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Office of the Director-General

World Health Organization
Organisation mondiale de la Santé

UPDATED: Mon Feb 18 16:59:04 2002

Dr. Gro Harlem Brundtland        
Directeur général
Organisation mondiale de la Santé

Genève,
1er décembre 1999

 

In English

Journée mondiale du SIDA : remarques liminaires

Mesdames et Messieurs les Représentants permanents,
Monsieur Scott,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,

C’est un grand plaisir pour moi de saluer tous ceux qui sont ici aujourd’hui, et aussi tous les membres du personnel des bureaux régionaux qui suivent par liaison vidéo cette commémoration de la Journée mondiale du SIDA de cette année.

Il y aura une Journée mondiale du SIDA, peut-être dans un avenir pas trop lointain, où nous pourrons vraiment célébrer une percée dans la lutte contre le fléau. Peut-être s’agira-t-il d’un vaccin, peut-être d’un traitement efficace dont le coût sera abordable, ou encore des deux choses à la fois, avec aussi des politiques nationales judicieuses et une modification des comportements individuels permettant d’inverser la tendance actuelle dévastatrice de la courbe de l’infection par le VIH dans de nombreux pays. Cette percée n’est peut-être pas pour tout de suite, mais je suis sûre qu’elle viendra.

En attendant, il y a aussi de petites victoires. Parmi les chiffres dramatiques que nous avons publiés la semaine dernière, ces victoires sont apparentes. Grâce à des politiques réalistes et courageuses, privilégiant la prévention chez l’adolescent, plusieurs pays sont parvenus à réduire leur taux d’infection par le VIH.

Certains dirigeants n’ont pas peur de parler et se comportent en véritables responsables. Certains pays jouent le rôle de chefs de file dans la mise au point d’un vaccin contre le VIH, et certains ont fait preuve d’ingéniosité pour améliorer les soins et l’aide aux personnes vivant avec le SIDA. Certains médicaments ont donné des résultats prometteurs dans la réduction de la transmission mère/enfant du VIH.

L’engagement de l’OMS en faveur de la riposte mondiale face au VIH/SIDA est inébranlable dans le large domaine de la prévention, qui concerne aussi bien la sécurité transfusionnelle et la transmission mère/enfant que les soins aux personnes vivant avec le VIH et, bien entendu, la lutte contre la double épidémie du VIH et de la tuberculose. Nous continuerons de nous engager en faveur de la mise au point de nouveaux médicaments et d’un plus large accès aux médicaments, pour arriver à terme à la découverte d’un vaccin sûr et efficace contre le VIH.

Nous avons reconnu la nécessité d’intensifier nos efforts, de focaliser notre attention et de veiller à ce que le VIH/SIDA continue de figurer en bonne place dans le programme international de santé publique. Au cours de l’année écoulée, nous avons mis en place un programme de plus en plus ciblé de travail sur le VIH/SIDA. Toute l’Organisation s’est mobilisée.

En tant qu’organisme coparrainant de l’ONUSIDA, l’OMS s’efforce de renforcer la capacité du secteur de la santé dans les pays de faire face à l’épidémie. Les autorités nationales et internationales et la communauté des donateurs renouvellent leur engagement contre la crise réelle qui se développe, surtout dans les pays d’Afrique australe où l’espérance de vie a peut-être reculé de 10 à 15 ans à cause du SIDA.

Cette année, la Journée mondiale du SIDA concerne les enfants et les jeunes.

En 1998, 2,5 millions de jeunes de 15 à 24 ans dans le monde ont été infectés par le VIH, ce qui représente une nouvelle infection sur deux. Sur les 34 millions de personnes vivant avec le VIH/SIDA, les jeunes représentent environ le tiers.

Les jeunes sont au centre de l’épidémie de VIH. L’épidémie ne pourra être endiguée, et la tendance inversée, que si elle est maîtrisée chez les jeunes. Ce sont les jeunes qui sont les plus exposés à l’infection et qui présentent les taux d’infection les plus élevés.

De nombreux jeunes voient la possibilité de grandir et de parvenir à l’âge adulte dans un environnement sûr et favorable brisée par le SIDA. Beaucoup doivent s’occuper de parents et de frères et soeurs vivant avec l’infection et, en plus, assurer la survie économique de la famille. Beaucoup perdront prématurément un de leurs parents ou les deux à cause du VIH/SIDA dans des pays où il n’existe pas de filet de sécurité pour cette nouvelle vague d’orphelins.

Mais ce sont aussi les jeunes qui offrent le meilleur espoir et les meilleures forces en vue d’un changement. Leur participation pour assurer et améliorer leur propre accès à l’information, aux compétences, aux activités de conseil et aux services de santé doit être reconnue et appuyée de plus en plus par les gouvernements et les ONG du monde entier.

Pourquoi mettre l’accent sur les jeunes à l’occasion de la Journée mondiale du SIDA cette année ?

Parce que les adolescents sont différents du reste de la population, tant en ce qui concerne leur comportement que leur attitude face au risque. Les adolescents font l’expérience de comportements nouveaux qui s’inscrivent dans le cadre d’un développement normal. Parfois, ces comportements les exposent à un risque accru.

Les adolescents sont vulnérables non seulement parce qu’ils sont plus exposés à tout un éventail de problèmes sanitaires et sociaux, mais aussi parce qu’il leur est parfois plus difficile de demander de l’aide. Souvent, les agents de santé sont mal équipés pour répondre à leurs besoins particuliers.

Nous savons que les jeunes filles sont particulièrement vulnérables à l’infection par le VIH pour des raisons aussi bien biologiques et culturelles que socio-économiques.

Les contacts sexuels commencent souvent avant que les jeunes ne disposent des informations et des compétences nécessaires pour se protéger. Dans une étude effectuée au Brésil, 25 % des adolescentes indiquent qu’elles ont eu leurs premiers rapports sexuels avant l’âge de 13 ans.

La pauvreté, l’urbanisation, la dégradation de l’environnement, la discrimination et les troubles sociaux sont autant de facteurs qui touchent de façon disproportionnée les jeunes – ce qui accroît le stress à un moment charnière de leur développement physique, affectif et social. Et, sombre constatation, la vulnérabilité croissante s’accompagne d’un risque croissant d’infection par le VIH.

Mais les jeunes détiennent également la clé du ralentissement de l’épidémie. L’OMS s’est engagée à réduire la vulnérabilité et le risque auxquels les jeunes sont exposés partout.

  • Des stratégies sont mises au point pour intégrer le dépistage volontaire et le conseil dans les services de santé et les autres organismes axés sur les jeunes. L’OMS appuie une initiative dans plusieurs pays africains où les jeunes eux-mêmes s’attachent à promouvoir le dépistage volontaire et le conseil auprès de leurs camarades.

  • Six pays sont en train d’éprouver l’introduction à l’école de services de santé génésique à l’écoute des jeunes, associés à des mesures de prévention et de soins concernant le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles.

  • L’évaluation rapide et des méthodes de riposte ont été mises au point pour déterminer l’ampleur du phénomène de la toxicomanie par injection et y faire face, surtout chez les jeunes particulièrement vulnérables ; le comportement sexuel à risque associé à l’utilisation de certaines substances retient également l’attention. Une formation à ces méthodes a été fournie à des ressortissants de plus d’une cinquantaine de pays et des ateliers ont été organisés au Brésil, aux Etats-Unis d’Amérique, au Kazakhstan, en Malaisie et en Suisse.

Toute une série d’activités sont entreprises par les gouvernements, les groupes communautaires et les ONG en contact étroit avec les jeunes. Mais l’ensemble des efforts consentis ne suffit pas. Nous devons faire beaucoup plus pour protéger les jeunes et nous prévaloir de leur potentiel de jouer le rôle d’agents du changement auprès de leurs camarades et de leurs frères et soeurs plus jeunes.

La communauté internationale s’est fixé des cibles ambitieuses : réduire les infections par le VIH chez les jeunes de 25 % dans les pays les plus infectés d’ici 2005 et de 25 % dans le monde d’ici 2010.

L’OMS va accroître sa contribution pour atteindre ces cibles – nous ne pouvons laisser l’avenir des jeunes être gâché par le VIH. Nous comptons sur eux pour rajeunir nos sociétés et ils doivent être en bonne santé, protégés du VIH, pour pouvoir s’épanouir pleinement dans le nouveau millénaire.

Je vous remercie.

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