période. Je tiens tout d’abord à vous remercier personnellement de votre appui en ces temps difficiles et dans cette situation très particulière.

Au cours des six prochains mois, notre devise sera « continuité et progrès ».

Les trois priorités pour les prochains mois :

  • maintenir la dynamique et l’orientation de nos activités techniques ;
  • gérer le déroulement de l’élection de façon aussi efficace et transparente que possible ;
  • poursuivre les réformes gestionnaires.
1. Maintenir la dynamique et l’orientation des activités techniques

S’il y a quelque chose à retenir des travaux de l’Assemblée de la Santé et du Conseil exécutif, c’est que nous avons le feu vert pour l’exécution d’activités dans de nombreux domaines. A nous d’agir maintenant.

  • L’une des premières mesures consiste à aller de l’avant en ce qui concerne le onzième programme général de travail. Le programme d’action mondial est arrêté et les fonctions essentielles de l’OMS ont été décrites, ce qui sera extrêmement important pour mieux définir le rôle de l’Organisation dans le contexte plus large des Nations Unies et pour préparer le budget programme pour 2008-2009 et le plan stratégique à moyen terme.
  • Règlement sanitaire international (2005). L’Assemblée de la Santé a approuvé l’application anticipée du Règlement sur une base volontaire. L’une des priorités à cet égard consiste à travailler avec les pays, à développer les capacités et à mobiliser les ressources nécessaires.
  • La poliomyélite doit être éradiquée et nous n’allons pas relâcher nos efforts.
  • La stratégie de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles a été approuvée par l’Assemblée de la Santé et doit être mise en oeuvre. Pour cela, il est essentiel d’agir avec nos partenaires. La semaine prochaine, nous examinerons avec Thoraya Obaid, Directeur exécutif du FNUAP, comment coordonner encore plus étroitement nos activités dans ce domaine afin de mettre en pratique la stratégie.
  • L’Assemblée de la Santé a approuvé la résolution et le rapport de la Commission sur les Droits de Propriété intellectuelle, l’Innovation et la Santé publique. Nous devons commencer à réfléchir à la façon d’exécuter le plan d’action et déterminer quels sont les moyens nécessaires au sein de l’Organisation.
  • J’étais hier à Paris où j’ai rencontré des représentants des Gouvernements français, norvégien, brésilien et chilien pour examiner comment la nouvelle initiative destinée à recueillir des fonds moyennant une taxe sur les voyages aériens pourra permettre d’augmenter l’aide à la lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme. L’application du plan stratégique quinquennal pour l’accès universel aux médicaments contre le VIH est maintenant une priorité absolue. Là encore, les aspects pratiques sont importants. Nous disposons dans nos bureaux de pays de ressources qui seront déterminantes pour mettre en oeuvre la stratégie. Nous devons poursuivre l’action de sensibilisation entamée par LEE Jong wook en ce qui concerne la prévention, le traitement et les soins. Par exemple, la semaine dernière, l’OMS était représentée, à New York, à la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies consacrée au SIDA.
  • Il y a beaucoup à faire pour renforcer les systèmes de santé. Nous devons commencer à mettre en oeuvre certains des éléments contenus dans le Rapport sur la santé dans le monde, 2006 et tirer parti de la dynamique du lancement de l’Alliance mondiale pour les personnels de santé. Des discussions importantes ont eu lieu au Conseil exécutif au sujet des systèmes d’information sanitaire en rapport avec les objectifs du Millénaire pour le développement et le Réseau de métrologie sanitaire. Nous devons clarifier et démystifier les liens entre les systèmes de santé et les programmes d’interventions sanitaires.
  • L’approbation par le Conseil exécutif de l’allocation stratégique des ressources et du mécanisme de validation fait que nous disposons désormais d’un système véritablement fondé sur les résultats, assorti d’un système de validation très solide, et que nous pouvons maintenant concentrer notre action sur les pays qui en ont le plus besoin.

Quelques activités essentielles qui nous attendent

  • Après le lancement du partenariat sur la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, la mise en oeuvre jouera un rôle crucial. Davantage de progrès s’imposent en matière de réduction de la mortalité maternelle. Des nominations clés ont été annoncées à ce propos : le partenariat est placé sous la direction de Francis Songane, ancien Ministre de la Santé du Mozambique. Joy Phumaphi vient d’être nommée représentant du Directeur général pour l’égalité des sexes et elle s’occupe de la mise au point de la stratégie de l’Organisation dans ce domaine.
  • Paludisme. Cette question retient particulièrement l’attention des gouvernements, de la Banque mondiale et du reste du système des Nations Unies. Nous devons faire encore mieux sur le terrain et nous engager avec le partenariat plus large Pour faire reculer le paludisme.
  • Le Programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales (TDR) est également à l’examen. Un rapport sera soumis au Comité permanent du TDR. Il sera très important pour nous de nous impliquer dans l’avenir du TDR.
  • L’entrée en vigueur, l’an dernier, de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac a constitué un véritable tournant et le Secrétariat de la Conférence des Parties sera bientôt opérationnel.
  • Le lancement du rapport Prévention des maladies chroniques : un investissement vital a été un événement marquant. Nous devons veiller à dépasser le simple cadre du rapport pour que cette prévention devienne une réalité dans les Etats Membres, l’orientation globale devant faire partie des stratégies des pays.
  • Les travaux se sont poursuivis dans le domaine de la santé et de la sécurité qui feront l’objet du Rapport sur la santé dans le monde, 2007. Une équipe s’occupe déjà de la question et un avant-projet sera prêt à la fin de l’année.

Mettre en place une équipe fonctionnelle

De nombreuses activités doivent être poursuivies et il faut aller de l’avant. Une priorité absolue consiste à rendre l’ensemble de l’Organisation plus fonctionnelle. Il y a beaucoup à faire dans nos bureaux, notamment dans les domaines du réseau de points focaux professionnels et pour veiller à ce que la planification et la mise en oeuvre communes soient effectives.

2. Gérer le déroulement de l’élection

Bill Kean a décrit le processus qui se déroulera au cours des six prochains mois. Il s’agit avant tout de veiller à ce qu’il soit cohérent, transparent, clair et efficace. Le conseil que j’adresserai au personnel est de rester en marge ; ne vous laissez pas détourner de l’important travail que vous avez à effectuer et maintenez l’intégrité de l’Organisation.

Je ne suis pas candidat au poste de Directeur général de l’OMS, ni au Fonds mondial. J’ai l’intention de revenir à l’équipe GMG et de poursuivre mon travail de réforme gestionnaire.

3. Poursuivre les réformes gestionnaires
  • Nos priorités dans ce domaine consistent à affirmer le rôle et la position de l’OMS dans le cadre plus large de la réforme des Nations Unies. Le week-end dernier, le groupe de haut niveau sur la cohérence de l’action du système s’est réuni avec les organisations basées à Genève. Nous avons insisté sur la nature des institutions spécialisées qui exercent des fonctions indépendantes, mais restent en mesure de mettre en oeuvre des activités au niveau des pays de façon plus intégrée et coordonnée. Nous aurons maintenant des consultations plus larges dans l’ensemble de l’Organisation, surtout avec les représentants de l’OMS et les bureaux de pays pour voir comment l’OMS peut accroître son efficacité dans le système. Un rapport sera établi et soumis à l’examen du Conseil exécutif à sa session de janvier 2007.
  • L’élaboration du plan stratégique à moyen terme 2006-2013 et du budget programme 2007-2008 se poursuivra. Le projet sera soumis à l’examen des comités régionaux. Le texte finalisé du projet sera présenté au Conseil exécutif en janvier, puis à l’Assemblée de la Santé.
  • Il nous faut non seulement suivre la situation financière, mais envisager la mobilisation des ressources de manière plus stratégique et coordonnée. Il faudra pour cela un groupe de personnes intervenant dans l’ensemble de l’Organisation, dans les bureaux régionaux et au Siège. A cet égard, un lien pourra être établi avec les activités concernant la communication.
  • Le Conseil exécutif a approuvé la réforme des contrats et les modifications apportées au Règlement du Personnel. Nous devons maintenant examiner les implications pratiques de ces changements du point de vue budgétaire. L’OMS a pu le faire avant le reste du système des Nations Unies et nous devons être fiers de faire oeuvre de pionnier dans ce domaine important, aussi bien pour le personnel que pour la direction, ce qui nous permettra de disposer d’un système d’emploi plus rationnel.
  • Les améliorations apportées au système de justice interne constituent une autre priorité pour les six prochains mois. Nous avons fait un effort pour disposer d’un système meilleur et plus efficace. Des progrès ont été accomplis : la commission d’enquête est opérationnelle, mais pas encore assez efficace. Je m’engage à examiner le dossier pour donner suite aux accusations de fautes et de harcèlement. Je verrai si nous pouvons rapidement mettre en place un système plus efficace en nous inspirant de certaines bonnes propositions qui existent. Le Directeur des Ressources humaines s’en occupera avec le Conseil mondial personnel/administration.
  • Le système mondial de gestion constitue une chance pour modifier notre façon de travailler, pour instaurer un système moderne de technologie de l’information et pour mieux appuyer la gestion de l’Organisation.

En conclusion

Je tiens à vous remercier tous une fois de plus de votre appui. Nous avons de nombreux motifs de fierté. L’OMS est une organisation très forte et nous apportons ce qu’on attend de nous. Nous ne sommes pas parfaits et nous devons continuer à améliorer nos méthodes de fonctionnement, nos réalisations, et ne pas nous tromper dans nos priorités.

Au cours des prochains mois, les comités régionaux vont se réunir et j’assisterai aux travaux de chacun d’eux. Il est essentiel maintenant que nous écoutions attentivement dans toute l’Organisation ce que les Etats Membres ont à dire et que nous nous engagions à leurs côtés.

Enfin, pour rendre un hommage particulier au Dr LEE Jong-wook, nous avons décidé de nommer le Centre stratégique d’opérations sanitaires « Centre stratégique LEE Jong-wook d’opérations sanitaires » et de placer son portrait dans la salle. Ce Centre constituait l’une de ses principales priorités et jouait un rôle essentiel dans sa conception de l’Organisation. Il fait partie de la philosophie de l’Organisation. L’OMS doit être en mesure de fournir des informations avec intégrité et impartialité. Une organisation ayant des activités normatives doit avant tout pouvoir fournir des informations fiables à toutes les parties de la planète en temps voulu, être en liaison avec chacune et répondre aux attentes de manière efficace. Plus qu’un symbole, cette salle ajoute à la fonctionnalité et à la crédibilité de l’Organisation.

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