Bibliothèque électronique de données factuelles pour les interventions nutritionnelles (eLENA)

Traitement initial de la déshydratation en cas de malnutrition aiguë sévère

Fondements biologiques, comportementaux et contextuels

Ashley Carmichael
Avril 2011

La déshydratation est définie comme l’état résultant d’une perte excessive de liquide corporel 1. La déshydratation est définie comme l’état résultant d’une perte excessive de liquide corporel 2. La malnutrition aiguë sévère et la diarrhée forment un cercle vicieux, car chacune aggrave l’autre et renforce le risque qu’elle apparaisse.

Les maladies diarrhéiques sont provoquées par le manque d’hygiène et le contact avec des aliments ou de l’eau contaminés. Elles sont courantes dans les pays en développement, où environ un milliard de personnes n’ont pas accès à de l’eau salubre et 2,5 milliards d’individus sont privés d’un assainissement de base 2. Chaque année, on recense deux milliards de cas de maladies diarrhéiques dans le monde, qui tuent environ 1,5 million d’enfants2.

En présence d’une malnutrition aiguë sévère, la déshydratation peut être difficile à identifier, car nombre de ses signes caractéristiques, comme la perte d’élasticité de la peau, ne sont pas fiables 3. Les indicateurs utiles sont notamment : une grande soif, l’épuisement, des extrémités froides et moites, un pouls radial faible ou absent et un flux urinaire réduit ou absent 3. Afin de pouvoir administrer un traitement approprié, il importe de faire la distinction entre la déshydratation et le choc septique, qui présentent plusieurs symptômes communs. L’historique de la diarrhée indique que l’on se trouve ne présence d’une déshydratation, qui peut être traitée 3.

On repère la déshydratation de la même manière pour toutes les maladies diarrhéiques. Cependant, aux fins du traitement, il faut faire la distinction entre une déshydratation causée par le choléra ou par d’autres maladies diarrhéiques. Le choléra se caractérise par une diarrhée liquide aiguë et peut tuer une personne en bonne santé en quelques heures 4.

Dans les zones où la malnutrition aiguë sévère est un problème, on utilise des programmes en plusieurs étapes. La déshydratation légère, modérée et sévère, qui correspond à la troisième étape du traitement initial de la malnutrition aiguë sévère, est prise en charge à l’hôpital.

La déshydratation légère à modérée se caractérise par la soif, une agitation ou de l’irritabilité, des yeux normaux ou légèrement enfoncés et un creusement de la fontanelle chez les nourrissons. Parmi les signes de déshydratation sévère, on note la léthargie ou l’inconscience, des difficultés à boire ou l’incapacité de boire, l’absence de miction, des extrémités froides et moites, une pression artérielle faible ou indétectable et un pouls rapide et faible 5.

Chez les patients atteints de malnutrition aiguë sévère, la déshydratation légère et modérée causée spécifiquement par le choléra doit être traitée immédiatement avec des sels de réhydratation orale (SRO) 4. Ces derniers se présentent sous forme liquide et contiennent du sel, du sucre, du chlorure et du citrate de potassium. Ils permettent de reconstituer les liquides corporels et les électrolytes perdus, cause de la déshydratation 6.

En présence d’une malnutrition aiguë sévère, lorsque la déshydratation est causée par d’autres maladies diarrhéiques, elle doit être traitée avec une formule SRO modifiée appelée ReSoMal (solution spéciale de réhydratation pour la malnutrition) 3. On a opté pour un traitement différent car des recherches ont montré que le ratio sodium/potassium dans les SRO était trop élevé pour les personnes déshydratées atteintes d’une malnutrition aiguë sévère provoquée par une maladie diarrhéique autre que le choléra. Cette solution risquerait de surcharger le cœur et de provoquer une insuffisance cardiaques 7. Par conséquent, ReSoMal est la solution que l’on doit administrer pour traiter toutes les causes de déshydratation autres que le choléra. Sa teneur en potassium est plus élevée et celle en sodium plus basse que celles des SRO 7.

Quel que soit le traitement de réhydratation retenu, la voie orale est le mode d’administration privilégié pour les adultes comme pour les enfants. Cependant, si un enfant a des difficultés à boire, on peut utiliser une sonde nasogastrique. Une déshydratation sévère causée par le choléra doit en revanche être traitée par voie intraveineuse 3. Pendant la réhydratation, il importe également de continuer d’alimenter un nourrisson et sa mère doit continuer de lui donner le sein 3.

Les signes montrant que la réhydratation a réussi sont la miction, l’absence de soif et l’absence d’autres indicateurs de la déshydratation 3. Il faut continuer à administrer des liquides afin de poursuivre l’hydratation jusqu’à ce que la diarrhée cesse 3.


Références

1 Dorland. Dorland's illustrated medical dictionary. Philadelphie, W.B. Saunders, 2007.

2 La diarrhée - Aide-mémoire. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2009.

3 La prise en charge de la malnutrition sévère : Manuel à l’usage des médecins et autres personnels de santé à des postes d’encadrement. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1999.

4 WHO position paper on oral rehydration salts to reduce mortality from cholera. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2009.

5 Traitement de la diarrhée : manuel à l'usage des médecins et autres personnels de santé qualifiés (4e rév.) Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2005.

6 New formulation of oral rehydration salts (ORS) with reduced osmolarity. The United Nations Childrens’ Fund Supply Division, 2004 (Technical Bulletin, No. 9).

7 Golden MHN. Severe malnutrition. In: Weatherall DJ, Ledingham JGG, Warell DA eds. The Oxford textbook of medicine. Oxford, Oxford University Press, 1996:1278–1296.

8 Severe malnutrition: report of a consultation to review current literature. Geneva, World Health Organization, 2004.

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