On recherche des agents de santé plus qualifiés et plus nombreux

Novembre 2013

Un programme novateur élaboré avec l’OMS permet de former une nouvelle génération de responsables ayant à cœur de développer le personnel de santé en Afrique.

En Éthiopie, Shewangezhew Moges travailleur de santé communautaire rend visite à une famille
GAVI/Jiro Ose

Son diplôme de médecine en poche, le Dr Amir Aman Hagos avait prévu qu’il s’emploierait à réduire l’incidence des maladies transmissibles évitables. Pendant les deux premières années ayant suivi la fin de sa formation à l’Université d’Addis-Abeba en 2009, c’est exactement ce qu’il a fait en tant que directeur médical de l’Hôpital de Limu Genet dans la région éthiopienne d’Oromia.

Mais au bout de ces deux ans, un changement de cap dans sa vie l’a conduit à repenser complètement son idéal et ses plans. En 2011, Amir s’est inscrit à une maîtrise de santé publique, récemment créée en ligne, centrée sur le développement du personnel de santé.

Responsables et gestionnaires de la santé

«L’expérience m’a conduit à tout repenser», dit-il. Par le biais de ses études et des travaux de recherche qu’il a réalisés dans le cadre d’une thèse sur le moyen de retenir les agents de santé communautaires, Amir s’est rendu compte qu’il avait la possibilité d’agir beaucoup plus pour la santé des Éthiopiens qu’il ne le faisait alors en tant que directeur d’hôpital.

Il a demandé son transfert au Département des Ressources humaines du ministère de la Santé et, en peu de temps, est rapidement passé du poste de directeur par intérim à celui de Ministre d’État. Dans l’exercice de sa charge, il transforme l’approche adoptée par le ministère pour augmenter dans le pays le nombre d’agents de santé et développer leurs compétences.

«Par le biais de ce programme, nous espérons (…) [trouver une solution à] la grave pénurie de médecins, d’infirmiers et d’autres agents de santé en Afrique.»

Dr Erica Wheeler, administrateur technique de l’OMS.

Le programme de la maîtrise de santé publique qu’a obtenue le Dr Amir a été élaboré avec l’OMS et se déroule avec l’appui de la Fondation Bill & Melinda Gates. «Par le biais de ce programme, nous espérons former des responsables qui dirigeront la production et la gestion d’effectifs plus nombreux d’agents de santé mieux formés, et apporteront ainsi une réponse à la grave pénurie de médecins, d’infirmiers et d’autres agents de santé en Afrique», explique le Dr Erica Wheeler, responsable technique de l’OMS dont le travail porte sur le personnel de santé.

Pénurie d’agents de santé

Cette pénurie est le thème central d’un nouveau rapport «Une vérité universelle: pas de santé sans ressources humaines», lancé en novembre 2013, à Recife au Brésil. Établi à la demande de l’OMS et de l’Alliance mondiale pour les personnels de santé, ce rapport dresse le constat que 31 pays africains n’ont toujours pas un nombre suffisant d’agents de santé, soit un minimum de 22,8 agents de santé pour 10 000 habitants.

Dans ces pays, au moins une femme sur cinq accouche encore sans l’aide d’un agent de santé qualifié. Sept pays d’Asie du Sud-Est doivent également faire face à une grave pénurie d’agents de santé.

Depuis la publication par l’OMS du «Rapport sur la santé dans le monde, 2006. Travailler ensemble pour la santé», dans lequel l’Organisation tirait la sonnette d’alarme en évoquant les pénuries d’alors et celles qui étaient à prévoir, nombreux sont les pays qui ont pris des mesures pour renforcer leur personnel de santé. Cependant, même si les effectifs de médecins, d’infirmiers et de sages-femmes, ainsi que leur concentration, ont globalement augmenté depuis 2006, il est estimé dans le nouveau rapport que le monde sera confronté à une pénurie de 12,9 millions d’agents de santé qualifiés d’ici 2035.

Pour faire face à cette pénurie, il importe surtout de former de nouveaux dirigeants et de produire de nouvelles données issues de la recherche. C’est ce que permet de faire le programme de la maîtrise spécialisée en santé publique.

Géré par un partenariat entre l’Université du Cap-Occidental (Afrique du Sud), l’Université nationale du Rwanda, l’Université Eduardo Mondlane (Mozambique) et l’Université d’Addis-Abeba (Éthiopie), il représente également un exemple utile que d’autres universités peuvent suivre.

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