Directeur général

Ouverture de la première réunion du Comité d’examen du Règlement sanitaire international

Dr Margaret Chan
Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé

Observations liminaires à la première réunion du Comité d’examen du Règlement sanitaire international
Genève, Suisse

12 avril 2010

Excellences, distingués membres du Comité d’examen, Mesdames et Messieurs les représentants des États Membres, chers collègues du système des Nations Unies, Mesdames et Messieurs les représentants des organisations non gouvernementales, Mesdames et Messieurs,

Je vous souhaite la bienvenue au début de ce processus d’examen. C’est également un plaisir pour moi de voir représenté dans cette salle un éventail aussi large de compétences et d’intérêts.

Nous avons été confrontés à la première pandémie de grippe en quatre décennies et c’est la première fois que le fonctionnement du Règlement sanitaire international révisé, entré en vigueur en 2007, a été mis à l’épreuve.

Le Règlement sanitaire international contient une disposition qui prévoit de soumettre son fonctionnement à un examen dans les cinq ans suivant son entrée en vigueur.

En 2008, l’Assemblée mondiale de la Santé a décidé que ce premier examen serait effectué par la Soixante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, en mai 2010.

Comme vous le savez, cette disposition et cette décision avaient déjà été prises avant le déclenchement de la pandémie de grippe A (H1N1) 2009.

À la session de janvier 2010 du Conseil exécutif, j’ai proposé que l’examen prévu du RSI serve aussi à évaluer la riposte internationale à la pandémie de grippe et le Conseil exécutif a souscrit à cette proposition.

J’estime qu’il est utile d’évaluer dans quelle mesure un instrument international comme le RSI se révèle performant lorsqu’il doit subir l’épreuve extrême d’une pathologie infectieuse généralisée et étroitement suivie.

Comme je l’ai déjà dit, cette pandémie a été la plus étroitement et minutieusement suivie de l’histoire. Elle nous fournit un ensemble considérable de données scientifiques, cliniques et épidémiologiques à évaluer.

De plus, la propagation de la pandémie a rapidement été mondiale. À ce jour, des cas confirmés au laboratoire de grippe pandémique A (H1N1) ont été signalés officiellement par 213 pays et territoires ou communautés d’outre-mer. Nous avons donc un ensemble vaste de données d’expérience variées à évaluer.

La flambée de SRAS, la première nouvelle maladie grave du XXIe siècle, est survenue en 2003 alors que la rédaction du Règlement révisé était en cours. Les expériences faites au cours de cette flambée ont conduit à affiner en de nombreux points le Règlement, et notamment à introduire un système d’équilibre des pouvoirs pour que personne, pas même le Directeur général de l’OMS, n’ait de pouvoirs exempts de restrictions.

Évaluer dans quelle mesure le Règlement s’est révélé performant, en mettant particulièrement l’accent sur la pandémie de grippe, et comment celle-ci a été gérée, principalement au niveau international par l’OMS, peut à mon sens revêtir plusieurs avantages. En évaluant le RSI dans le contexte difficile d’une pandémie de grippe, il est probable que l’on pourra dégager des points forts et des carences.

Mesdames et Messieurs,

En planifiant et en organisant cet examen, l’OMS cherchait à faciliter un processus indépendant, crédible et transparent. Nous voulons une évaluation franche et critique. L’OMS ne cherche pas à définir ou à limiter le champ des questions spécifiques qui peuvent se poser. Si nos États Membres ont des questions ou des préoccupations, nous voulons les entendre.

Nous cherchons à tirer des enseignements de la pandémie pour déterminer comment le RSI a fonctionné, comment l’OMS et la communauté internationale ont riposté à la pandémie, afin de pouvoir mieux gérer les urgences de santé publique de portée internationale qui surviendront dans l’avenir. Car je puis vous l’assurer, il y en aura d’autres.

Nous voulons savoir ce qui a donné satisfaction; nous voulons aussi savoir ce qui n’a pas donné les résultats escomptés et si possible pourquoi; et nous voulons savoir ce qu’on peut améliorer et si possible comment.

Par souci d’ouverture, tout un ensemble d’organisations et d’agences intéressées par l’amélioration de notre gestion collective des urgences de santé publique ont été conviées à cette réunion. Nous voulons aussi connaître votre position.

Pour appuyer la crédibilité et le caractère indépendant du processus d’examen, le Secrétariat s’est efforcé d’inviter en tant que membres du Comité des personnes qui en garantissent l’équilibre géographique, qui reflètent les vues et les expériences des pays en développement comme des pays développés, et qui représentent un large éventail de compétences scientifiques et d’expériences pratiques dans des disciplines multiples.

Le Secrétariat s’est également tout spécialement attaché à rechercher les conflits d’intérêts éventuels parmi les membres du Comité.

Comme je l’ai dit, nous voulons un examen franc, critique, transparent, crédible et indépendant de notre action et de celle du RSI. Le Secrétariat fera tout son possible pour faciliter ce processus.

Je vous remercie.

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