Vivre avec le VIH quand un partenaire est positif et l’autre négatif

Novembre 2012

Deux mois après que son mari eut succombé au sida, Maripaz Callejas a été diagnostiquée séropositive. Un médecin lui a dit qu’il lui restait cinq ans à vivre.

Dans le pays natal de Maripaz, El Salvador, bon nombre de nouvelles infections à VIH résultent de relations sexuelles non protégées entre des couples qui sont mariés ou qui vivent ensemble. L’OMS estime qu’au plan mondial, pas moins de la moitié de tous les séropositifs ont une relation de longue durée avec des partenaires séronégatifs, formant ainsi ce que l’on appelle des couples sérodiscordants. On considère que 50% des personnes vivant avec le VIH ne savent toujours pas qu’elles sont contaminées et, comme Maripaz, beaucoup de personnes qui vivent en couple ne connaissent pas le statut sérologique de leur partenaire.

Les couples devraient se faire dépister ensemble

Moises Marinero et  Maripaz Callejas marchent dans la rue se tenant par la main
PAHO/Kathya Jovel

C’est pourquoi l’OMS recommande que les couples se fassent dépister – et conseiller – ensemble. Le conseil et le dépistage volontaires du VIH en couple signifient que les deux partenaires sont testés ensemble, prennent connaissance de leurs résultats et partagent l’information relative à leur statut sérologique avec le soutien d’un conseiller. Une série d’options de prévention, de traitement et d’appui peuvent alors être examinées et décidées d’un commun accord.

Maripaz est maintenant mariée à Moises Marinero. Moises connaissait dès le départ la séropositivité de Maripaz. Au début, Maripaz hésitait à entamer une nouvelle relation mais un conseiller lui a dit qu’elle pouvait avoir des relations sexuelles sans risque, pour autant qu’elle utilise toujours un préservatif. Elle est sous antirétroviraux depuis 2002. Aujourd’hui, son état est satisfaisant et Moises est toujours séronégatif.

Maripaz a eu la chance que Moises connaisse sa séropositivité et sache comment se protéger.

Former un couple sérodiscordant

CDC Zambia/Karrin Parker
Goddfrey et Paulina Mtonga assis côte à côte

La situation s’est avérée plus délicate pour Godfrey et Paulina Mtonga, originaires de Lusaka (Zambie). Ce couple est maintenant marié depuis 32 ans, a 11 enfants et 8 petits-enfants. En 1994, ils sont allés faire un dépistage de VIH ensemble. Godfrey a été diagnostiqué positif et Paulina négative.

«La première semaine a été très dure pour nous », rappelle Godfrey. «Le psychologue est venu nous voir dès le lendemain.» Il a continué ses visites et le couple a décidé de rester ensemble. Ils ont continué à avoir des rapports sexuels en utilisant les préservatifs provenant d’un dispensaire proche de chez eux. Godfrey a commencé à prendre un traitement antirétroviral en 2002. Pauline est restée séronégative.

Le conseil que donne Godfrey Mtonga à tout le monde est de se faire dépister. «Si vous êtes positif, aimez-vous et prenez vos médicaments en temps utile. Cela fait 1 ans que nous vivons avec ce statut de couple discordant car nous nous soutenons mutuellement.»

Des pays – comme le Kenya, le Rwanda, la Thaïlande, la Zambie et autres – ont déjà mis en place le conseil et le dépistage du VIH pour les couples afin de les aider à se soutenir mutuellement. Ce dépistage peut être proposé dans le cadre des soins dispensés pendant la grossesse ou d’autres services de santé, au domicile des personnes ou dans le cadre d’un dépistage de proximité effectué dans les communautés, de même que sur les sites de conseil et de dépistage volontaires.

Nouvelles orientations sur le conseil et le dépistage du VIH

Indépendamment de l’utilisation correcte et systématique des préservatifs, les conseillers pourraient peut-être suggérer que le partenaire séropositif prenne des antirétroviraux, quel que soit son état immunitaire. Des études montrent que cette démarche peut maintenir le partenaire positif en meilleure santé plus longtemps et réduire le risque de transmission du virus à l’être aimé. Cette conclusion a incité l’OMS à faire paraître en avril 2012 de nouvelles orientations sur le conseil et le dépistage du VIH chez les couples – y compris la thérapie antirétrovirale pour prévenir et traiter les couples sérodiscordants.

Outre la Zambie, qui recommande depuis 2010 l’administration précoce d’antirétroviraux au partenaire positif d’un couple sérodiscordant, d’autres pays – Canada, Chine, Kenya et bon nombre de pays d’Europe occidentale – recommandent actuellement ou envisagent d’administrer des antirétroviraux pour réduire la transmission du VIH chez les coulpes sérodiscordants.

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