Dracunculose

L’OMS exhorte les pays où la dracunculose est endémique à interrompre la transmission d’ici 2015

Les principales difficultés sont l’insécurité et l’accès aux zones d’endémie
21 mai 2014 | Genève


L’heure était à l’optimisme et l’on pouvait même ressentir une certaine jubilation parmi les participants réunis dans l’atmosphère solennelle de la Salle XXII du Palais des Nations, à Genève.

« Je n’ai jamais vu autant de monde à une réunion informelle sur la dracunculose », a dit le Dr Alhousseini Maiga, Conseiller régional pour l’éradication de la dracunculose en Afrique et point focal pour les maladies tropicales négligées, qui prend cette année sa retraite de l’OMS après 25 ans de carrière.

L’affiche installée à l’extérieur de la salle de réunion donnait le ton.

Elle montre un enfant dans l’attente – celle sans doute de l’annonce de la fin de la dracunculose. Son message – « Zéro transmission en 2015 » – fait écho à la cible de la feuille de route de l’OMS sur les MTN : éradiquer cette maladie de la surface du globe. Et le slogan résume la situation actuelle : « Une occasion historique, des défis nouveaux, une détermination inébranlable ».

La réunion informelle de cette année s’est distinguée par la présence du Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, le Dr Luís Gomes Sambo, et du Directeur général de l’OMS, le Dr Margaret Chan.

Leur message : les ministres de la santé des quatre pays d’endémie restants devraient soutenir activement leurs équipes en faisant personnellement la promotion du programme d’éradication et en renforçant leur détermination à vaincre la maladie.

Dans une salle bondée, les participants ont écouté les ministres de la santé et les délégations s’exprimer sur les progrès accomplis et les défis à relever. Le Ministre de la Santé de l’Éthiopie et le Ministre de la Santé de l’État de l’Équatoria oriental (Soudan du Sud) ont fait part de leur engagement personnel et indiqué qu’ils avaient personnellement visité les zones d’endémie de leur pays.

Des représentants de pays récemment certifiés exempts de transmission ayant une frontière commune avec d’autres où la transmission est en cours ont expliqué comment la surveillance se poursuit en vue d’éviter toute réintroduction de l’infection.

Les représentants de certains pays où la transmission se poursuit (Soudan du Sud, par exemple) ont indiqué que le nombre de cas avait connu un recul historique, qu’il fallait fournir de l’eau potable sûre aux populations rurales et qu’il était important d’améliorer les routes pour permettre aux équipes sanitaires d’accéder aux zones d’endémie.

Le représentant du Mali a rappelé son engagement à interrompre la transmission ; celui du Tchad a promis de prendre toutes les mesures nécessaires pour le confinement des cas ; celui de l’Éthiopie a plaidé pour un suivi et une surveillance solides, après six mois passés sans aucun cas notifié ; tandis que le représentant du Pakistan (pays qui a éradiqué la dracunculose en 1993) a expliqué comment le programme a permis à son pays d’être l’un des premiers certifié exempt.

Avec 148 cas notifiés à l’OMS en 2013, et 11 de janvier à avril 2014, on peut désormais s’attendre à ce que soit annoncée l’« interruption de la transmission » de ce fléau qui sévit depuis si longtemps.


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