Iraq: Note d'information OMS sur la santé
Le secteur de la santé en Iraq met l’accent sur le programme visant à faire redémarrer le système de santé qui comprend différents éléments, et notamment les programmes de formation, la surveillance des maladies, la distribution de médicaments et la recherche de solutions aux problèmes de sécurité dans les hôpitaux, les magasins et les autres installations de santé.
Surveillance des maladies transmissibles et formation
Depuis quelques semaines, l’OMS signale des flambées de choléra et de leishmaniose dans le sud de l’Iraq. Nous venons de mener à bien un cours de formation d’urgence à Bassora. L’atelier sur le système de surveillance des maladies et d’information pour la santé a mis l’accent sur la collecte d’informations fiables concernant les symptômes et les flambées de maladies infectieuses. L’atelier, qui a duré trois jours et qui a eu lieu à l’hôpital de la Mère et de l’Enfant à Bassora, était destiné aux directeurs de districts sanitaires ainsi qu’aux collaborateurs des centres de lutte contre la maladie à Bassora et à Bagdad. D’autres ateliers seront organisés pour évaluer les mesures de surveillance des maladies en général. En septembre dernier, en prévision du risque de conflit, l’OMS a formé des épidémiologistes iraquiens de différents gouvernorats à la surveillance et à la maîtrise des maladies transmissibles. L’atelier constituait une suite logique et une extension de ces activités. A la suite de l’atelier, les 82 centres de santé et 10 hôpitaux du gouvernorat de Bassora feront un rapport hebdomadaire sur la rougeole, la coqueluche, la fièvre typhoïde, la diarrhée aqueuse ou sanglante, le choléra, la leishmaniose et les traumatismes dus à l’explosion de mines et de matériel de guerre. Plus d’une vingtaine de maladies figurent sur un formulaire qui a été mis au point par l’OMS et accepté par l’ensemble des partenaires. La surveillance sera également étendue aux trois autres gouvernorats du sud (Missan, Thi Qar et Muthana). L’OMS se rendra dans ces villes cette semaine encore pour évaluer la situation sanitaire et aider les autorités locales à reprendre les activités de surveillance.
L’OMS collabore avec les responsables et les médecins de l’autorité sanitaire pour remettre en état le système de surveillance dans différentes villes et différents gouvernorats, et à terme dans l’ensemble du pays. L’Iraq disposait de moyens efficaces de surveillance des maladies avant le récent conflit, mais l’effondrement de l’autorité centrale a rapidement désorganisé le système. Dans un premier temps, un certain nombre de sites sentinelles ont été chargés de rassembler et de transmettre des informations sur les patients examinés dans les différents hôpitaux et centres de santé. Cette mesure a vite fait ses preuves et permis d’alerter les autorités sanitaires à des flambées localisées, notamment des flambées limitées de rougeole, des cas de choléra à Bassora et un cas confirmé de choléra à Bagdad. Les sites sentinelles sont en train d’être renforcés et les données issues de la surveillance systématique sont à nouveau recueillies dans une grande partie du pays. Des rapports périodiques sont fournis par tous les gouvernorats sauf deux. En ce qui concerne les infections, l’information fournie confirme que les maladies diarrhéiques, surtout chez l’enfant, et les infections des voies respiratoires supérieures sont les problèmes les plus importants en Iraq. On a également identifié un cas possible de paludisme dans le gouvernorat de Diyala, au nord de Bagdad, et les analyses nécessaires sont en cours.
Distribution de médicaments
L’organisme public chargé de l’approvisionnement en médicaments et de leur distribution, Kimadia, a été pillé à la fin du récent conflit. Ce ne sont pas seulement les médicaments qui ont été volés, mais les pillards ont mis à sac les magasins et les bureaux, s’en prenant aussi bien aux ordinateurs qu’aux portes ou aux fenêtres. On est en train de remettre rapidement les choses en place. L’OMS a contribué à la fourniture de matériel informatique et de fonds. Les médicaments sont déjà distribués plus régulièrement. Neuf convois majeurs ont quitté Bagdad pour les gouvernorats et le système de communication et de coordination des besoins de médicaments et d’autres fournitures est en train d’être relancé. Chaque convoi est accompagné de véhicules et de forces de l’Autorité qui assurent les conditions de sécurité indispensables. Le système de gestion informatisé « Micro Drug » est lui aussi en train d’être remis en place. Un pharmacien de l’OMS à Bassora assure la coordination avec les responsables du magasin central afin d’identifier les besoins des quatre gouvernorats du sud, y compris celui de Bassora. Il s’efforce d’accélérer la distribution des médicaments aux installations de santé dans l’ensemble du gouvernorat. Hier, en compagnie d’un collègue du magasin, il s’est rendu dans quatre hôpitaux pour évaluer les stocks disponibles.
Sécurité des installations sanitaires
Le processus de recrutement et de formation de gardiens chargés de garantir la sécurité dans les hôpitaux, les magasins et les autres installations a commencé. D’énormes problèmes ont surgi concernant la sécurité dans les installations de santé depuis la fin du conflit et il faut d’urgence en assurer la garde. Initialement, on engagera et l’on formera 104 gardiens qui constitueront la première partie d’une équipe de sécurité dont les effectifs atteindront 3000 personnes à terme et qui veillera à la sécurité des principaux hôpitaux et entrepôts médicaux à Bagdad et dans l’ensemble de l’Iraq. Il s’agit là malheureusement d’une priorité majeure, car sans sécurité le système de santé ne peut pas être opérationnel. De nombreux médecins, infirmières, livreurs et autres collaborateurs ont été menacés dans l’exercice de leurs fonctions. Il faut les protéger pour qu’ils puissent continuer à accomplir leur travail indispensable.
Pour plus d’informations, s’adresser à Fadela Chaib à Bassora (téléphone : +88 216 33 33 0739) ou à Iain Simpson à Genève (téléphone : +4122 791 3215).