Dracunculiasis

La campagne d’éradication mondiale

La dracunculose est la première parasitose promise à l’éradication


La dracunculose est une maladie que l’on peut éradiquer pour les raisons suivantes :

  • le diagnostic est facile, sans ambiguïté (il se fonde sur la reconnaissance visuelle du ver à son émergence) ;
  • l’hôte intermédiaire de D. medinensis (Cyclops sp.) ne se trouve pas dans l’air (comme un moustique) ; au contraire il ne se rencontre que dans les eaux stagnantes ;
  • les interventions de lutte sont simples, efficaces pour un faible coût et relativement faciles à mettre en œuvre ;
  • la maladie a une répartition géographique limitée et la transmission est saisonnière ;
  • il n’y a pas de réservoir connu chez l’animal ;
  • il y a une volonté politique des gouvernements ;
  • plusieurs pays en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient ont réussi à éliminer cette maladie.

Le chemin parcouru vers l’éradication

En mai 1981, le Comité directeur inter-institutions pour la coopération dans le cadre de la Décennie internationale de l’eau potable et de l’assainissement (1981-1990) a proposé que l’élimination de la dracunculose soit un indicateur du succès de cette Décennie.

La même année, l’Assemblée mondiale de la Santé, organe directeur de l’OMS, a adopté la résolution WHA34.25, où elle reconnaît que la Décennie internationale de l’eau potable et de l’assainissement offre l’occasion d’éliminer la dracunculose.

Cela a conduit l’OMS et les « Centers for Disease Control and Prevention » des États-Unis d’Amérique (CDC) à formuler une stratégie et des lignes directrices techniques pour une campagne d’éradication.

En 1986, le Carter Center s’est également engagé dans la lutte contre cette maladie et, depuis, il est en première ligne pour les activités d’éradication, en partenariat avec l’OMS et l’UNICEF.

En vue d'entrer dans la dernière ligne droite, l’Assemblée mondiale de la Santé a, par sa résolution WHA 64.16 en 2011, appelé tous les États Membres où la dracunculose est endémique, à accélérer l’interruption de la transmission et à renforcer la surveillance nationale afin d’éradiquer la maladie.

La stratégie d’éradication recommandée par l’OMS en collaboration avec ses principaux partenaires (l’UNICEF, les CDC et le Carter Center) comporte les points suivants :

  • cartographie de tous les villages d’endémie et mise en place de systèmes de surveillance à assise communautaire dans tous les villages d’endémie connus, avec détection et notification immédiates de tous les cas, supervision et intégration de la surveillance avec d’autres grandes maladies évitables. Pour en savoir plus;
  • mise en œuvre de mesures efficaces pour le confinement des cas dans tous les villages d’endémie. Pour en savoir plus;
  • mise en œuvre d’interventions spécifiques comme l’accès à de l’eau de boissson saine, l’éducation sanitaire, la mobilisation des communautés, les filtres et la lutte anti vectorielle, avec un insecticide, le téméphos (Abate®), dans les sources d’eau potentiellement insalubres ;
  • régularité des rapports, même lorsqu’il y a zéro cas, et maintien des bases de données aux niveaux mondial et national sur la dracunculose pour le suivi de la situation épidémiologique ;
  • consolidation du plaidoyer pour l’éradication de la maladie ;
  • gestion du processus de certification pays par pays en vue de l’éradication mondiale.

La dracunculose dans l’actualité