Directeur général

Allocution du Dr Anders Nordström, Directeur général par intérim

Dispositif international pour l’achat des médicaments
7 juin 2006

Le Directeur général commence son allocution en français.

Monsieur le Ministre, je tiens tout d’abord à vous remercier pour cette initiative. C’est une initiative très importante, importante pour l’OMS et pour le monde, et pour toutes les personnes atteintes de maladies transmissibles.

C’était une initiative très importante pour le Dr Lee, le Directeur général de l’OMS. La mort du Dr Lee a été un choc pour les personnes qui travaillaient avec lui, de même que pour l’ensemble de l’Organisation.

Le Directeur général poursuit en anglais.

L’annonce faite aujourd’hui de la création de cette initiative rend hommage à l’investissement personnel et au travail du Dr Lee, qui a assumé pendant trois ans les fonctions de Directeur général de l’OMS. Il a consacré 23 années de sa vie au service de l’Organisation, pour l’essentiel dans le domaine des maladies transmissibles – vaccination et lutte antituberculeuse – problème de santé majeur partout dans le monde.

L’occasion est donnée aujourd’hui à l’OMS de montrer qu’elle poursuivra le travail du Dr Lee en liaison avec cette initiative. Nous continuerons de nous employer à améliorer la santé des populations.

Je tiens à remercier le Gouvernement français, ainsi que les autres gouvernements et les autres partenaires principaux qui ont rallié cette initiative financière très créative.

Il est important de recueillir davantage d’argent, mais par d’autres moyens. Des modes de collecte novateurs doivent être trouvés. Et cette initiative va précisément dans ce sens, elle va nous permettre de réaliser cet objectif. Nous nous en félicitons.

Quels sont les problèmes ?
Des gens meurent. Des gens qui n’ont pas accès aux médicaments de base ni aux services de santé essentiels. La gestion des infrastructures laisse à désirer. Il n’y a pas suffisamment de médicaments pour les personnes qui en ont besoin et le personnel manque dans les centres de santé.

Quelle est la solution ?
Cette initiative apporte un élément de solution. Nous devons investir davantage pour réduire les coûts en élargissant le marché. Nous devons accélérer la production et veiller à ce que les médicaments parviennent plus rapidement aux personnes qui en ont besoin.

L’OMS en a fait l’expérience avec le Dispositif mondial pour l’approvisionnement en médicaments antituberculeux : cela est possible. En cinq ans, ce dispositif a permis de fournir des médicaments à 7,3 millions de personnes, et de réduire de 30% le prix des médicaments antituberculeux. Nous espérons pouvoir mettre cette expérience à profit.

Le Dr Lee a soutenu sans réserve les premiers travaux préparatoires et l’OMS est bien décidée à poursuivre sur cette voie. Nous voulons que les pays qui en ont le plus besoin aient accès aux médicaments.

Nous continuerons, avec vous et avec les autres partenaires principaux, à étudier les aspects pratiques de ce dispositif. L’OMS dispose de compétences techniques, notamment pour ce qui est de la présélection des médicaments. Ce service a été très précieux pendant l’année écoulée. Nous nous efforcerons d’aider à conserver le soutien politique indispensable.

A quoi serviront vos euros et vos couronnes recueillis au titre de la taxe ?

Un million et demi de personnes sont actuellement sous traitement anti-VIH/SIDA. L’initiative « 3 millions d’ici 2005 », mise en place par le Dr Lee il y a trois ans lorsqu’il a pris ses fonctions, n’a pas atteint sa cible. Nous avons néanmoins atteint 1 million et demi de personnes, et nous avons sensibilisé l’opinion mondiale à l’importance de l’accès aux traitements. Six millions de personnes restent toutefois privées de traitement antirétroviral. Nous espérons que cette initiative contribuera à répondre à leurs besoins.

La situation est pire encore pour les enfants. Sur les 660 000 enfants de moins de 15 ans qui en ont besoin dans les pays pauvres ou à revenu intermédiaire, 20 000 seulement bénéficient d’une trithérapie anti-VIH/SIDA.

Le paludisme touche plus de 2 milliards de personnes par an, pour l’immense majorité des enfants. Les associations thérapeutiques, disponibles aujourd’hui, coûtent cher – plus cher que le traitement classique. Il faut davantage d’argent pour que les gens puissent être soignés et ne meurent pas.

Le Partenariat Halte à la tuberculose prévoit que 50 millions de personnes auront besoin d’un traitement de première intention au cours de ces 10 prochaines années. Nous avons entendu aujourd’hui le Président Clinton nous dire que des médicaments de deuxième intention sont également nécessaires, et qu’on estime leur coût à US$ 320 millions. Encore une fois, il faut davantage d’argent et des mécanismes novateurs pour réunir les sommes nécessaires.

Je dirai pour conclure que l’OMS est très favorable à cette initiative et que nous la soutiendrons de notre mieux.

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