Directeur général

Un engagement commun à améliorer la santé des femmes et des enfants

Dr Margaret Chan
Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé

Allocution d’ouverture prononcée au nom de huit organisations à l’occasion du Forum ministériel de la Conférence «Les femmes donnent la vie»
Washington, États-Unis d’Amérique

7 juin 2010

Dame Billie Miller, Mesdames et Messieurs les Ministres, mes chers collègues, mes chers amis,

Je vous remercie de me donner l’occasion de m’adresser à vous ce matin au nom de l’ensemble des dirigeants de huit organisations du domaine de la santé – le «H8», dont l’OMS fait également partie:

Tachi Yamada de la Fondation Bill et Melinda Gates;
Julian Lob-Levyt de l’Alliance GAVI;
Michel Kazatchkine du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme;
Michel Sidibe de l’ONUSIDA;
Thoraya Obaid de l’UNFPA;
Tony Lake de l’UNICEF;
et Tamar Manuelyan Atinc de la Banque mondiale.

Nous nous présentons devant vous comme un groupe solidaire. Nous nous engageons tous à vous soutenir dans vos démarches en vue d’améliorer la santé des femmes et des enfants dans le monde. Vos efforts et votre investissement portent leurs fruits.

Les ressources nationales et le financement des donateurs changent vraiment la vie de millions de personnes. Le nombre d’enfants qui meurent avant l’âge de cinq ans diminue depuis plusieurs années. Nous constatons maintenant qu’outre les progrès accomplis dans la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, le nombre de femmes qui décèdent pendant leur grossesse ou à l’accouchement commence à baisser.

Ces progrès sont évidemment les bienvenus mais ils sont fragiles, inéquitables et insuffisants. Bien des décès de femmes et d’enfants pourraient encore être évités.

Je voudrais faire quatre observations.

Premièrement, nous devons pouvoir compter sur un engagement sans faille à tous les niveaux, des chefs d’États et de gouvernement, des ministères de la santé, du développement et des finances, mais aussi au niveau communautaire. Seul cet engagement nous permettra de pérenniser les fragiles progrès accomplis et de progresser davantage.

Deuxièmement, nous devons investir. Nous avons besoin de plus d’argent et nous devons trouver de meilleurs moyens de canaliser le financement pour l’investir dans des interventions et de nouvelles technologies dont le rapport coût/efficacité est prouvé et qui puissent être appliquées dans le cadre d’un système de santé qui fonctionne bien.

Un système de santé qui dispose de soignants qualifiés en nombre suffisant. Un système de santé qui assure une couverture universelle pour les services de santé génésique, de santé maternelle et de santé de l’enfant et où il n’existe pas d’obstacles financiers ou autres à l’accès aux soins. Un système de santé doté d’un système d’information sanitaire solide pour mesurer les résultats obtenus. L’investissement dans ces systèmes peut venir de nombreuses sources: financement national, aide au développement, fondations, société civile et secteur privé.

Troisièmement, nous devons faire preuve d’intelligence et construire des synergies par le biais d’une approche intégrée, en offrant des services axés sur les femmes et les enfants, vulnérables et défavorisés en particulier. Les OMD 4, 5 et 6 sont liés et participent à la réalisation d’autres OMD relatifs à l’égalité entre les sexes, à l’éducation, à l’environnement et à la lutte contre la pauvreté. La mise en œuvre du consensus mondial pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant apportera un retour sur investissement important et permettra de pérenniser les résultats obtenus. À l’avenir, les pays qui bénéficient d’une aide pourront être fiers de devenir autosuffisants.

Quatrièmement, les partenariats doivent être dirigés par les gouvernements aux niveaux national et mondial afin de définir, de tenir et de suivre les engagements et les promesses de toutes les parties prenantes. Nous devons mesurer les résultats et être mutuellement responsables de nos promesses et de nos actions.

Nous sommes vivement encouragés par l’impulsion que vous imprimez, par le rôle moteur du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Ban Ki-moon, et par l’initiative lancée en avril dernier en vue d’élaborer un plan d’action commun pour la santé des femmes et des enfants.

Je souhaiterais insister sur le deuxième et le troisième mot du titre de ce plan: «action» et «commun». Le plan est mis au point par le biais de larges consultations afin de refléter les engagements de toutes les parties prenantes – pays, partenaires, secteur privé et société civile. Il ne s’agit pas seulement du plan du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Il s’agit d’un plan commun, de notre plan à tous dans cette salle.

Et c’est un plan d’action. Il appelle toutes les parties concernées à s’engager et à agir. À agir immédiatement. À agir ensemble. Et alors seulement nous progresserons comme nous le souhaitons.

Je vous remercie.

Partager