Des hôpitaux sûrs sauvent des vies et dispensent des soins après les crises


16 juillet 2008

Le cyclone Nargis au Myanmar et le séisme de magnitude 8.0 en Chine ont provoqué des pertes humaines considérables. Ils ont aussi dévasté de nombreux établissements sanitaires rendant difficiles les soins de santé après les crises et soulevant des questions sur la meilleure façon de reconstruire l'infrastructure sanitaire.

De telles tragédies renforcent la nécessité de faire en sorte que tous les établissements de santé soient conçus et construits pour résister aux catastrophes, pour protéger les patients et le personnel de santé et pour continuer à assurer des services vitaux après les situations d'urgence.

OMS/Arturo Pesigan
Des centres de santé temporaires ont été mis sur pied pour les survivants en Chine

"Les hôpitaux constituent les bâtiments les plus importants au sein d'une collectivité," affirme l'ingénieur Tony Gibbs, expert en renforcement de la résistance des établissements de santé et membre de l'équipe de l'OMS qui s'est rendue en Chine au mois de juin. "Leurs services sont vitaux dans la période qui suit immédiatement un séisme, un ouragan, un cyclone ou une éruption volcanique.

L'OMS défend le concept d'hôpitaux sûrs partout dans le monde. La Campagne mondiale pour la prévention des catastrophes 2008-2009 Des hôpitaux à l'abri des catastrophes: réduire les risques, protéger les installations sanitaires, sauver des vies, fait valoir la nécessité de mettre les hôpitaux, les centres de santé ruraux et d'autres établissements à l'abri des catastrophes. L'OMS organise conjointement cette campagne avec la Stratégie Internationale pour la Prévention des Catastrophes (ONU) et la Banque mondiale.


Dans bien des pays, les hôpitaux, cliniques et autres infrastructures sanitaires sont à la merci des catastrophes car mal construits en dépit d'incidents répétés dans lesquels des hôpitaux s'effondrent ou ont leur toit arraché, blessant des patients et des membres du personnel médical et compromettant les services de santé aux survivants.

Des mesures peuvent être prises pour que les installations sanitaires résistent aux séismes ou aux cyclones. La construction de structures à l'épreuve des catastrophes ne coûte pas cher si les mesures de sécurité appropriées sont prises en compte dès la phase de conception. "L'hôpital le plus cher est celui qui faillit," ajoute M. Gibbs.

Au Bangladesh, où les cyclones sont fréquents, les cliniques, refuges et autres installations d'urgence ont été construits sur pilotis ou sur les hauteurs, pour résister à la montée des eaux et à force des vents. Au Japon et au Chili, où les tremblements de terre ont provoqué d'énormes dégâts dans le passé, on construit désormais les hôpitaux en utilisant des techniques "d'isolation à la base" pour absorber les chocs engendrés par les secousses sismiques.

Il est crucial que les collectivités et les gouvernements prennent conscience de la nécessité d'avoir des installations sanitaires résistantes. Il faut ensuite un processus d'élaboration détaillé, avec une évaluation indépendante des plans architecturaux pour identifier les lacunes. Il importe de respecter les règles sismiques et de construction.

OMS/Chris Black
Le séisme de 2005 a détruit de nombreux établissements sanitaires au Pakistan

L'OMS fournit des lignes directrices au sujet des programmes de préparation pour les hôpitaux, des plans d'urgence et des systèmes de prise en charge d'un nombre important de victimes, autant d'éléments essentiels aux établissements de santé pour gérer les risques intérieurs et extérieurs et pour assurer leur fonctionnement après les catastrophes.

Le cyclone Nargis a abîmé ou détruit près de la moitié des centres de santé dans le sud du Myanmar. Quelques régions ont perdu la quasi-totalité de leurs installations sanitaires, laissant des milliers de survivants sans accès immédiat à des soins de santé. L'OMS et ses partenaires ont lancé un plan d'action commun appelant à "renforcer et à réparer les systèmes” et à développer les capacités de préparation aux catastrophes.

Une équipe de l'OMS formée de cinq personnes, parmi lesquelles M. Gibbs, a visité des établissements sanitaires à l'épicentre du séisme chinois, dans la province du Sichuan. De nombreux hôpitaux avaient été endommagés ou détruits, contraignant des milliers de patients à être transférés vers d'autres régions. Bien des structures étaient irréparables, mais certaines étaient encore debout car elles avaient été correctement conçues et construites. L'équipe à conseillé aux autorités chinoises d'évacuer les installations endommagées, de renforcer celles qui pouvaient l'être et d'en construire de nouvelles.

"C'était une bonne occasion pour l'OMS de coopérer avec la Chine sur des questions importantes concernant l'initiative sur la sécurité des hôpitaux," observe le Dr Eric Laroche, Sous directeur général de l'OMS en charge des Interventions sanitaires en cas de crise. "Je suis persuadé que la Chine aura à cœur de reconstruire ses infrastructure de santé selon le concept des hôpitaux sûrs."

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