Vaccination contre le papillomavirus humain en Argentine: un grand pas en avant pour les femmes

Mai 2013

En Argentine, le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH), recommandé par l’OMS, est administré à toutes les filles à l’âge de 11 ans en prévention de l’apparition d’un cancer du col de l’utérus à un âge plus avancé. Ce programme est financé par le fonds renouvelable du Bureau régional OMS des Amériques.

Un petit dispensaire dans une zone éloignée du pays et un hôpital du centre de Buenos Aires sont tous deux le théâtre de la même scène: une femme attend pour faire vacciner sa fille de 11 ans contre le virus du papillome humain (VPH).

En Argentine, la vaccination d’un enfant n’est aucunement fonction de son statut socio économique. Sur l’ensemble du territoire, les centres de soins administrent des vaccins gratuits et obligatoires contre 15 maladies à tous les enfants. Pour les filles, il en existe un seizième: le vaccin contre le VPH, recommandé par l’OMS en prévention du cancer du col.

«En Argentine, les vaccins représentent un bien social qui nous rend tous égaux: disposer d’un programme équitable rend la prévention accessible à chacun d’entre nous», déclare le Dr Juan Manzur, ministre de la Santé.

Une fillette est vacciné contre le papillomavirus humain dans el cadre du programme de vaccination gouvernemental
Ministère argentin de la Santé

L’Argentine est l’un des tous premiers pays de la Région des Amériques à fournir le vaccin contre le VPH. L’Organisation panaméricaine de la Santé (OPS), qui est le Bureau régional OMS des Amériques, administre un fonds renouvelable destiné à l’achat de doses de vaccin, de seringues et de fournitures connexes pour les États Membres participants. Elle veille ainsi à ce que les programmes de vaccination puissent compter sur un approvisionnement continu en produits de haute qualité à moindre coût. L’Argentine se procure le vaccin contre le VPH par le biais du fonds renouvelable de l’OPS.

3000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus par an

Parmi les derniers vaccins à être proposés en Argentine, les trois doses contre le VPH sont administrées à toutes les filles à l’âge de 11 ans en prévention de l’apparition d’un cancer du col à un âge plus avancé.

«En Argentine, les vaccins représentent un bien social qui nous rend tous égaux: disposer d’un programme équitable rend la prévention accessible à chacun d’entre nous.»

Dr Juan Manzur, ministre argentin de la Santé

Le VPH est actuellement responsable de plus de 3000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus et d’environ 1800 décès chaque année en Argentine, surtout chez les populations les plus vulnérables, notamment mobiles ou rurales.

Le cancer du col est le deuxième type de cancer le plus répandu chez les femmes dans le monde. Néanmoins, du fait d’un accès limité aux services de dépistage et de traitement, plus de 85% des 270 000 décès dus à un cancer du col sont survenus dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.

En moins de deux ans, depuis que l’Argentine a ajouté en 2011 le vaccin contre le VPH à son calendrier vaccinal, la première dose a pu être inoculée à plus de 80% des filles appartenant à la tranche d’âge cible; près de 60% d’entre elles ont reçu la deuxième dose, et 50% la troisième et dernière dose.

«Nous pouvons tirer parti de ce vaccin pour réduire les inégalités dans les provinces du pays. Le taux de cancers du col est notablement plus élevé dans les provinces du nord et ce vaccin peut contribuer à le réduire», affirme le Dr Pier Paolo Balladelli, Représentant de l’OPS/OMS en Argentine.

Les autorités du pays ont décidé de faire vacciner les filles à 11 ans pour assurer leur protection avant qu’elles ne parviennent à l’âge où elles seront le plus susceptibles d’être au contact du virus (l’OMS recommande de faire vacciner les filles contre le VPH de 9 à 13 ans).

«Faire vacciner les jeunes adolescentes signifie que ces dernières seront déjà protégées lorsqu’elle deviendront sexuellement actives plus tard», explique le Dr Pablo Bonvehí, Président de la Société argentine pour les maladies infectieuses. «Nous constaterons dans quelques années les résultats et l’effet que cela aura sur le cancer du col chez la femme.»

Dépistage du virus du papillome humain à faire soi-même

Outre la stratégie de vaccination contre le VPH, l’Argentine fait également la promotion d’un projet novateur reposant sur des tests de dépistage du VPH à réaliser soi-même, dans la province septentrionale de Jujuy. Le Projet pour l’évaluation des modalités d’autoprélèvement a été mis en œuvre en 2011 avec le concours du ministère de la Santé de la province et du Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’OMS.

«Ce projet de recherche a pour objectif d’évaluer l’efficacité de l’autoprélèvement, qui pourrait devenir un outil fondamental pour surmonter certains des obstacles auxquels les femmes sont confrontées dans le cadre de l’accès au dépistage du VPH. Ces difficultés sont à mettre en lien avec l’inaccessibilité géographique des centres de soins, le manque de ressources humaines pour mettre en œuvre les mesures, et la pudeur que peuvent éprouver les femmes à se soumettre à ce test», déclare le Dr Silvina Arrossi, coordonnateur scientifique du programme national de prévention du cancer du col.

Partager

Liens connexes