L'Égypte face au commerce illicite de la cigarette

Le marché noir de la cigarette s'est développé après l'augmentation de près de 60% des prix du tabac.

Novembre 2012

Il ressort d’une enquête officielle égyptienne que près de la moitié des hommes adultes sont des fumeurs. Autre constatation préoccupante, le tabagisme chez les adolescentes est trois fois plus important que chez les femmes adultes. Si la proportion des fumeurs reste faible chez les Égyptiennes, on observe une possible érosion de la stigmatisation sociale traditionnelle du tabagisme féminin.

Les efforts de réduction du tabagisme menacés par le commerce illicite de la cigarette

Le tabagisme accroît le risque de cardiopathie, de cancer et de maladies pulmonaires chroniques. Les autorités égyptiennes ont récemment pris des mesures énergiques pour chercher à réduire le nombre des fumeurs. Certaines de ces mesures courageuses semblent maintenant menacées, en particulier par l’augmentation spectaculaire des importations illicites de cigarettes.

L’Égypte figurait parmi les premiers signataires de la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la Santé pour la lutte antitabac, le premier traité international jamais conclu dans le domaine de la santé publique. En 2007, les autorités ont adopté des mesures législatives prévoyant:

  • l’utilisation de pictogrammes évocateurs sur tous les paquets de cigarettes;
  • l’interdiction de la commercialisation des cigarettes et de la publicité en leur faveur;
  • l’interdiction de fumer dans tous les lieux publics sauf les restaurants et les bars;
  • une augmentation des taxes sur les produits du tabac.

Le nouveau taux de taxation a conduit à une augmentation de près de 60% du prix du paquet de cigarettes.

Peu après, on a assisté au développement d’un marché noir.

«Ces cigarettes illicites ne comportent aucun pictogramme ou mise en garde et elles échappent à la taxation», souligne le Dr Mostapho Loutfy, administrateur égyptien de l’Initiative OMS pour un monde sans tabac. «On peut acheter ces cigarettes n’importe où pour le tiers du prix d’un paquet normal.»

Un protocole pour lutter contre le commerce illicite des produits du tabac

L’Égypte est loin d’être le seul pays à lutter contre ce commerce illicite croissant. En fait, cette année encore, 135 Parties à la Convention ont participé à la dernière session de l’organe intergouvernemental de négociation d’un protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac, le premier protocole de la Convention-cadre à être négocié.

Le projet de protocole est soumis à l’adoption de la Cinquième Conférence des Parties de la Convention-cadre de l'OMS qui se déroule du 12-17 novembre 2012, à Séoul en République de Corée.

Ainsi que le précise le Dr Haik Nikogosian, Chef du Secrétariat de la Convention-cadre, «le protocole fixe les règles de la lutte contre le commerce illicite des produits du tabac comme mesure de réduction de l’offre. Il établit aussi ce qui constitue un comportement illicite et fixe des mesures concernant l’application et la coopération internationale.»

Main tenant une fleur, au lieu d’une cigarette, au-dessus d’un cendrier
OMS/Jim Holmes

Le protocole prévoit que les Parties mettront sur pied un système mondial de suivi et de traçabilité des produits du tabac et adopteront d’autres mesures concernant les licences, la responsabilité, l’application, l’échange d’informations et l’assistance juridique mutuelle pour combattre et à terme éliminer le commerce illicite des produits du tabac.

Interdiction complète de la publicité en Égypte

Actuellement, les pays comme l’Égypte appliquent les mesures de réduction du tabagisme déjà décidées dans le cadre de la Convention-cadre comme l’interdiction complète de la publicité.

En 2007, l’Égypte a interdit la publicité en faveur du tabac et, depuis, il est également interdit de montrer des fumeurs à la télévision et dans les films. Mais ces mesures ne sont pas encore appliquées.

Pour Randa Abou El-Naga, expert technique de l’OMS pour l’Égypte, le cinéma et la télévision exercent une influence considérable sur les jeunes.

Soucieux de cibler les jeunes, l’OMS et le ministère de la Santé collaborent avec les milieux du cinéma et de la télévision afin de réduire le tabagisme à l’écran.

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