Directeur général

Nous devons avancer à grands pas pour réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement

Dr Margaret Chan
Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé

Allocution à la 63ème Assemblée mondiale de la Santé
Genève, Suisse

17 mai 2010

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Ministres, Excellences, Mesdames et Messieurs les délégués, Dr Mahler, Mesdames et Messieurs,

Dans l’intérêt de la santé publique, il ne faut jamais cesser de tirer des enseignements des combats gagnés ou perdus.

Il y a trente ans, l’Assemblée mondiale de la Santé déclarait que «tous les peuples du monde sont désormais libérés de la variole». Ce certificat de décès officiel attestant de la disparition d’un fléau immémorial marquait une étape exceptionnelle dans l’histoire de la santé publique. C’était la preuve spectaculaire qu’une action collective avait le pouvoir d’améliorer pour toujours la condition humaine.

Il convient de s’en souvenir au moment même où la communauté internationale s’est engagée dans le combat contre la pauvreté le plus ambitieux de l’histoire et qu’il ne reste plus que cinq ans avant la date butoir de 2015.

L’éradication de la variole était une initiative axée sur une seule maladie. Il n’y eut jamais de traitement contre cette maladie qui tuait, rendait les gens aveugles ou les défigurait. La base de la campagne fut la prévention à une époque où la plupart des systèmes de santé du monde étaient conçus pour dispenser des soins curatifs.

Une initiative destinée à briser toutes les chaînes de transmission du virus dans le monde entier était un parfait exemple de couverture universelle. Voilà ce que peut faire une action collective pour le bien commun.

La campagne d’éradication a eu de nombreuses retombées et a notamment permis de mettre sur pied le Programme élargi de vaccination à une époque où moins de 20% des enfants du monde en développement étaient visés par des programmes de vaccination.

Tout au long des années 1980, c'est-à-dire pendant que l’on a appelé la «décennie perdue pour le développement», l’intensification de la vaccination des enfants a constitué une victoire certaine et une source d’inspiration alors même que le monde affrontait une crise pétrolière, une récession, une très lourde crise de la dette et des programmes d’ajustements structurels qui ont taillé net dans les dépenses sociales, notamment pour les services de santé. Cela vient nous rappeler que la santé peut pâtir considérablement de politiques adoptées dans d’autres secteurs.

Je voudrais souligner une chose: au moment même où nous entrons dans la deuxième décennie du XXIe siècle et où nous nous rapprochons de la date butoir fixée pour les objectifs du Millénaire pour le développement, nous devons utiliser tous les enseignements, toutes les voies d’approche, tous les instruments et tous les moyens novateurs disponibles pour mobiliser des fonds ou collaborer ensemble, depuis les chefs d’État jusqu’à la société civile. Il nous reste très peu de temps et il n’y a pas de place pour des débats stériles. Nous devons avancer à grands pas.

Il nous faut adopter des approches à la fois horizontales et verticales. Il nous faut accélérer la livraison des produits et renforcer les capacités fondamentales à le faire. Il nous faut des politiques cohérentes, dans le secteur de la santé et au-delà, et une complémentarité des efforts. La réalisation des objectifs liés à la santé ne concerne pas des moyennes nationales. Il s’agit d’atteindre les pauvres, presque toujours les plus difficiles à atteindre. C’est là l’enjeu et ce sera l’aune du succès.

Les objectifs du Millénaire pour le développement situent la santé dans une stratégie globale de réduction de la pauvreté. Pour dire les choses sans ménagement, si nous passons à côté des pauvres, nous passons à côté de l’entreprise tout entière.

La route est encore longue, notamment pour ce qui est de la mortalité maternelle et néonatale, et il faut se féliciter des efforts déployés sur de multiples fronts pour accélérer les progrès dans ce domaine. Mais on peut assurément se réjouir de ce qui a déjà été fait.

Presque toujours, les victoires remportées en santé publique contribuent à sauver des vies mais elles ont aussi une valeur symbolique. Les progrès récents montrent que, lorsque la communauté internationale s’est pleinement engagée à atteindre un but, des solutions créatrices peuvent être trouvées et les obstacles, financiers notamment, peuvent être surmontés.

Depuis le début du siècle, le nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans est tombé en dessous de la barre des 10 millions pour la première fois depuis près de 60 ans, pour passer ensuite en dessous de 9 millions.

Le nombre de personnes vivant dans des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire qui bénéficient d’un traitement antirétroviral contre le sida est passé de moins de 200 000 fin 2002 à 3 millions, puis à plus de 4 millions, ce qui était impensable il y a 10 ans.

Le nombre de cas nouveaux de tuberculose a atteint un pic puis a commencé à baisser lentement mais régulièrement. Pour la première fois depuis des décennies, il y a des signes selon lesquels les tendances concernant le paludisme, qui n’ont cessé de se dégrader, pourraient s’inverser.

La lutte contre les maladies tropicales négligées a continué à progresser de façon spectaculaire. À la fin de 2008, quelque 670 millions de personnes avaient bénéficié d’une chimiothérapie préventive dirigée contre l’une au moins de ces maladies. Le nombre de cas de dracunculose est tombé à un minimum jamais atteint et la maladie ne touche plus que quatre pays.

Nous pouvons en conclure, me semble-t-il, que l’accroissement des investissements en faveur du développement sanitaire porte ses fruits.

Tout comme la campagne d’éradication de la variole, l’action entreprise pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement a déjà eu des retombées bénéfiques pour la santé publique d’une façon générale. Je n’en mentionnerai que quelques-unes.

Tout d’abord, la Déclaration du Millénaire et ses objectifs ont pris à contre-pied le débat sur le développement. Pendant longtemps, des facteurs tels que l’accès à de l’eau sûre et l’assainissement, les taux d’alphabétisation, la mortalité des nourrissons et des jeunes enfants, ainsi que la mortalité maternelle étaient considérés comme des indicateurs du niveau de développement socio-économique d’un pays.

Selon la logique de l’époque, les conditions de vie et la situation sanitaire s’amélioreraient progressivement à mesure que l’économie se développerait et que la prospérité gagnerait du terrain. C’est ce qui est arrivé bien sûr, mais rarement au bénéfice des groupes les plus pauvres et les plus marginalisés de la société. Bien souvent, croissance économique a été synonyme de création de richesse pour certains et de plus grande pauvreté pour d’autres.

Les OMD ont inversé la réflexion. Au lieu d’attendre une amélioration progressive des conditions de vie et de l’état de santé, on a réclamé une lutte directe contre les infections et les maladies qui confinent les gens dans la pauvreté. Cette approche était considérée comme le meilleur moyen et aussi probablement comme le moyen le plus rapide de parvenir à un progrès équitable et plus équilibré.

Les indicateurs du développement sont devenus les moteurs du développement. La quête du développement économique s’est transformée en une quête du développement sociale. Le rapport de la Commission sur les Déterminants sociaux de la Santé a fait avancer cette réflexion.

Deuxièmement, les OMD ont modifié la réflexion concernant l’efficacité de l’aide telle que la reflétaient la Déclaration de Paris et le Plan d’action d’Accra. Alors que la mode était presque au scepticisme quant à l’utilité de l’aide du fait des carences des pays bénéficiaires en matière de capacité et de gouvernance, on a reconnu que les politiques et les comportements des donateurs pouvaient aussi être en cause. En matière de résultats, la responsabilité doit être mutuelle.

Une aide satisfaisante doit honorer les priorités, les capacités et les responsabilités qu’ont les pays bénéficiaires vis-à-vis de leurs ressortissants. Une aide satisfaisante cherche à éliminer les motifs mêmes de son existence. Elle le fait par des investissements en faveur des capacités et des infrastructures nécessaires pour instaurer l’autonomie.

Si l’aide n’a pas pour but explicite de parvenir à l’autonomie, on ne pourra jamais s’en passer. Or, pour des raisons évidentes, sortir de la dépendance à l’égard de l’aide contribue à l’équité entre les nations de façon fondamentale.

Troisièmement, les efforts en vue d’atteindre les OMD liés à la santé ont fait appel aux meilleurs aspects de la créativité humaine, qui ont débouché sur tout un ensemble d’innovations pour améliorer la santé, notamment celle des plus pauvres.

La liste est longue: l’Alliance GAVI, le Fonds mondial, l’UNITAID, les nouveaux partenariats visant à mettre au point des médicaments et des vaccins contre les maladies des pauvres, les engagements d’achat à terme comme stimulant pour les entreprises, une facilité de financement pour la vaccination, un dispositif visant à réduire les coûts des antipaludéens et le Partenariat international pour la santé comme moyen novateur d’intervenir dans les pays. Nous avons tous contribué d’une manière ou d’une autre à ces innovations en faveur de la coopération sanitaire internationale.

La tendance ne fléchit pas. Cette année, la Fondation Bill & Melinda Gates a lancé la Décennie des vaccins en annonçant une contribution de 10 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années pour aider à fournir des vaccins qui existent déjà et à en mettre au point de nouveaux.

Cet engagement est à saluer. Les vaccins constituent l’un des meilleurs outils dont on dispose pour sauver des vies, évitant 2 à 3 millions de décès annuels. L’OMS et l’UNICEF, en collaboration étroite avec la Fondation Bill et Melinda Gates, les pays et les partenaires, ont mis en marche un processus visant à définir les ambitions et la portée de cette Décennie des vaccins.

L’élan croissant depuis le début du siècle doit être maintenu. Le mois dernier, l’OMS a lancé des semaines de vaccination simultanées dans plus de 100 pays. Ces événements renforcent la prise de conscience publique et professionnelle de l’utilité de la vaccination et permettent de sauver des vies.

Vous connaissez bien les coups d’arrêt auxquels on assiste lorsque les gens décident que les vaccins sont risqués, inutiles ou qu’ils font même partie d’une conspiration. C’est un problème que l’on a eu à affronter dans le cas de la rougeole, avec l’acceptation des vaccins contre la pandémie et tout particulièrement dans le cas de la poliomyélite.

Il sera question de vaccins lors de l’examen de plusieurs des points inscrits à votre ordre du jour. Vous examinerez les mesures accélérées visant à réduire les décès par pneumonie, la faisabilité de l’éradication de la rougeole et la prévention de l’infection par le virus de l’hépatite B par la vaccination du nourrisson.

Comme l’a demandé la Soixante et Unième Assemblée mondiale de la Santé, vous examinerez aussi un nouveau plan stratégique énergique pour mener à bien l’éradication de la poliomyélite. Le plan associe plusieurs nouvelles stratégies qui répondent à différents types de dynamique de la transmission dans différents endroits, font appel à un nouveau vaccin bivalent et affrontent directement le problème de la propagation internationale qui a tant fragilisé les progrès.

Ce qui est important, c’est que le plan définit un engagement plus systématique de l’Initiative dans le cadre de l’effort plus large visant à renforcer les systèmes de vaccination, ce qui est particulièrement judicieux et vient à point nommé.

L’Initiative pour l’éradication de la poliomyélite sait comment mener des interventions touchant des populations peu accessibles. Ce savoir-faire devient très utile dans la dernière ligne droite vers 2015 où se situe le plus grand défi de l’aide à apporter aux populations sous-desservies.

La flambée de poliomyélite qui a touché le Tadjikistan le mois dernier, dans une Région certifiée exempte de poliomyélite depuis 2002, vient nous rappeler brutalement que la seule option viable dont nous disposons face à cette maladie consiste à mener l’éradication à son terme. Une résurgence de la poliomyélite, avec son cortège de décès et d’enfants paralysés est la conséquence prévisible qui nous attend si nous n’arrivons pas au but que nous nous sommes fixé. Collectivement, les pays et les partenaires ont une obligation morale d’aller au bout de ce qu’ils ont commencé.

Mesdames et Messieurs,

Les bonnes nouvelles pour la santé publique proviennent généralement de facteurs comme l’engagement politique, des ressources suffisantes, des interventions et une capacité de mise en oeuvre énergiques, une fourniture équitable des soins et un alignement sur les priorités et les capacités nationales. Mais parfois, il se trouve que nous avons tout simplement eu de la chance.

Cela a été le cas de la pandémie de grippe A (H1N1). Le virus n’a pas muté pour devenir plus mortel. Les cas de résistance à l’oseltamivir sont restés rares et isolés. Le vaccin correspondait étroitement aux virus circulants et son innocuité s’est révélée très bonne.

Les services d’urgence et les unités de soins intensifs ont parfois été très sollicités. Mais rares sont les systèmes de santé qui ont été débordés et les effets constatés ont généralement été brefs. Des écoles ont fermé, mais les frontières sont restées ouvertes et les perturbations des voyages et des échanges commerciaux ont été bien moins prononcées que prévu.

Si dans un de ces domaines les choses avaient pris une autre tournure, notre ordre du jour serait aujourd’hui bien différent.

Cette pandémie a été la plus étroitement surveillée et la plus minutieusement étudiée de l’histoire. Il est normal que chaque décision et chaque mesure, surtout de la part de l’OMS, soit à son tour étroitement examinée et évaluée de façon critique. Nous nous en félicitons.

La pandémie a également été la première véritable épreuve du feu pour le Règlement sanitaire international révisé qui est entré en vigueur en 2007. Au cours de la session de janvier du Conseil exécutif, j’ai proposé qu’un examen précédemment prévu du fonctionnement du Règlement s’étende aussi à une évaluation de la riposte internationale à la pandémie de grippe. Le Conseil a accepté cette proposition. Vous êtes saisis d’un rapport de la première réunion du Comité d’examen.

En ouvrant la réunion de ce Comité, j’ai souligné qu’il fallait une évaluation franche et critique des résultats et notamment des résultats de l’OMS dans le cadre d’un processus indépendant, crédible et transparent. Nous voulons savoir ce qui a donné satisfaction, mais nous voulons aussi savoir ce qui n’a pas donné satisfaction et si possible pourquoi. Nous voulons savoir ce que nous pouvons faire mieux et si possible comment.

Nous cherchons à tirer des enseignements – comment a fonctionné le Règlement sanitaire international, comment l’OMS et la communauté internationale ont riposté à la pandémie – qui puissent nous aider à gérer de nouvelles situations d’urgence sanitaire d’importance internationale, car je peux vous assurer qu’il y en aura d’autres.

Le rapport de la première réunion du Comité d’examen offre une récapitulation des questions qui ont été posées à plusieurs reprises et qui orienteront sans doute la conduite de l’examen. Le Comité est également convenu d’examiner les critiques qui ont été adressées à l’OMS pour sa gestion de la pandémie. Une fois encore, nous nous félicitons de cet examen.

Mesdames et Messieurs,

Nous avons des preuves tangibles que l’aide en faveur du développement sanitaire donne des résultats mais elle doit être beaucoup plus efficace. Les efforts qui ont été tentés pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement liés à la santé nous ont donné une leçon d’importance, une leçon sur ce qu’est l’échec.

Pendant des décennies, nous avons collectivement échoué à investir comme il l’aurait fallu dans les systèmes de santé de base, les infrastructures, la formation, l’information, la réglementation et la protection sociale. C’est là un obstacle incontournable et tenter de l’éviter en mettant en place des systèmes distincts à fonction unique n’est pas la solution.

Les donateurs et les partenaires internationaux et les gouvernements eux-mêmes ont échoué à se mobiliser en faveur de politiques, de stratégies et de priorités sanitaires nationales, ce qui contribue à la fragmentation et à la duplication des activités, crée des demandes et des coûts supplémentaires et fait échec à tout sentiment d’adhésion au niveau national. Cela nous l’avons appris.

Comment pouvons-nous intensifier nos efforts, ou chercher à atteindre une couverture universelle alors que les systèmes de santé sont au bord de l’effondrement dans tant de pays? Ou alors que la pénurie mondiale de médecins, de personnels infirmiers et d’agents de santé représente quatre millions d’individus?

Des systèmes de santé faibles privent les initiatives mondiales d’une partie de leurs capacités d’atteindre leurs objectifs. Des systèmes de santé faibles sont générateurs de gaspillages. Ils gaspillent l’argent qui leur est alloué et diluent les bénéfices de leurs actions. Ils sont générateurs de gaspillages d’argent quand les systèmes réglementaires échouent à contrôler le prix et la qualité des médicaments ou le coût des soins dans le secteur privé.

Ils sont générateurs de gaspillage de formations quand ils perdent des personnels, attirés par de meilleures conditions de travail ou des rémunérations plus élevées. Ils conduisent à des gaspillages d’efficacité lorsque sont appliquées des procédures inutiles ou lorsque des procédures essentielles ne peuvent être mises en oeuvre en raison d’interruptions dans la chaîne d’approvisionnement.

Ils gaspillent les occasions qui s’offrent de réduire la pauvreté lorsque les plus défavorisés s’enfoncent encore plus profondément dans la misère à cause du coût des soins ou de l’échec des services préventifs. Surtout, des systèmes de santé faibles gaspillent des vies.

Ce problème est maintenant admis par les pays comme par les donateurs et l’on tente de s’y attaquer par tout un éventail d’initiatives nouvelles ou existantes dont plusieurs initiatives mondiales dans le domaine de la santé. Bien que ces initiatives visent à atteindre des objectifs bien précis, leurs auteurs ne contestent plus que des systèmes de santé performants sont nécessaires à leur succès. À mon sens, cette prise de conscience est véritablement révolutionnaire.

L’équité et la justice sociale sont au coeur de la Déclaration et des objectifs du Millénaire. Ils ont toujours été l’objectif fondamental de l’approche des soins de santé primaires. Ainsi qu’il est précisé dans la résolution adoptée l’année dernière sur les soins de santé primaires, des principes tels que l’accès universel aux services, l’action multisectorielle et la participation communautaire constituent une base solide pour le renforcement des systèmes de santé.

Dans toutes les Régions, de tous les objectifs du Millénaire pour le développement, ce sont les efforts faits pour réduire la mortalité maternelle et néonatale qui ont le moins progressé. Cela n’a rien de surprenant si l’on considère que ce type d’objectif ne peut être atteint quand les systèmes de santé ne fonctionnent pas correctement.

Dans le cadre des préparatifs du sommet des Nations Unies qui doit se tenir en septembre sur les objectifs du Millénaire pour le développement, le Bureau du Secrétaire général met au point un plan d’action commun dont le but est d’accélérer les progrès des efforts faits pour atteindre les OMD liés à la santé et en particulier réduire la mortalité maternelle et infantile. Je vous encourage à prendre part aux séances d’information techniques sur les OMD, car vos contributions seront décisives pour l’élaboration de ce plan.

Les systèmes de santé représentent un enjeu important pour d’autres points de votre ordre du jour. Des formes pharmacorésistantes de tuberculose apparaissent à cause de défaillances des services généraux de santé, dont des années de négligences dans le domaine des services de laboratoire, l’incapacité des systèmes réglementaires de garantir la disponibilité et la qualité des médicaments, et une terrible pénurie de personnels de santé.

Dans ce que l’on appelle la ceinture d’importation des virus en Afrique subsaharienne, la propagation de la poliomyélite est devenue prévisible parce que le virus voyage en exploitant les faiblesses des systèmes de santé.

Des systèmes réglementaires forts sont nécessaires pour combattre l’usage nocif de l’alcool, réduire le tabagisme, mettre les enfants à l’abri des pratiques commerciales nuisibles et garantir la sécurité et la qualité des produits médicaux et sanguins.

Quelque 85 pays, qui représentent 65% de la population mondiale, ne disposent pas de statistiques fiables des causes de mortalité. En d’autres termes, les causes des décès ne sont ni connues ni enregistrées et ceux qui conçoivent les programmes de santé sont obligés de fonder leurs stratégies sur des estimations brutes et imprécises.

En revanche, les mesures prises pour améliorer les prestations dans les services de santé, essentielles pour réduire la mortalité maternelle et néonatale, nous donneront des capacités accrues de relever les formidables défis liés à l’augmentation des maladies non transmissibles chroniques.

Telles sont certaines des questions que vous serez appelés à examiner cette semaine. Renforcer les capacités fondamentales nous aidera à remplir les engagements pris au niveau international, à accroître l’efficacité et l’équité, à améliorer durablement les conditions sanitaires et à engager plus profondément les pays sur la voie de l’autosuffisance.

Nous avons échoué par le passé à nous acquitter correctement de cette tâche. Alors que nous abordons la dernière ligne droite, nous nous devons de revenir dans ce droit chemin.

Je vous remercie.

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