Solutions adoptées dans les pays pour promouvoir les droits des personnes atteintes de troubles mentaux

Les laissés-pour-compte
Décembre 2005

OMS
Femme travaillant dans le cadre d'un programme de soins communautaires à Sri Lanka

Ghana : nouvelles lois pour promouvoir les droits de l'homme et l'accès à des soins de qualité

La législation en matière de santé mentale peut jouer un rôle crucial dans la prévention des violations des droits et de la discrimination. La législation peut promouvoir les droits de l'homme et favoriser l’autonomie et la liberté des personnes souffrant de troubles mentaux. Elle peut aussi faciliter l'accès à des soins de qualité et l'intégration des malades dans la communauté.

Avec l'aide de l'OMS, le Gouvernement ghanéen a élaboré une nouvelle législation de santé mentale. L’ancienne législation était axée sur les soins hospitaliers, ce qui pouvait entraîner la maltraitance des personnes atteintes de troubles mentaux. La nouvelle législation est orientée vers l'accès aux soins communautaires hospitaliers et ambulatoires et favorise l'hospitalisation libre et la prise du traitement avec le consentement éclairé du patient. La nouvelle législation du Ghana vise à lutter contre la discrimination et la stigmatisation et contribue à protéger les droits fondamentaux des personnes souffrant de troubles mentaux.

Lesotho : nouvelles politiques nationales pour améliorer la santé mentale

Les politiques de santé mentale définissent un cadre général et des orientations claires pour améliorer la santé mentale de la population. Ces politiques et des plans d’action bien conçus permettent de pallier les faiblesses et le cloisonnement du système de soins

Avec l'appui de l'OMS, le Lesotho élabore une politique et un plan de santé mentale. Le pays souhaite parvenir, d'ici 2020, à ce que l'ensemble de la population jouisse du meilleur état de santé mentale qu'elle est capable d'atteindre, en ayant la possibilité d’accéder à des services respectueux des droits fondamentaux des malades. Il s'agit, en particulier, de s'acheminer vers un système de soins communautaires, intégrant les services de santé mentale aux autres soins et de réduire le nombre de patients hospitalisés ou internés dans des établissements de redressement. La politique nationale met l'accent sur la nécessité d'offrir des soins de santé mentale appropriés et de fournir un appui aux personnes atteintes de maladies somatiques, notamment à celles vivant avec le VIH/SIDA.

Mongolie : intégration des soins de santé mentale dans les soins de santé primaires

En Mongolie, l'OMS appuie l'intégration des soins de santé mentale dans les soins de santé primaire. Dans tout le pays, des psychiatres et des médecins généralistes ont été formés pour dispenser des soins de santé mentale dans les communautés.

Des centres d'hospitalisation de jour ont été créés, où les personnes souffrant de troubles mentaux peuvent bénéficier d'un soutien psychologique, d'une aide sociale et d'une réadaptation par le travail. On leur offre la possibilité de faire un travail intéressant pendant leur traitement.

Les « gers » (une sorte de tente où habitent de nombreux Mongols) sont utilisées pour loger les personnes souffrant de troubles mentaux comme alternative à l'hôpital psychiatrique. Ces tentes offrent un abri et donnent également plus d'autonomie et de liberté. Les patients qui y habitent participent aussi aux tâches de la vie quotidienne (garde des chevaux, traite des vaches, ramassage du combustible, jardinage, la menuiserie et broderie).

Namibie : mise en oeuvre de politiques nationales pour améliorer la santé mentale

Le 28 octobre 2005, la Namibie a lancé sa première politique de santé mentale, que les autorités mettront en œuvre, avec l’aide de l’OMS, en appliquant les stratégies et les interventions figurant dans le plan d'action quinquennal.

La politique de la Namibie établit le cadre dans lequel les services de santé mentale sont dispensés et définit le rôle et les responsabilités des différentes parties impliquées dans la promotion et la protection de la santé mentale. Lors de la mise en oeuvre cette politique, le plus difficile sera de changer les mentalités des personnes, des familles, des professionnels de la santé et du grand public. La Namibie prévoit de mener des actions de formation et d'éducation pour donner à la population les connaissances nécessaires pour faire face aux maladies mentales et neurologiques.

Cette politique contient aussi d'autres stratégies prioritaires comme l'intégration des services de santé mentale dans les autres services de santé et la création d'un réseau de services et des systèmes d'aiguillage permettant aux personnes souffrant de troubles mentaux d'avoir accès aux traitements dont elles ont besoin.

Sri Lanka : création de services de santé mentale communautaires

L'OMS collabore avec les autorités sri-lankaises à la fourniture de soins communautaires de qualité. Les dispensaires de santé mentale – situés dans les communautés – constituent pour les malades un autre moyen d'accéder aux soins dont elles ont besoin.

Les projets visant à réintégrer les personnes sortant de l'hôpital psychiatrique dans leur communauté prévoient des programmes d'appui, qui incluent parfois une aide à la recherche d'emploi. Grâce à cette initiative, certaines personnes autrefois placées en établissement psychiatrique peuvent maintenant trouver un emploi, avoir un revenu et même acheter une maison et subvenir aux besoins de leur famille. Ainsi, la réintégration dans la communauté peut améliorer tout à la fois la qualité de vie et les perspectives des individus et celles de leur famille. Il est extrêmement important de pouvoir gagner de l'argent et d’être considéré comme un membre utile de la société.

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