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Mesdames et Messieurs les Représentants
permanents,
Monsieur Scott,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,
C’est un grand plaisir pour moi de saluer tous
ceux qui sont ici aujourd’hui, et aussi tous les membres du
personnel des bureaux régionaux qui suivent par liaison vidéo cette
commémoration de la Journée mondiale du SIDA de cette année.
Il y aura une Journée mondiale du SIDA, peut-être
dans un avenir pas trop lointain, où nous pourrons vraiment
célébrer une percée dans la lutte contre le fléau. Peut-être s’agira-t-il
d’un vaccin, peut-être d’un traitement efficace dont le coût
sera abordable, ou encore des deux choses à la fois, avec aussi des
politiques nationales judicieuses et une modification des
comportements individuels permettant d’inverser la tendance actuelle
dévastatrice de la courbe de l’infection par le VIH dans de
nombreux pays. Cette percée n’est peut-être pas pour tout de
suite, mais je suis sûre qu’elle viendra.
En attendant, il y a aussi de petites victoires.
Parmi les chiffres dramatiques que nous avons publiés la semaine
dernière, ces victoires sont apparentes. Grâce à des politiques
réalistes et courageuses, privilégiant la prévention chez l’adolescent,
plusieurs pays sont parvenus à réduire leur taux d’infection par
le VIH.
Certains dirigeants n’ont pas peur de parler et
se comportent en véritables responsables. Certains pays jouent le
rôle de chefs de file dans la mise au point d’un vaccin contre le
VIH, et certains ont fait preuve d’ingéniosité pour améliorer les
soins et l’aide aux personnes vivant avec le SIDA. Certains
médicaments ont donné des résultats prometteurs dans la réduction
de la transmission mère/enfant du VIH.
L’engagement de l’OMS en faveur de la riposte
mondiale face au VIH/SIDA est inébranlable dans le large domaine de
la prévention, qui concerne aussi bien la sécurité transfusionnelle
et la transmission mère/enfant que les soins aux personnes vivant
avec le VIH et, bien entendu, la lutte contre la double épidémie du
VIH et de la tuberculose. Nous continuerons de nous engager en faveur
de la mise au point de nouveaux médicaments et d’un plus large
accès aux médicaments, pour arriver à terme à la découverte d’un
vaccin sûr et efficace contre le VIH.
Nous avons reconnu la nécessité d’intensifier
nos efforts, de focaliser notre attention et de veiller à ce que le
VIH/SIDA continue de figurer en bonne place dans le programme
international de santé publique. Au cours de l’année écoulée,
nous avons mis en place un programme de plus en plus ciblé de travail
sur le VIH/SIDA. Toute l’Organisation s’est mobilisée.
En tant qu’organisme coparrainant de l’ONUSIDA,
l’OMS s’efforce de renforcer la capacité du secteur de la santé
dans les pays de faire face à l’épidémie. Les autorités
nationales et internationales et la communauté des donateurs
renouvellent leur engagement contre la crise réelle qui se développe,
surtout dans les pays d’Afrique australe où l’espérance de vie a
peut-être reculé de 10 à 15 ans à cause du SIDA.
Cette année, la Journée mondiale du SIDA concerne
les enfants et les jeunes.
En 1998, 2,5 millions de jeunes de 15 à
24 ans dans le monde ont été infectés par le VIH, ce qui
représente une nouvelle infection sur deux. Sur les 34 millions
de personnes vivant avec le VIH/SIDA, les jeunes représentent environ
le tiers.
Les jeunes sont au centre de l’épidémie de VIH.
L’épidémie ne pourra être endiguée, et la tendance inversée,
que si elle est maîtrisée chez les jeunes. Ce sont les jeunes qui
sont les plus exposés à l’infection et qui présentent les taux d’infection
les plus élevés.
De nombreux jeunes voient la possibilité de
grandir et de parvenir à l’âge adulte dans un environnement sûr
et favorable brisée par le SIDA. Beaucoup doivent s’occuper de
parents et de frères et soeurs vivant avec l’infection et, en plus,
assurer la survie économique de la famille. Beaucoup perdront
prématurément un de leurs parents ou les deux à cause du VIH/SIDA
dans des pays où il n’existe pas de filet de sécurité pour cette
nouvelle vague d’orphelins.
Mais ce sont aussi les jeunes qui offrent le
meilleur espoir et les meilleures forces en vue d’un changement.
Leur participation pour assurer et améliorer leur propre accès à l’information,
aux compétences, aux activités de conseil et aux services de santé
doit être reconnue et appuyée de plus en plus par les gouvernements
et les ONG du monde entier.
Pourquoi mettre l’accent sur les jeunes à l’occasion
de la Journée mondiale du SIDA cette année ?
Parce que les adolescents sont différents du reste
de la population, tant en ce qui concerne leur comportement que leur
attitude face au risque. Les adolescents font l’expérience de
comportements nouveaux qui s’inscrivent dans le cadre d’un
développement normal. Parfois, ces comportements les exposent à un
risque accru.
Les adolescents sont vulnérables non seulement
parce qu’ils sont plus exposés à tout un éventail de problèmes
sanitaires et sociaux, mais aussi parce qu’il leur est parfois plus
difficile de demander de l’aide. Souvent, les agents de santé sont
mal équipés pour répondre à leurs besoins particuliers.
Nous savons que les jeunes filles sont
particulièrement vulnérables à l’infection par le VIH pour des
raisons aussi bien biologiques et culturelles que socio-économiques.
Les contacts sexuels commencent souvent avant que
les jeunes ne disposent des informations et des compétences
nécessaires pour se protéger. Dans une étude effectuée au Brésil,
25 % des adolescentes indiquent qu’elles ont eu leurs premiers
rapports sexuels avant l’âge de 13 ans.
La pauvreté, l’urbanisation, la dégradation de
l’environnement, la discrimination et les troubles sociaux sont
autant de facteurs qui touchent de façon disproportionnée les jeunes
– ce qui accroît le stress à un moment charnière de leur
développement physique, affectif et social. Et, sombre constatation,
la vulnérabilité croissante s’accompagne d’un risque croissant d’infection
par le VIH.
Mais les jeunes détiennent également la clé du
ralentissement de l’épidémie. L’OMS s’est engagée à réduire
la vulnérabilité et le risque auxquels les jeunes sont exposés
partout.
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Des stratégies sont mises au point pour intégrer
le dépistage volontaire et le conseil dans les services de santé et
les autres organismes axés sur les jeunes. L’OMS appuie une
initiative dans plusieurs pays africains où les jeunes eux-mêmes s’attachent
à promouvoir le dépistage volontaire et le conseil auprès de leurs
camarades.
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Six pays sont en train d’éprouver l’introduction
à l’école de services de santé génésique à l’écoute des
jeunes, associés à des mesures de prévention et de soins concernant
le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles.
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L’évaluation rapide et des méthodes de riposte
ont été mises au point pour déterminer l’ampleur du phénomène
de la toxicomanie par injection et y faire face, surtout chez les
jeunes particulièrement vulnérables ; le comportement sexuel à
risque associé à l’utilisation de certaines substances retient
également l’attention. Une formation à ces méthodes a été
fournie à des ressortissants de plus d’une cinquantaine de pays et
des ateliers ont été organisés au Brésil, aux Etats-Unis d’Amérique,
au Kazakhstan, en Malaisie et en Suisse.
Toute une série d’activités sont entreprises
par les gouvernements, les groupes communautaires et les ONG en
contact étroit avec les jeunes. Mais l’ensemble des efforts
consentis ne suffit pas. Nous devons faire beaucoup plus pour
protéger les jeunes et nous prévaloir de leur potentiel de jouer le
rôle d’agents du changement auprès de leurs camarades et de leurs
frères et soeurs plus jeunes.
La communauté internationale s’est fixé des
cibles ambitieuses : réduire les infections par le VIH chez les
jeunes de 25 % dans les pays les plus infectés d’ici 2005 et
de 25 % dans le monde d’ici 2010.
L’OMS va accroître sa contribution pour
atteindre ces cibles – nous ne pouvons laisser l’avenir des jeunes
être gâché par le VIH. Nous comptons sur eux pour rajeunir nos
sociétés et ils doivent être en bonne santé, protégés du VIH,
pour pouvoir s’épanouir pleinement dans le nouveau millénaire.
Je vous remercie.
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