Direction générale de l'OMS

La couverture sanitaire universelle: un choix politique

Remarques du Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS, lors d’un événement organisé en marge du Forum politique de haut niveau 2017 des Nations Unies

New York (États-Unis d’Amérique)
17 juillet 2017

C’est un plaisir d’être avec vous aujourd’hui. C’est l’un des événements les plus importants auxquels je participerai cette semaine à New York. Comme vous le savez, je considère la couverture sanitaire universelle comme la première des priorités pour l’OMS. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, tous les chemins mènent à elle.

À mes yeux, c’est une question d’éthique. Acceptons-nous que notre prochain puisse mourir parce qu’il est pauvre? Ou que des millions de familles soient acculées à la pauvreté du fait de dépenses de santé catastrophiques et du manque de protection contre le risque financier? Ce sont des questions très importantes.

Comme vous le savez, aujourd’hui plus de 400 millions de personnes n’ont pas accès aux services de santé essentiels et 40% de la population mondiale n’a pas de protection sociale.

Un droit humain fondamental est donc refusé à toutes ces personnes.

C’est pourquoi, il est si important que la couverture sanitaire universelle soit incluse dans le Programme de développement durable. En effet, c’est la pièce centrale des cibles des objectifs de développement durable relatives à la santé. Si les pays choisissent d’investir pour progresser vers la couverture sanitaire universelle, ils bâtissent la fondation pour progresser vers toutes les autres cibles sanitaires et les autres objectifs, comme l’élimination de la pauvreté, l’égalité des sexes, le travail décent, la croissance économique et d’autres encore.

Je sais, de par mon expérience personnelle, que tous les pays ont la possibilité d’instaurer la couverture sanitaire universelle. C’est principalement une question de volonté politique.

Aujourd’hui, des collègues de l’OMS ont publié un article montrant que, même avec des revenus nationaux de faible niveau, les pays peuvent progresser. De fait, de nombreux pays à différents stades du développement économique ont instauré la couverture sanitaire universelle.

Comme je l’ai déjà mentionné, cela montre que le défi à relever est plus de nature politique qu’économique.

Il y a 10 jours, lors du G20, les dirigeants du monde ont publié le communiqué de 2017 et c’était la première fois que l’OMS était invitée au Sommet du G20 à l’issue duquel ils ont déclaré, je cite, qu’ils rappelaient que la couverture sanitaire universelle est un objectif adopté dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et qu’ils reconnaissent que de robustes systèmes de santé sont importants pour faire face efficacement aux crises sanitaires. Ils appellent les Nations Unies à maintenir la santé mondiale en tête de l’agenda politique et s’efforcent d’agir en coopération pour renforcer les systèmes de santé dans le monde.

C’est un appel à l’action qui nous concerne tous.

Comment l’OMS va-t-elle donc aider les pays à parvenir à la couverture sanitaire universelle? C’est une autre question très importante.

Nous savons que chaque pays a ses besoins propres et uniques. Nous catalyserons l’engagement proactif et le plaidoyer auprès des structures politiques mondiales, régionales et nationales, ainsi que des dirigeants, chefs d’État ou parlements nationaux.

Nous aiderons les pays à savoir où ils en sont en matière de CSU par rapport aux autres en comparant leurs réalisations.

Nous documenterons les meilleures pratiques pour montrer aux pays ce qui a bien marché ailleurs et ce qui pourrait leur convenir. Et c’est des pays qu’ils considèrent dans une situation comparable qu’ils tireront les meilleurs enseignements.

Et nous fournirons une assistance technique, sur la base des besoins spécifiques des pays, pour l’ensemble des objectifs de développement durable relatifs à la santé.

Les retombées de ces investissements vont au-delà de la santé et concernent aussi la pauvreté.

Les retombées potentielles sont énormes. Ce sont les enfants qui survivent au-delà de leur cinquième anniversaire parce qu’ils ont été vaccinés. Ce sont les femmes capables de lancer une petite entreprise parce qu’elles ne dépensent pas tout leur capital pour les soins. Ce sont les hommes qui ne meurent pas prématurément à cause de maladies non transmissibles.

Nombre d’entre nous reviendrons ici à New York pour l’Assemblée générale en septembre. Saisissons cette occasion pour améliorer et transformer la santé mondiale. Faisons de la couverture sanitaire universelle une réalité pour tous.

Merci.