WHO Home Page

Office of the Director-General

World Health Organization
Organisation mondiale de la Santé

UPDATED: Mon Feb 18 16:59:04 2002

Dr. Gro Harlem Brundtland        
Directeur général
Organisation mondiale de la Santé

San Juan, Porto Rico, 
27 septembre-1er octobre 1999

 

In English

51e session du Comité régional des Amériques de l'OMS
41e Conseil directeur de l'OPS

Monsieur le Gouverneur,
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Dr Alleyne,
Mesdames et Messieurs,

C'est un grand plaisir pour moi de me trouver avec vous ici à San Juan, 35 ans après être venue avec un groupe d'étudiants de la Harvard School of Public Health pour un voyage d'étude d'une semaine dans l'île exotique de Porto Rico. La beauté et la sérénité de cette île nous font oublier la fureur avec laquelle les éléments naturels peuvent sévir dans cette partie du monde. Alors que nous pouvons profiter de notre séjour ici, nous ne devons pas oublier les souffrances et les dégâts énormes causés par les tempêtes dévastatrices de ces dernières années comme Mitch ou d'autres. Je tiens à féliciter la Région pour l'effort colossal qui a été entrepris et la solidarité dont elle a fait preuve pour remettre en état des systèmes de santé détruits par la succession des récents ouragans.

Nous ne sommes plus qu'à quelques mois de l'an 2000 et l'heure des bilans est arrivée. Nous, dont le travail est consacré à la santé, pouvons nous louer de nombreuses réalisations remarquables. Mais un lourd héritage nous est aussi laissé. Parce qu'elles sont pauvres, plus d'un milliard de personnes, dont un nombre non négligeable vivent dans cette Région, commenceront le siècle prochain sans avoir connu les bienfaits de la révolution sanitaire du XXe siècle.

Nous devons changer cela. En conjuguant clairvoyance, engagement et bonne organisation, et en travaillant ensemble, nous pouvons faire des progrès remarquables ces prochaines années. Les connaissances qui ont permis la révolution de ces dernières décennies peuvent encore ramener parmi nous le milliard d'exclus.

Monsieur le Président,

Je voudrais aujourd'hui saisir cette occasion pour vous dire comment j'envisage le rôle de l'Organisation mondiale de la Santé dans cette période de transition majeure. Vous connaissez notre mandat et je puis vous assurer de notre engagement : nous recherchons une nouvelle donne pour la santé dans le monde. Une meilleure donne dans le but, principalement, d'assurer à tous, mais spécialement aux pauvres, un avenir meilleur et une meilleure santé.

En tant que Directeur général de l'OMS, il m'est apparu que l'une de mes premières tâches était d'améliorer l'efficacité du travail de notre Organisation. L'essentiel est de travailler ensemble plus efficacement, comme une seule et même OMS. Nous, l'OMS, ne pouvons tout faire, mais ce que nous décidons de faire, nous devons bien le faire. Cela vaut pour nous tous : face à de nombreux défis conflictuels, nous devons tous apprendre à centrer notre attention sur les questions de santé qui ont le plus d'importance - et nous devons nous tourner vers nos partenaires et les convaincre de faire de même. En pratiquant l'ouverture vis-à-vis de la société civile, des ONG, de nos partenaires des Nations Unies et du secteur privé, comme nous le faisons dans cette Région, nous aurons un plus grand impact.

Je voudrais vous dire aujourd'hui comment nous évaluons notre activité dans la Région des Amériques, sur la base de quatre orientations stratégiques mondiales.

Premièrement, nous devons réduire le surcroît de mortalité, de morbidité et d'incapacité qui pèse spécialement sur les pauvres et les populations marginalisées.

Sur de nombreux fronts, la Région des Amériques donne un exemple d'espoir et d'optimisme. Par des interventions systématiques et efficaces, elle a fait des progrès impressionnants dans le domaine de la santé ces dernières années. Ces améliorations prouvent que des batailles apparemment interminables contre des maladies toujours victorieuses peuvent être gagnées, à condition d'appliquer une approche systématique, axée sur les résultats.

Cela fait maintenant cinq ans que cette Région est exempte de poliomyélite, ce qui constitue une véritable source d'inspiration pour les pays et les Régions qui poursuivent la lutte contre le fléau.

Malgré les bonnes raisons que nous avons de nous réjouir, n'oublions pas que cette victoire reste fragile tant que la poliomyélite continue de poser un problème ailleurs dans le monde. Nous demandons instamment aux pays de ne pas relâcher leurs efforts de surveillance. Dans un village mondial où il faut moins de vingt-quatre heures pour se rendre dans un pays, quel qu'il soit, aucun n'est à l'abri de la poliomyélite tant que tous ne sont pas indemnes.

Nous aurons peut-être des raisons de célébrer bientôt une autre grande victoire et une autre source d'inspiration, car la rougeole pourrait être éliminée de cette Région l'an prochain.

Le paludisme continue de représenter un problème de santé majeur. Dans trois semaines, beaucoup d'entre vous serez réunis à Lima pour mettre au point une stratégie commune de lutte antipaludique dans le bassin de l'Amazone. L'OMS présentera à cette réunion son initiative Faire reculer le paludisme comme cadre de la stratégie commune. Nous nous félicitons de la venue de cette réunion qui, j'en suis sûre, jettera les bases nécessaires pour réduire la charge économique, sociale et sanitaire du paludisme.

Monsieur le Président,

L'action mondiale contre le VIH/SIDA nécessitera des efforts prolongés d'une très grande envergure. L'engagement de l'OMS est inébranlable. Nous travaillons sur tous les fronts, de la sécurité transfusionnelle et de la transmission mère-enfant aux traitements antirétroviraux et aux soins aux personnes vivant avec le VIH et, bien sûr, à la double épidémie de VIH et de tuberculose. Nous encouragerons la mise au point de nouveaux médicaments et d'un vaccin contre le VIH. Et nous soutiendrons toute solution qui mettra ces innovations à la disposition de tous.

Je suis très encouragée par le fait que les ministères de la santé de plusieurs pays de la Région fournissent gratuitement des traitements antirétroviraux aux personnes vivant avec le VIH. Il convient d'applaudir bien fort ces initiatives courageuses.

Parallèlement, des négociations intensives doivent être poursuivies avec l'industrie pour trouver les moyens de fournir des médicaments contre le VIH à tous ceux qui en ont besoin où qu'ils vivent et qu'ils aient ou non les moyens de les acheter. Trois objectifs stratégiques fondamentaux doivent être envisagés : un prix abordable, des systèmes de santé fiables et un financement adéquat.

L'initiative de l'OPS visant à mettre en place un fonds de roulement pour les achats groupés d'antirétroviraux est une autre option importante pour améliorer l'accès.

Il est également encourageant d'assister à la mise sur pied dans la Région de programmes nationaux importants de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles. On peut considérer l'élimination de la syphilis congénitale comme une cible que beaucoup de pays pourront atteindre dans la Région au cours des cinq prochaines années.

Deux interventions de santé publique doivent particulièrement retenir l'attention : la première consiste à renforcer le dépistage volontaire du VIH et le conseil comme point d'entrée de la prévention du VIH pour réduire la transmission mère-enfant et soigner les personnes infectées par le VIH.

La deuxième intervention est la nécessité urgente de renforcer la prévention des infections sexuellement transmissibles et les soins contre ces infections par les services des secteurs public et privé.

Même sans son mortel allié, le VIH, la tuberculose fait peser une grave menace sur la santé dans le monde et une action urgente et massive s'impose. J'ai fait du projet de lutte contre la tuberculose une priorité. Le mois dernier, j'ai regroupé l'ensemble des efforts de lutte antituberculeuse de l'OMS dans le cadre de l'initiative Halte à la tuberculose. Ainsi l'initiative redoublera d'efforts pour associer de nouveaux partenaires à la coalition contre le fléau et s'efforcera de doubler les dépenses mondiales consacrées à la lutte antituberculeuse au cours des trois prochaines années.

Dans de nombreux pays de la Région, le secteur public renforce le dépistage de la tuberculose et les taux de guérison s'améliorent. C'est maintenant le secteur privé qui est à la traîne. C'est le secteur privé qui domine bien souvent les services de santé donnés aux plus pauvres dans de nombreux pays et trop peu de malades de la tuberculose reçoivent des soins adéquats. Nous devons associer le secteur privé et les agences bénévoles à notre action pour que notre stratégie DOTS de traitement de brève durée sous surveillance directe porte ses fruits. Nous devons tous nous engager à porter à 100% avant 2005 la couverture par la stratégie DOTS.

Monsieur le Président,

Les progrès accomplis par la prise en charge intégrée des maladies de l'enfant ont été impressionnants dans la Région, où elle est appliquée par 19 pays. En Bolivie, le "Seguro Basico de Salud" comprend les soins et le traitement gratuits des enfants malades. C'est la première fois qu'un régime d'assurance-maladie national couvre aussi explicitement la prise en charge intégrée des maladies de l'enfant.

La Région a tellement bien réussi dans son entreprise de mise sur pied d'un réseau de consultants qualifiés que d'autres Régions et le Siège y ont recours pour promouvoir l'échange de données d'expérience entre les Régions de l'OMS. Cette Région est également devenue un centre pour la recherche clinique sur la prise en charge intégrée des maladies de l'enfant et la mise au point de matériel d'enseignement dans ce domaine. Il s'agit là de résultats remarquables qui peuvent servir d'exemple aux autres Régions.

Nous intensifierons nos efforts en vue de réduire la mortalité maternelle. Pour faire progresser la santé génésique, l'OMS a mis au point une stratégie visant à réduire les risques liés à la grossesse. L'initiative Pour une grossesse à moindre risque encouragera les gouvernements ainsi que nos partenaires internationaux à faire en sorte que la maternité sans risque figure en bonne place parmi les préoccupations politiques. C'est une question de responsabilité sociale et de simple bon sens économique.

La vaccination reste l'une des interventions de santé publique les plus rentables. Au cours de l'année écoulée, la question des vaccins et de la vaccination a été examinée par l'OMS avec ses principaux partenaires - l'UNICEF, la Banque mondiale, les donateurs bilatéraux et le secteur privé.

Nous avons décidé de mettre en place une alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination en vue d'intensifier l'effort de mise au point de nouveaux vaccins et d'accroître les taux de vaccination dans le monde entier. L'alliance sera dirigée par l'OMS pendant les deux premières années.

Monsieur le Président,

J'en viens maintenant à la deuxième orientation stratégique. Ce n'est pas seulement des maladies qu'il faut se préoccuper. Il faut aussi faire face aux menaces potentielles pour la santé qui résultent des crises économiques, de l'insalubrité de l'environnement et des comportements à risque.

Nous devons mettre davantage l'accent sur la façon dont les secteurs extrasanitaires ont un impact majeur sur la santé. Dans le domaine de l'environnement, la pollution atmosphérique devient un problème toujours croissant dans certaines villes de la Région. Pour les dizaines de millions de personnes qui s'entassent dans les bidonvilles de certaines grandes métropoles, les effets de la pollution, du surpeuplement et des moyens d'assainissement insuffisants constituent les plus grandes menaces pour la santé. Ni les interventions sanitaires, ni la croissance économique ne peuvent à elles seules résoudre ces problèmes. Il faudra une intervention active des autorités - des politiques concertées de développement durable et une exécution énergique des mesures prises - avant d'assister à une amélioration significative de la situation sanitaire des populations défavorisées en milieu urbain.

A propos de pollution atmosphérique, il existe une autre menace - et pas des moindres - qui nous concerne déjà, une épidémie émergente sur le point de frapper les pays en développement. Je veux parler du tabagisme.

L'industrie du tabac a déclenché une offensive majeure, avec comme cible de son attention et de son arsenal publicitaire les pays en développement, et plus particulièrement les femmes et les enfants de ces pays.

Les jeunes générations sont en train d'allumer la mèche et l'explosion tuera un fumeur sur deux, ce qui fera peser de nouveaux fardeaux coûteux et parfaitement évitables sur le secteur de la santé.

Disons-le franchement, les adolescents se laissent attirer dans le piège de la dépendance tabagique. Dans la plupart des pays, jusqu'à neuf fumeurs dépendants sur dix affirment avoir commencé à fumer avant l'âge de 18 ans. On ne peut parler dès lors de liberté de choix : il s'agit bel et bien d'une violation des droits de l'enfant.

Je suis très encouragée par l'action intentée par le Département de la Justice des Etats-Unis la semaine dernière en vue de compenser les coûts médicaux énormes que doit supporter le système fédéral de santé du fait des maladies liées au tabac. La façon dont les Etats puis le Gouvernement fédéral de ce pays appellent un chat un chat ne peut qu'inspirer les gouvernements du monde entier.

Pourtant, poursuivre les sociétés du tabac pour les préjudices qu'elles provoquent ne suffit pas. Une législation stricte régissant la publicité en faveur des produits du tabac et des campagnes d'information sont nécessaires si nous voulons réduire la prévalence du tabagisme dans nos populations.

En mai, l'Assemblée mondiale de la Santé a approuvé notre travail en vue de l'élaboration d'une Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac. Nous serons heureux d'accueillir les représentants des Amériques à la réunion du groupe de travail sur la Convention dans quelques semaines à Genève. Je me félicite tout spécialement des recommandations de la réunion du groupe de travail des juristes régionaux qui a eu lieu au Chili le mois dernier. Le plan d'action triennal arrêté à cette réunion apportera une contribution considérable aux travaux en vue de l'élaboration de la Convention-cadre.

Monsieur le Président,

Le troisième axe stratégique concerne le système de santé auquel l'OMS renouvellera son engagement.

Les systèmes de santé doivent se prévaloir des résultats impressionnants de ces cinquante dernières années pour assurer la protection de tous, dans les limites, bien sûr, fixées par les ressources disponibles. Tel est le message clef du nouvel universalisme que l'OMS a énoncé cette année dans son Rapport sur la santé dans le monde. Nous devons fixer nos priorités selon un processus basé sur des données factuelles, sur des considérations éthiques et sur l'acceptabilité sociale. Nos meilleurs espoirs résident dans un système de santé ayant pour objectifs l'amélioration de l'état de santé et la reconnaissance des inégalités face à la santé. Un système de santé qui réponde aux besoins légitimes de la population. Un système qui protège les gens contre les pertes financières dues aux dépenses de santé et qui répartisse équitablement ce fardeau économique.

Les choix seront difficiles à faire : il ne s'agira pas seulement de décider des services qui seront pris en charge, mais il faudra trouver comment financer les soins de santé. Les soins de santé sont payants, mais un système de solidarité fondé sur des cotisations pèse moins sur les pauvres qu'un système fondé sur le paiement direct des actes. Les systèmes de cotisation apparaissent de plus en plus comme une politique efficace et équitable.

Les uns après les autres, les pays se tournent maintenant vers l'OMS pour qu'elle les guide dans la réforme de leur secteur de la santé. Ils veulent que nous leur disions comment faire face à l'accroissement rapide des soins médicaux privés et mobiliser les énergies du secteur privé à des fins publiques. Nous répondrons à cet appel et nous sommes en train de renforcer considérablement nos capacités pour y parvenir.

Nous devons comprendre pourquoi le système de santé d'un pays obtient de meilleurs résultats qu'un autre. Le nouveau programme pour la réforme des systèmes de santé doit s'appuyer sur une compréhension plus aiguë des succès, des échecs et des meilleures pratiques. Pour preuve de l'importance de ce sujet, le prochain Rapport sur la santé dans le monde, 2000 lui sera entièrement consacré.

Monsieur le Président,

La quatrième orientation concerne le programme de développement lui-même. Je me suis engagée à faire tout mon possible pour placer la santé au coeur de ce programme.

La recherche montre bien que la maladie n'est pas seulement une des conséquences de la pauvreté - elle peut également la provoquer. Il est de plus en plus évident qu'une amélioration de la santé peut briser la spirale. Des gens en meilleure santé et mieux nourris sont plus productifs et peuvent concentrer leurs efforts sur l'amélioration de leurs moyens d'existence.

Mesdames et Messieurs les Ministres,

En matière de développement, vous êtes confrontés à de nombreux acteurs - et nous sommes tous confrontés à de nombreux acteurs en matière de santé internationale. En tant que chef de file dans le domaine de la santé avec un large mandat, l'OMS doit affiner son rôle et déterminer les meilleurs moyens de servir ses Etats Membres. Je voudrais vous faire part de certains des problèmes qui se posent. Ils seront d'ailleurs portés à votre attention alors que nous commençons la planification du budget pour l'exercice 2002-2003.

Dans chaque domaine - qu'il s'agisse par exemple du VIH/SIDA ou des efforts en vue d'une grossesse à moindre risque -, nous devons nous demander où se situe vraiment l'avantage comparatif de l'OMS. Quelles sont les fonctions que nous sommes le mieux à même de remplir ? Quelles sont les choses qu'il vaut mieux laisser à d'autres organisations ? Nous demander aussi quand nous pouvons faire appel à nos centres collaborateurs.

L'OMS est une organisation technique, et non un grand donateur. Nous devons nous considérer comme un catalyseur aux niveaux national et international - nous forgeons des alliances et nous dégageons des consensus dans des contextes nombreux et différents. Ce rôle de catalyseur est au coeur même de toutes nos fonctions essentielles et ce sera un thème dominant de l'établissement de notre prochain budget.

Dans trop de pays, nos ressources sont réparties entre des activités trop nombreuses et trop disparates, et il n'y a pas assez de coordination entre nos activités. Nous sommes en train de changer cela, et j'espère que vous nous soutiendrez dans cette tâche.

Monsieur le Président,

En conclusion, je tiens à faire quelques remarques sur la résolution de l'Assemblée mondiale de la Santé concernant le budget et sur les travaux en cours pour y donner suite. L'Assemblée a décidé de ne pas compenser l'augmentation des coûts. Nous avons été priés en outre de réorienter des ressources de domaines moins prioritaires vers des domaines plus prioritaires.

Cela n'a pas été facile, mais je crois que nous avons trouvé une solution réaliste tout en évitant d'interrompre des activités essentielles.

Vous connaissez ma position : les tâches les plus importantes de l'OMS concernent les pays, et nos budgets et nos efforts communs reflètent ce fait. Le rééquilibrage du budget 2000-2001 n'entraînera pas de réduction des dépenses au niveau des pays. L'ensemble de l'OMS peut néanmoins devenir plus efficace.

En examinant les mesures d'efficacité budgétaire possibles, j'ai envisagé d'abord celles qui sont applicables à l'ensemble de l'OMS. Par exemple, nous nous efforçons de réduire nos dépenses liées aux déplacements et nous portons un regard critique sur ce que nous publions et ce que nous achetons.

Dans l'ensemble, j'ai arrêté à ce stade un montant pour les mesures d'efficacité qui est de l'ordre de US $50 à 60 millions, en me conformant aux demandes de l'Assemblée. Je vous demanderai d'apporter votre coopération, en votre qualité de ministre, lorsqu'il faudra déterminer dans vos pays vers quels domaines prioritaires de la santé affecter les fonds ainsi libérés.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

Nous sommes dans une Région de contrastes extrêmes - contrastes géographiques puisqu'elle s'étend d'un pôle à l'autre, mais aussi contrastes en matière de santé. Des systèmes de santé éminemment équitables côtoient d'autres qui restent marqués par une grande inégalité. La pauvreté côtoie des richesses considérables. En matière de santé, les succès ont été nombreux, mais beaucoup de politiques ont enregistré un échec.

Grands ou petits, riches ou pauvres, les pays de la Région ont ensemble obtenu des succès remarquables. Cela est notamment dû à un nouvel élan de respect des droits de l'homme et de la démocratie au cours de la dernière décennie. Ces deux institutions fondamentales sont cruciales pour améliorer la santé et réduire la pauvreté. Les progrès de ces dernières années démontrent que ce n'est que si les dirigeants s'engagent à respecter la volonté et les droits fondamentaux de la population qu'un développement réel est possible.

Cette Région dispose des ressources humaines et financières pour éradiquer la pauvreté et créer un monde où chacun jouisse des droits fondamentaux à la santé et à l'alimentation. Quand j'observe les progrès accomplis jusqu'ici, je suis optimiste. Je suis sûre que vous réussirez et l'OMS est prête à vous soutenir dans cet effort.

Je vous remercie.

Return to Director General's main page