Excellences,
distingués invités,
chers amis,
chers collègues,
Mesdames et Messieurs,
- Il y a près d'un mois, j'ai participé à La Haye à la réunion où les gouvernements,
les ONG et les organismes du système des Nations Unies ont fait le point 5 ans après la
Conférence du Caire, et j'y suis allée pour réaffirmer l'engagement de l'OMS en faveur
de la santé génésique, en tant que priorité pour la santé.
- La Conférence du Caire a revêtu un caractère visionnaire
& elle a modifié notre façon d'envisager les
populations. Nous avons commencé à nous préoccuper du bien-être de nos semblables et
non plus seulement de leur nombre. La population est devenue un aspect clé du
développement. De nouveaux partenariats ont vu le jour, et les ONG et les avocats de la
santé de la femme sont apparus comme un élément déterminant pour donner aux femmes les
moyens de devenir des membres de la société à part entière et sur un pied d'égalité.
Le principe important s'est imposé d'une approche de la santé génésique fondée sur
les droits de la personne humaine. La nécessité d'obtenir l'engagement des hommes,
d'informer les jeunes et de leur offrir des services & les jeunes de 15 à 24 ans sont désormais plus d'un milliard, un
nombre sans précédent dans l'histoire de l'humanité & a été acceptée dans le programme d'action de la
Conférence et approuvée par consensus par 179 pays.
L'expérience des pays et les mesures qu'ils ont prises seront examinées à la session
extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies en juin prochain. Le
Secrétaire général de l'ONU présentera un rapport contenant des propositions de
mesures clés devant faire l'objet d'une mise en oeuvre plus poussée.
En faisant le point de notre propre action 5 ans après Le Caire et en écoutant le
compte rendu des expériences nationales le mois dernier, nous avons relevé avec
satisfaction que la plupart des pays peuvent se targuer d'avoir pris un bon départ dans
l'application du programme du Caire, surtout au niveau politique. Des questions discutées
tard dans la nuit, jour après jour au Caire, ont maintenant acquis une sorte d'autonomie
propre, prenant dans bien des cas une teinte locale et étant présentées à la
population sous une forme et sous un angle acceptables. Mais il faut encore réaffirmer,
aux niveaux politiques les plus élevés, l'idée selon laquelle la santé génésique est
une priorité et l'engagement à lui allouer des ressources suffisantes : ressources
financières, ressources institutionnelles, ressources humaines.
Ma deuxième observation, c'est que, malgré la diminution de la mortalité
juvéno-infantile qui devrait se poursuivre, la mortalité maternelle reste à des niveaux
inacceptables, surtout en Afrique subsaharienne et dans certaines parties de l'Asie. La
tragédie de la mortalité maternelle montre que nous devons encore insister sur la
priorité à accorder aux trois composantes fondamentales et interdépendantes de la
santé génésique pour faire progresser le développement humain.
Ces trois éléments fondamentaux sont:
- l'accès à des services de planification familiale de qualité
- la réduction de la mortalité maternelle
- la prévention et le traitement du VIH/SIDA et des maladies sexuellement
transmissibles.
Ma troisième observation, c'est que les engagements du Caire n'ont pas
toujours débouché sur l'apport des ressources nécessaires pour garantir des
améliorations concrètes dans la vie des gens. Comme vous vous en souviendrez, il a été
convenu au Caire que les deux tiers du coût prévu de la mise en oeuvre des programmes de
santé génésique seraient supportés par des sources intérieures et un tiers par la
communauté des donateurs internationaux. Or, l'analyse des mouvements de ressources
révèle que, si de nombreux pays en développement sont bien en train de relever le défi
et d'allouer davantage à la santé génésique, les pays développés en revanche ne
respectent pas leurs engagements. L'aide publique au développement a même tendance à
diminuer. Nous devons collaborer avec les gouvernements et la communauté internationale
pour réaffirmer l'engagement et tout mettre en oeuvre pour mobiliser les ressources
financières, comme convenu au Caire. Pour qu'un véritable changement soit possible, la
communauté internationale des donateurs doit tenir sa promesse de consacrer 0,7% du PNB
à l'aide publique au développement et allouer 4% de cette aide aux programmes de santé
génésique.
Qu'a fait l'OMS après la Conférence du Caire ?
- Le Dr Olive Shisana, Directeur exécutif, Systèmes de santé et santé
communautaire, vous présentera la contribution de l'OMS à l'hygiène sexuelle et à la
santé génésique depuis Le Caire.
- Depuis juillet 1998, l'OMS s'est réorganisée en se dotant notamment d'un seul
programme de santé génésique au lieu de deux programmes distincts, avec une composante
action et une composante recherche étroitement liées. Les activités concernant le
VIH/SIDA sont désormais au premier plan dans le Groupe Systèmes de santé et santé
communautaire. Nous continuerons à collaborer étroitement avec l'ONUSIDA et nos Etats
Membres pour combattre le VIH/SIDA. Le rôle normatif de l'OMS et son rôle de
coopération technique ont été renforcés pour aider les pays dans le domaine de
l'hygiène sexuelle et de la santé génésique.
- Je vais rencontrer le Dr Nafis Sadik le 8 avril pour examiner
attentivement notre mandat et notre plan de travail et déterminer ce que nos deux
organisations peuvent faire ensemble, et chacune de son côté, pour faire progresser les
efforts sur la santé reproductive dans les pays en évitant les chevauchements et le
gaspillage des ressources limitées dont nous disposons. Le champ de la santé génésique
est trop vaste et complexe pour relever d'une seule organisation. Notre action peut être
plus efficace si nous établissons des liens avec d'autres, si nous arrivons à une
division du travail et si nous créons de véritables partenariats pour parvenir à des
résultats concrets.
- Après un examen attentif de l'ensemble des besoins des pays en matière d'hygiène
sexuelle et de santé génésique, l'OMS définira avec plus de précision sa contribution
en tant qu'institution spécialisée dans le domaine de la santé, au regard de son large
partenariat avec les autres organisations, les centres collaborateurs, les ONG et
l'industrie.
- L'OMS continuera d'aider les pays en leur offrant des outils fondés sur des bases
factuelles, sur des valeurs tangibles, sur une réalité concrète.
- L'OMS s'est engagée à mettre la santé au coeur du développement, car c'est là
qu'elle appartient. La santé génésique fait partie intégrante de cet engagement.
Je vous remercie. |