500 tonnes de fournitures médicales acheminées à Bagdad cette semaine – y compris l’insuline dont 250 000 diabétiques ont besoin d’urgence

Bagdad
11 juillet 2003

L’équivalent de quarante camions de fournitures médicales, expédiées au titre du programme nourriture contre pétrole par l’Organisation mondiale de la Santé depuis Amman, est arrivé sans encombre à Bagdad cette semaine. La cargaison, d’un poids total de 500 tonnes, comprenait des produits absolument indispensables tels que de l’insuline, des liquides intraveineux (liquides IV), des antiseptiques, des réactifs de laboratoire et d’autres articles médicaux en quantité suffisante pour couvrir les besoins prévus des Irakiens jusqu’à la fin du mois d’août. Les principaux entrepôts distribueront les fournitures et les médicaments aux 18 gouvernorats, y compris Bagdad, au fur et à mesure des besoins.

  • L’insuline expédiée permettra de couvrir les besoins initiaux de plus de 250 000 diabétiques.
  • Les liquides intraveineux serviront à soigner la déshydratation et les maladies diarrhéiques, qui sont responsables du cinquième de la morbidité dans le pays.
  • Les réactifs de laboratoire seront utilisés pour les examens de laboratoire essentiels.
  • Les antiseptiques et les produits désinfectants serviront dans les salles d’opération, les hôpitaux et les établissements de santé où sont utilisés des instruments chirurgicaux et médicaux.

La détérioration du système national d’approvisionnement pharmaceutique est due à la guerre et à ses retombées immédiates. Les systèmes informatisés et manuels de gestion des stocks ayant été détruits, il a été difficile d’établir le niveau des stocks existants et de planifier convenablement les distributions aux entrepôts des gouvernorats.

La réhabilitation d’urgence des principaux entrepôts KIMADIA est désormais en cours, de même que le rétablissement du système informatisé de gestion des stocks, complété par une vérification ponctuelle des stocks. Ainsi, l’approvisionnement en médicaments au niveau du gouvernorat s’améliore progressivement. La situation continuera de s’améliorer grâce à la stratégie de réhabilitation en quatre étapes – sécurité, contrôle de la température et hygrométrie, et entretien des véhicules – appliquée par les parties prenantes. Les pillages ciblés continuent néanmoins d’entraver ces efforts.

L’OMS, le Ministère de la Santé et le Bureau de l’Autorité provisoire de la coalition poursuivent leur action pour déterminer avec précision les fournitures sanitaires essentielles qui font encore gravement défaut.

L’OMS aide les hôpitaux de Bagdad à éliminer les déchets

Le ramassage des ordures et des déchets dans la municipalité de Bagdad a pratiquement cessé pendant et après la guerre, d’où une accumulation de grandes quantités d’ordures dans la ville. Cela n’a pas été sans affecter la santé de la population, en particulier à proximité des hôpitaux où se sont amoncelés les déchets hospitaliers – provenant d’activités telles que les vaccinations, les tests diagnostiques, les traitements médicaux et les examens de laboratoire. On estime que 20 % environ des déchets résultant des activités de soins peuvent être infectieux, toxiques ou radioactifs. Ces déchets sont un réservoir de microorganismes potentiellement dangereux pouvant contaminer les malades hospitalisés, les personnels de santé et le public en général. Les déchets, source de pollution, peuvent également être cause de traumatismes – blessures dues à des instruments piquants ou coupants ou des aiguilles et intoxications. Pour protéger la santé de la population irakienne, l’OMS a aidé de nombreux hôpitaux de Bagdad à éliminer ces déchets. Le volume total des ordures et des déchets ramassés en juin approchait 1400 mètres cubes.

La surveillance fait apparaître des taux élevés d’infections diarrhéiques et respiratoires

Le principal objectif du système de surveillance sanitaire est de réduire la morbidité et la mortalité dans la population. Il est important de déceler toute augmentation des maladies infectieuses, de détecter les flambées et les maladies émergentes, et de planifier et d’évaluer l’efficacité des interventions sanitaires.

Des activités de surveillance systématique ont été mises en œuvre dans les 18 gouvernorats. Tandis qu’une surveillance hebdomadaire était mise en oeuvre dans les gouvernorats dont les infrastructures n’avaient été que peu ou pas endommagées (par ex. dans les trois gouvernorats du nord), une surveillance journalière a été organisée à Bagdad, gravement endommagée et densément peuplée (près de 25 % de la population irakienne). Les sites de surveillance sentinelles comptent 120 points focaux dans les 82 districts sanitaires. Les données communiquées par ces sites à la Direction de la Santé ont été transmises à l’OMS à Bagdad.

Les rapports fournis par les sites sentinelles montrent que 22 % des consultations étaient liées à la diarrhée, soit trois fois plus qu’à la même période l’année dernière. La diarrhée aqueuse atteint désormais un sommet, à la fois chez les moins de 5 ans et chez les plus de 5 ans. Depuis le début du mois de juin, plus de 6800 cas de diarrhée aqueuse aiguë ont été enregistrés en deux semaines chez les plus de 5 ans – signe révélateur d’une importante flambée de choléra touchant la région méridionale de l’Irak.

L’incidence du choléra augmente en général entre avril et novembre, affectant plus particulièrement les zones rurales. Cette année, le premier cas de choléra a été confirmé au début du mois de mai. Depuis, 102 cas de choléra ont été confirmés en laboratoire en Irak mais, en réalité, les cas sont vraisemblablement beaucoup plus nombreux.

La réduction de la transmission du choléra passe par le dépistage précoce et le confinement des cas. Le principal facteur de risque de choléra est le manque d’eau propre et d’assainissement – l’infection est liée à la consommation d’eau sale, d’aliments (fruits et légumes) contaminés par l’eau, par les matières fécales ou pendant leur préparation, ou à la consommation de fruits de mer contaminés, ou au manque d’hygiène (mains sales).

En l’absence de traitement approprié, la maladie peut entraîner un taux de létalité très élevé : de 5 à 40 % des personnes infectées. Les malades atteints de choléra sont soignés avec des sels de réhydratation orale (SRO). Les SRO font partie des fournitures envoyées par l’OMS avant le début du conflit et distribuées à un plus grand nombre ces dernières semaines. Ce traitement efficace, administré rapidement par des agents de santé qualifiés dès le signalement des cas dans le cadre des activités de surveillance, a vraisemblablement sauvé de nombreuses vies alors que des milliers de personnes étaient (et sont toujours) privées d’eau propre.

La diarrhée sanglante et la fièvre typhoïde sont également des problèmes de santé publique en Irak en raison du manque d’eau propre, de l’absence de système approprié d’évacuation des eaux usées et de la médiocrité de l’assainissement. Cependant, le système de surveillance est encore trop faible pour fournir des données valables sur ces cas.

Les affections aiguës des voies respiratoires supérieures représentaient 22 % de l’ensemble des consultations. Elles sont la principale cause de mortalité chez les enfants en Irak.

L’augmentation signalée du nombre des cas de rougeole, de coqueluche, d’oreillons et de diphtérie, en particulier chez les nourrissons et les enfants d’âge préscolaire, peut correspondre à l’insuffisance de la couverture vaccinale consécutive à l’interruption des activités de vaccination. L’OMS s’emploie à déterminer la cause de ces cas et elle décidera de la meilleure riposte technique pour prévenir d’autres cas.

Augmentation à Bagdad des traumatismes liés à des engins non éclatés

Les sites sentinelles de Bagdad ont signalé une augmentation du nombre des traumatismes dus à des engins non éclatés entre le 3 mai et le 9 juin 2003. Les traumatismes signalés concernaient des enfants de moins de 5 ans ainsi que des enfants plus âgés et des adultes.

Pour de plus amples informations, prière de s’adresser à Fadela Chaib, Chargé d’information à l’OMS, Bagdad : Tél. : 001 914 360 31 83, téléphone par satellite : 00 88 216 33 33 07 39 ; Mél. : chaibf@who.int

Partager

Pour plus d'informations:

Fadéla Chaib
Téléphone: +41 22 791 3228
Télécopie : +41 22 791 4181
Courriel: chaibf@who.int