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Office of the Director-General

World Health Organization
Organisation mondiale de la Santé

UPDATED: Mon Feb 18 16:59:04 2002

Dr. Gro Harlem Brundtland        
Directeur général
Organisation mondiale de la Santé

La Haye,
9 février 1999

In English

Séance plénière
Forum CIPD + 5

Monsieur le Président,
Excellences,
distingués invités,
chers amis,
chers collègues,
Mesdames et Messieurs,

Cinq ans après Le Caire nous voici à nouveau réunis avec un triple objectif :

  • Maintenir l'élan là où nous avons progressé
  • Relancer le mouvement lorsque nous avons pris du retard
  • Et nous inciter mutuellement à faire un effort supplémentaire en faveur du droit de la femme, de l'homme et de l'adolescent à une bonne santé génésique.

Remercions le Gouvernement des Pays-Bas de nous donner l'occasion d'être ensemble pour faire le point du chemin accompli depuis cette réunion historique du Caire. Et rendons hommage au Dr Nafis Sadik qui a été le dépositaire de l'idéal du Caire depuis cinq ans.

Au Caire nous avons envoyé un message nouveau, à savoir qu'il est possible de stabiliser la population mondiale tout en restant attentifs aux besoins sanitaires individuels et en respectant le droit de chacun à la procréation. Nous avons lancé un appel en faveur d'un infléchissement des politiques et des programmes en matière de population. Au lieu de mettre l'accent sur les cibles démographiques et sur une réduction de la croissance de la population, nous avons voulu privilégier l'amélioration de la santé génésique. Nous avons préconisé des mesures permettant aux gens d'opérer des choix sur la base de l'équité, des droits de la personne humaine, des responsabilités mutuelles et d'un respect partagé.

Nous avons diffusé un message nouveau & un message d'optimisme. On peut assurer le progrès et le développement en donnant aux gens les moyens de les atteindre, surtout aux femmes qui depuis si longtemps sont privées d'un accès équitable à l'élaboration et à la prise des décisions en matière politique, sociale et économique.

C'est en tant que Premier Ministre de la Norvège, pays qui se préoccupe depuis longtemps de la santé et du développement internationaux, que j'ai pris la parole à la réunion du Caire. J'ai souligné alors qu'il fallait des idéaux pour inspirer le changement, mais j'ai dit aussi qu'il faut que les idéaux et les engagements prennent corps, que des ressources soient fournies pour les concrétiser. Il m'apparaissait clairement que les choses sérieuses commenceraient après la clôture de la Conférence.

Aujourd'hui, en tant que Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé, je vois encore plus nettement en quoi mes propos d'il y a cinq ans étaient fondés.

Il faut le dire sans détour : les engagements du Caire n'ont pas toujours été suivis de l'octroi des ressources nécessaires pour apporter des améliorations à la vie des gens. De nombreux pays en développement relèvent maintenant le défi et allouent davantage de ressources à la santé génésique & souvent avec l'appui et l'aide de l'OMS. Mais, à quelques louables exceptions près, comme celle de nos hôtes néerlandais, les pays développés ne respectent pas leurs engagements.

En 1996, l'aide des donateurs ne représentait pas plus de 35% de ce qui avait été promis au Caire. Nous avons des obligations à remplir. Les souffrances et les décès inutiles sont à eux seuls des raisons d'agir, mais il faut également tenir compte d'importantes considérations sociales et économiques. La mauvaise santé génésique a des conséquences sur les jeunes, les personnes qui ont charge de famille, les femmes et les hommes à un moment de leur vie où ils pourraient être le plus productifs pour la communauté et la société.

Dans chaque domaine de la santé génésique, nous savons comment faire changer les choses. Il ne s'agit pas, dans la plupart des cas, d'interventions coûteuses, loin de là.

En cette occasion importante, je réaffirme l'engagement de l'OMS face aux problèmes de population, de développement et de santé génésique, un engagement qui sera renforcé dans le cadre de la nouvelle structure de l'Organisation. L'OMS sera plus efficace, plus responsable, plus transparente et plus sensible aux besoins d'un monde en mutation. Nous établirons des partenariats plus solides avec les Etats Membres et nous nous tournerons vers l'ensemble de la famille des Nations Unies, vers les institutions financières internationales, vers les organisations non gouvernementales et le secteur privé.

Je voudrais saisir cette occasion, ici à La Haye, alors que nous entamons les préparatifs en vue de l'Assemblée générale, en juillet, pour me concentrer sur un problème particulier qui est au coeur même du consensus du Caire. Je veux parler de la tragédie de la mortalité maternelle.

A la fin du XXe siècle, il est inadmissible que les femmes continuent de souffrir et de mourir des complications de la grossesse et de l'accouchement. Les disparités considérables dans les taux de mortalité et de morbidité maternelles entre riches et pauvres sont une insulte constante à la conscience de l'humanité.

Nous savons, preuves à l'appui, ce qui permet ou ne permet pas de réduire la mortalité maternelle. Les femmes doivent avoir accès à des soins spécialisés pendant la grossesse et l'accouchement; elles doivent pouvoir se rendre dans un centre de santé efficace si des complications se présentent. Nous ne demandons pas l'impossible; nous savons quelles sont les interventions nécessaires. Elles sont simples et rentables. Nous n'avons aucune excuse pour ne pas agir. En tant que Directeur général de l'OMS, je m'engage à ce que les efforts maximums soient déployés pour lutter contre la mortalité maternelle.

Distingués participants,

Il est indispensable de conserver une perspective à long terme en ce qui concerne la mise en oeuvre du programme de la CIPD. Mais nous devons également nous montrer impatients. Malgré de nombreux signes encourageants, nous savons que seuls des progrès limités ont été faits dans la mise en oeuvre du programme d'action du Caire. Cela ne doit pas nous surprendre. Malgré les avancées théoriques considérables qu'a représenté Le Caire, il reste encore beaucoup à faire en matière de santé génésique. Il reste de nombreux obstacles & politiques et culturels & à franchir. Il faut du temps pour faire évoluer la réflexion et faire bouger les institutions, et davantage encore pour pouvoir mesurer l'impact de ces changements.

Nous devons tous nous mobiliser pour faire changer les choses. L'OMS, en tant qu'organisme directeur dans le domaine de la santé, est prête à apporter une contribution réelle. Montrons-nous impatients et enthousiastes. Nous pouvons apporter un réel changement dans la vie de millions d'individus.

Je vous remercie.

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