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Monsieur le Gouverneur,
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Dr Alleyne,
Mesdames et Messieurs,
C'est un grand plaisir pour moi de me trouver avec vous ici à San
Juan, 35 ans après être venue avec un groupe d'étudiants de la
Harvard School of Public Health pour un voyage d'étude d'une semaine
dans l'île exotique de Porto Rico. La beauté et la sérénité de
cette île nous font oublier la fureur avec laquelle les éléments
naturels peuvent sévir dans cette partie du monde. Alors que nous
pouvons profiter de notre séjour ici, nous ne devons pas oublier les
souffrances et les dégâts énormes causés par les tempêtes
dévastatrices de ces dernières années comme Mitch ou d'autres. Je
tiens à féliciter la Région pour l'effort colossal qui a été
entrepris et la solidarité dont elle a fait preuve pour remettre en
état des systèmes de santé détruits par la succession des récents
ouragans.
Nous ne sommes plus qu'à quelques mois de l'an 2000 et l'heure des
bilans est arrivée. Nous, dont le travail est consacré à la santé,
pouvons nous louer de nombreuses réalisations remarquables. Mais un
lourd héritage nous est aussi laissé. Parce qu'elles sont pauvres,
plus d'un milliard de personnes, dont un nombre non négligeable
vivent dans cette Région, commenceront le siècle prochain sans avoir
connu les bienfaits de la révolution sanitaire du XXe siècle.
Nous devons changer cela. En conjuguant clairvoyance, engagement et
bonne organisation, et en travaillant ensemble, nous pouvons faire des
progrès remarquables ces prochaines années. Les connaissances qui
ont permis la révolution de ces dernières décennies peuvent encore
ramener parmi nous le milliard d'exclus.
Monsieur le Président,
Je voudrais aujourd'hui saisir cette occasion pour vous dire
comment j'envisage le rôle de l'Organisation mondiale de la Santé
dans cette période de transition majeure. Vous connaissez notre
mandat et je puis vous assurer de notre engagement : nous
recherchons une nouvelle donne pour la santé dans le monde. Une
meilleure donne dans le but, principalement, d'assurer à tous, mais
spécialement aux pauvres, un avenir meilleur et une meilleure santé.
En tant que Directeur général de l'OMS, il m'est apparu que l'une
de mes premières tâches était d'améliorer l'efficacité du travail
de notre Organisation. L'essentiel est de travailler ensemble plus
efficacement, comme une seule et même OMS. Nous, l'OMS, ne pouvons
tout faire, mais ce que nous décidons de faire, nous devons bien le
faire. Cela vaut pour nous tous : face à de nombreux défis
conflictuels, nous devons tous apprendre à centrer notre
attention sur les questions de santé qui ont le plus d'importance -
et nous devons nous tourner vers nos partenaires et les convaincre de
faire de même. En pratiquant l'ouverture vis-à-vis de la société
civile, des ONG, de nos partenaires des Nations Unies et du secteur
privé, comme nous le faisons dans cette Région, nous aurons un plus
grand impact.
Je voudrais vous dire aujourd'hui comment nous évaluons notre
activité dans la Région des Amériques, sur la base de quatre orientations
stratégiques mondiales.
Premièrement, nous devons réduire le surcroît de mortalité,
de morbidité et d'incapacité qui pèse spécialement sur les pauvres
et les populations marginalisées.
Sur de nombreux fronts, la Région des Amériques donne un exemple
d'espoir et d'optimisme. Par des interventions systématiques et
efficaces, elle a fait des progrès impressionnants dans le domaine de
la santé ces dernières années. Ces améliorations prouvent que des
batailles apparemment interminables contre des maladies toujours
victorieuses peuvent être gagnées, à condition d'appliquer une
approche systématique, axée sur les résultats.
Cela fait maintenant cinq ans que cette Région est exempte de
poliomyélite, ce qui constitue une véritable source d'inspiration
pour les pays et les Régions qui poursuivent la lutte contre le
fléau.
Malgré les bonnes raisons que nous avons de nous réjouir,
n'oublions pas que cette victoire reste fragile tant que la
poliomyélite continue de poser un problème ailleurs dans le monde.
Nous demandons instamment aux pays de ne pas relâcher leurs efforts
de surveillance. Dans un village mondial où il faut moins de
vingt-quatre heures pour se rendre dans un pays, quel qu'il soit,
aucun n'est à l'abri de la poliomyélite tant que tous ne sont pas
indemnes.
Nous aurons peut-être des raisons de célébrer bientôt une autre
grande victoire et une autre source d'inspiration, car la rougeole
pourrait être éliminée de cette Région l'an prochain.
Le paludisme continue de représenter un problème de santé majeur.
Dans trois semaines, beaucoup d'entre vous serez réunis à Lima pour
mettre au point une stratégie commune de lutte antipaludique dans le
bassin de l'Amazone. L'OMS présentera à cette réunion son
initiative Faire reculer le paludisme comme cadre de la stratégie
commune. Nous nous félicitons de la venue de cette réunion qui, j'en
suis sûre, jettera les bases nécessaires pour réduire la charge
économique, sociale et sanitaire du paludisme.
Monsieur le Président,
L'action mondiale contre le VIH/SIDA nécessitera des efforts
prolongés d'une très grande envergure. L'engagement de l'OMS est
inébranlable. Nous travaillons sur tous les fronts, de la sécurité
transfusionnelle et de la transmission mère-enfant aux traitements
antirétroviraux et aux soins aux personnes vivant avec le VIH et,
bien sûr, à la double épidémie de VIH et de tuberculose. Nous
encouragerons la mise au point de nouveaux médicaments et d'un vaccin
contre le VIH. Et nous soutiendrons toute solution qui mettra ces
innovations à la disposition de tous.
Je suis très encouragée par le fait que les ministères de la
santé de plusieurs pays de la Région fournissent gratuitement des
traitements antirétroviraux aux personnes vivant avec le VIH. Il
convient d'applaudir bien fort ces initiatives courageuses.
Parallèlement, des négociations intensives doivent être
poursuivies avec l'industrie pour trouver les moyens de fournir des
médicaments contre le VIH à tous ceux qui en ont besoin où qu'ils
vivent et qu'ils aient ou non les moyens de les acheter. Trois
objectifs stratégiques fondamentaux doivent être envisagés :
un prix abordable, des systèmes de santé fiables et un financement
adéquat.
L'initiative de l'OPS visant à mettre en place un fonds de
roulement pour les achats groupés d'antirétroviraux est une autre
option importante pour améliorer l'accès.
Il est également encourageant d'assister à la mise sur pied dans
la Région de programmes nationaux importants de lutte contre les
maladies sexuellement transmissibles. On peut considérer
l'élimination de la syphilis congénitale comme une cible que
beaucoup de pays pourront atteindre dans la Région au cours des cinq
prochaines années.
Deux interventions de santé publique doivent particulièrement
retenir l'attention : la première consiste à renforcer le
dépistage volontaire du VIH et le conseil comme point d'entrée de la
prévention du VIH pour réduire la transmission mère-enfant et
soigner les personnes infectées par le VIH.
La deuxième intervention est la nécessité urgente de renforcer
la prévention des infections sexuellement transmissibles et les soins
contre ces infections par les services des secteurs public et privé.
Même sans son mortel allié, le VIH, la tuberculose fait peser une
grave menace sur la santé dans le monde et une action urgente et
massive s'impose. J'ai fait du projet de lutte contre la tuberculose
une priorité. Le mois dernier, j'ai regroupé l'ensemble des efforts
de lutte antituberculeuse de l'OMS dans le cadre de l'initiative Halte
à la tuberculose. Ainsi l'initiative redoublera d'efforts pour
associer de nouveaux partenaires à la coalition contre le fléau et
s'efforcera de doubler les dépenses mondiales consacrées à la lutte
antituberculeuse au cours des trois prochaines années.
Dans de nombreux pays de la Région, le secteur public renforce le
dépistage de la tuberculose et les taux de guérison s'améliorent.
C'est maintenant le secteur privé qui est à la traîne. C'est le
secteur privé qui domine bien souvent les services de santé donnés
aux plus pauvres dans de nombreux pays et trop peu de malades de la
tuberculose reçoivent des soins adéquats. Nous devons associer le
secteur privé et les agences bénévoles à notre action pour que
notre stratégie DOTS de traitement de brève durée sous surveillance
directe porte ses fruits. Nous devons tous nous engager à porter à
100% avant 2005 la couverture par la stratégie DOTS.
Monsieur le Président,
Les progrès accomplis par la prise en charge intégrée des
maladies de l'enfant ont été impressionnants dans la Région, où
elle est appliquée par 19 pays. En Bolivie, le "Seguro
Basico de Salud" comprend les soins et le traitement gratuits des
enfants malades. C'est la première fois qu'un régime
d'assurance-maladie national couvre aussi explicitement la prise en
charge intégrée des maladies de l'enfant.
La Région a tellement bien réussi dans son entreprise de mise sur
pied d'un réseau de consultants qualifiés que d'autres Régions et
le Siège y ont recours pour promouvoir l'échange de données
d'expérience entre les Régions de l'OMS. Cette Région est
également devenue un centre pour la recherche clinique sur la prise
en charge intégrée des maladies de l'enfant et la mise au point de
matériel d'enseignement dans ce domaine. Il s'agit là de résultats
remarquables qui peuvent servir d'exemple aux autres Régions.
Nous intensifierons nos efforts en vue de réduire la mortalité
maternelle. Pour faire progresser la santé génésique, l'OMS a mis
au point une stratégie visant à réduire les risques liés à la
grossesse. L'initiative Pour une grossesse à moindre risque
encouragera les gouvernements ainsi que nos partenaires internationaux
à faire en sorte que la maternité sans risque figure en bonne place
parmi les préoccupations politiques. C'est une question de
responsabilité sociale et de simple bon sens économique.
La vaccination reste l'une des interventions de santé publique les
plus rentables. Au cours de l'année écoulée, la question des
vaccins et de la vaccination a été examinée par l'OMS avec ses
principaux partenaires - l'UNICEF, la Banque mondiale, les
donateurs bilatéraux et le secteur privé.
Nous avons décidé de mettre en place une alliance mondiale pour
les vaccins et la vaccination en vue d'intensifier l'effort de mise au
point de nouveaux vaccins et d'accroître les taux de vaccination dans
le monde entier. L'alliance sera dirigée par l'OMS pendant les deux
premières années.
Monsieur le Président,
J'en viens maintenant à la deuxième orientation
stratégique. Ce n'est pas seulement des maladies qu'il faut se
préoccuper. Il faut aussi faire face aux menaces potentielles pour
la santé qui résultent des crises économiques, de
l'insalubrité de l'environnement et des comportements à risque.
Nous devons mettre davantage l'accent sur la façon dont les
secteurs extrasanitaires ont un impact majeur sur la santé. Dans le
domaine de l'environnement, la pollution atmosphérique devient un
problème toujours croissant dans certaines villes de la Région. Pour
les dizaines de millions de personnes qui s'entassent dans les
bidonvilles de certaines grandes métropoles, les effets de la
pollution, du surpeuplement et des moyens d'assainissement
insuffisants constituent les plus grandes menaces pour la santé. Ni
les interventions sanitaires, ni la croissance économique ne peuvent
à elles seules résoudre ces problèmes. Il faudra une intervention
active des autorités - des politiques concertées de
développement durable et une exécution énergique des mesures prises -
avant d'assister à une amélioration significative de la situation
sanitaire des populations défavorisées en milieu urbain.
A propos de pollution atmosphérique, il existe une autre menace
- et pas des moindres - qui nous concerne déjà, une
épidémie émergente sur le point de frapper les pays en
développement. Je veux parler du tabagisme.
L'industrie du tabac a déclenché une offensive majeure, avec
comme cible de son attention et de son arsenal publicitaire les pays
en développement, et plus particulièrement les femmes et les enfants
de ces pays.
Les jeunes générations sont en train d'allumer la mèche et
l'explosion tuera un fumeur sur deux, ce qui fera peser de nouveaux
fardeaux coûteux et parfaitement évitables sur le secteur de la
santé.
Disons-le franchement, les adolescents se laissent attirer dans le
piège de la dépendance tabagique. Dans la plupart des pays, jusqu'à
neuf fumeurs dépendants sur dix affirment avoir commencé à fumer
avant l'âge de 18 ans. On ne peut parler dès lors de liberté
de choix : il s'agit bel et bien d'une violation des droits de
l'enfant.
Je suis très encouragée par l'action intentée par le
Département de la Justice des Etats-Unis la semaine dernière en vue
de compenser les coûts médicaux énormes que doit supporter le
système fédéral de santé du fait des maladies liées au tabac. La
façon dont les Etats puis le Gouvernement fédéral de ce pays
appellent un chat un chat ne peut qu'inspirer les gouvernements du
monde entier.
Pourtant, poursuivre les sociétés du tabac pour les préjudices
qu'elles provoquent ne suffit pas. Une législation stricte régissant
la publicité en faveur des produits du tabac et des campagnes
d'information sont nécessaires si nous voulons réduire la
prévalence du tabagisme dans nos populations.
En mai, l'Assemblée mondiale de la Santé a approuvé notre
travail en vue de l'élaboration d'une Convention-cadre de l'OMS pour
la lutte antitabac. Nous serons heureux d'accueillir les
représentants des Amériques à la réunion du groupe de travail sur
la Convention dans quelques semaines à Genève. Je me félicite tout
spécialement des recommandations de la réunion du groupe de travail
des juristes régionaux qui a eu lieu au Chili le mois dernier. Le
plan d'action triennal arrêté à cette réunion apportera une
contribution considérable aux travaux en vue de l'élaboration de la
Convention-cadre.
Monsieur le Président,
Le troisième axe stratégique concerne le système de
santé auquel l'OMS renouvellera son engagement.
Les systèmes de santé doivent se prévaloir des résultats
impressionnants de ces cinquante dernières années pour assurer la
protection de tous, dans les limites, bien sûr, fixées par les
ressources disponibles. Tel est le message clef du nouvel
universalisme que l'OMS a énoncé cette année dans son Rapport
sur la santé dans le monde. Nous devons fixer nos priorités
selon un processus basé sur des données factuelles, sur des
considérations éthiques et sur l'acceptabilité sociale. Nos
meilleurs espoirs résident dans un système de santé ayant pour
objectifs l'amélioration de l'état de santé et la reconnaissance
des inégalités face à la santé. Un système de santé qui réponde
aux besoins légitimes de la population. Un système qui protège les
gens contre les pertes financières dues aux dépenses de santé et
qui répartisse équitablement ce fardeau économique.
Les choix seront difficiles à faire : il ne s'agira pas
seulement de décider des services qui seront pris en charge, mais il
faudra trouver comment financer les soins de santé. Les soins de
santé sont payants, mais un système de solidarité fondé sur des
cotisations pèse moins sur les pauvres qu'un système fondé sur le
paiement direct des actes. Les systèmes de cotisation apparaissent de
plus en plus comme une politique efficace et équitable.
Les uns après les autres, les pays se tournent maintenant vers
l'OMS pour qu'elle les guide dans la réforme de leur secteur de la
santé. Ils veulent que nous leur disions comment faire face à
l'accroissement rapide des soins médicaux privés et mobiliser les
énergies du secteur privé à des fins publiques. Nous répondrons à
cet appel et nous sommes en train de renforcer considérablement nos
capacités pour y parvenir.
Nous devons comprendre pourquoi le système de santé d'un pays
obtient de meilleurs résultats qu'un autre. Le nouveau programme pour
la réforme des systèmes de santé doit s'appuyer sur une
compréhension plus aiguë des succès, des échecs et des meilleures
pratiques. Pour preuve de l'importance de ce sujet, le prochain Rapport
sur la santé dans le monde, 2000 lui sera entièrement consacré.
Monsieur le Président,
La quatrième orientation concerne le programme de
développement lui-même. Je me suis engagée à faire tout mon
possible pour placer la santé au coeur de ce programme.
La recherche montre bien que la maladie n'est pas seulement une des
conséquences de la pauvreté - elle peut également la provoquer.
Il est de plus en plus évident qu'une amélioration de la santé peut
briser la spirale. Des gens en meilleure santé et mieux nourris sont
plus productifs et peuvent concentrer leurs efforts sur
l'amélioration de leurs moyens d'existence.
Mesdames et Messieurs les Ministres,
En matière de développement, vous êtes confrontés à de
nombreux acteurs - et nous sommes tous confrontés à de nombreux
acteurs en matière de santé internationale. En tant que chef de file
dans le domaine de la santé avec un large mandat, l'OMS doit affiner
son rôle et déterminer les meilleurs moyens de servir ses Etats
Membres. Je voudrais vous faire part de certains des problèmes qui se
posent. Ils seront d'ailleurs portés à votre attention alors que
nous commençons la planification du budget pour l'exercice 2002-2003.
Dans chaque domaine - qu'il s'agisse
par exemple du VIH/SIDA ou des efforts en vue d'une grossesse à
moindre risque -, nous devons nous demander où se situe vraiment
l'avantage comparatif de l'OMS. Quelles sont les fonctions que nous
sommes le mieux à même de remplir ? Quelles sont les choses
qu'il vaut mieux laisser à d'autres organisations ? Nous
demander aussi quand nous pouvons faire appel à nos centres
collaborateurs.
L'OMS est une organisation technique, et non un grand donateur.
Nous devons nous considérer comme un catalyseur aux niveaux
national et international - nous forgeons des alliances et nous
dégageons des consensus dans des contextes nombreux et différents.
Ce rôle de catalyseur est au coeur même de toutes nos fonctions
essentielles et ce sera un thème dominant de l'établissement de
notre prochain budget.
Dans trop de pays, nos ressources sont réparties entre des
activités trop nombreuses et trop disparates, et il n'y a pas assez
de coordination entre nos activités. Nous sommes en train de changer
cela, et j'espère que vous nous soutiendrez dans cette tâche.
Monsieur le Président,
En conclusion, je tiens à faire quelques remarques sur la
résolution de l'Assemblée mondiale de la Santé concernant le budget
et sur les travaux en cours pour y donner suite. L'Assemblée a
décidé de ne pas compenser l'augmentation des coûts. Nous avons
été priés en outre de réorienter des ressources de domaines moins
prioritaires vers des domaines plus prioritaires.
Cela n'a pas été facile, mais je crois que nous avons trouvé une
solution réaliste tout en évitant d'interrompre des activités
essentielles.
Vous connaissez ma position : les tâches les plus importantes
de l'OMS concernent les pays, et nos budgets et nos efforts communs
reflètent ce fait. Le rééquilibrage du budget 2000-2001
n'entraînera pas de réduction des dépenses au niveau des pays.
L'ensemble de l'OMS peut néanmoins devenir plus efficace.
En examinant les mesures d'efficacité budgétaire possibles, j'ai
envisagé d'abord celles qui sont applicables à l'ensemble de l'OMS.
Par exemple, nous nous efforçons de réduire nos dépenses liées aux
déplacements et nous portons un regard critique sur ce que nous
publions et ce que nous achetons.
Dans l'ensemble, j'ai arrêté à ce stade un montant pour les
mesures d'efficacité qui est de l'ordre de US $50 à 60
millions, en me conformant aux demandes de l'Assemblée. Je vous
demanderai d'apporter votre coopération, en votre qualité de
ministre, lorsqu'il faudra déterminer dans vos pays vers quels
domaines prioritaires de la santé affecter les fonds ainsi libérés.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Nous sommes dans une Région de contrastes extrêmes - contrastes
géographiques puisqu'elle s'étend d'un pôle à l'autre, mais aussi
contrastes en matière de santé. Des systèmes de santé éminemment
équitables côtoient d'autres qui restent marqués par une grande
inégalité. La pauvreté côtoie des richesses considérables. En
matière de santé, les succès ont été nombreux, mais beaucoup de
politiques ont enregistré un échec.
Grands ou petits, riches ou pauvres, les pays de la Région ont
ensemble obtenu des succès remarquables. Cela est notamment dû à un
nouvel élan de respect des droits de l'homme et de la démocratie au
cours de la dernière décennie. Ces deux institutions fondamentales
sont cruciales pour améliorer la santé et réduire la pauvreté. Les
progrès de ces dernières années démontrent que ce n'est que si les
dirigeants s'engagent à respecter la volonté et les droits
fondamentaux de la population qu'un développement réel est possible.
Cette Région dispose des ressources humaines et financières pour
éradiquer la pauvreté et créer un monde où chacun jouisse des
droits fondamentaux à la santé et à l'alimentation. Quand j'observe
les progrès accomplis jusqu'ici, je suis optimiste. Je suis sûre que
vous réussirez et l'OMS est prête à vous soutenir dans cet effort.
Je vous remercie. |