Des soins plus sûrs grâce à des partenariats internationaux

Les Partenariats africains pour la sécurité des patients

Janvier 2013

L’hôpital Kisiizi, en Ouganda, a désormais son propre spécialiste de la lutte anti-infectieuse, avec le soutien des Partenariats africains pour la sécurité des patients, une initiative de l’OMS qui a permis de jumeler 14 hôpitaux africains avec, pour chacun d’entre eux, un hôpital en Angleterre, en France ou en Suisse.

La spécialiste de la lutte infectieuse de l'hôpital de Chester échange avec une collègue ougandaise
APPS/Partenariat entre les hôpitaux de Chester et Kisiizi

L’hôpital Kisiizi de l’église d’Ouganda est un hôpital général de 250 lits situé sur les hauts plateaux au sud-ouest de l’Ouganda, à sept heures de route de la capitale, Kampala.

Il y a à peine deux ans, la sécurité des patients était un concept obscur, presque impossible à appliquer par le personnel hospitalier confronté à la réalité quotidienne. La lutte contre les infections était extrêmement difficile dans cet hôpital éloigné, qui n’était pas approvisionné de manière régulière en solution hydro alcoolique pour le lavage des mains. Le linge sale était lavé à la main et les incinérateurs ne permettaient pas de traiter les déchets de manière sûre.

Aujourd’hui, l’hôpital Kisiizi dispose de son propre spécialiste de la lutte anti-infectieuse, le premier dans le pays, et l’ensemble du personnel, y compris le personnel de la blanchisserie et les équipes d’entretien, sait ce qu’il peut faire pour prévenir les infections et dispenser des soins plus sûrs. Le médecin chef de l’hôpital a été distingué par le Président ougandais pour les efforts qu’il a déployés au niveau hospitalier afin que la sécurité des patients soit améliorée dans les services de santé de tout le pays.

Aux problèmes graves, une réponse rapide

Cette transformation rapide s’est faite avec le soutien des Partenariats africains pour la sécurité des patients, une initiative de l’OMS qui a permis de jumeler 14 hôpitaux africains avec, pour chacun d’entre eux, un hôpital situé en Angleterre, en France ou en Suisse.

APPS/Partenariat entre les hôpitaux de Chester et Kisiizi

L’initiative a vu le jour en 2009 en réponse à l’appel lancé par 46 ministres de la santé de la Région africaine pour que l’on agisse de toute urgence pour résoudre «le grave problème de la sécurité des patients».

Aujourd’hui, le Programme de l’OMS pour la sécurité des patients a élaboré un dossier d’information de façon à ce que tout hôpital, qu’il soit situé en Afrique ou dans une autre région en développement, puisse mettre sur pied son propre partenariat avec un autre hôpital afin d’améliorer la sécurité des patients.

L’hôpital Kisiizi est jumelé avec l’hôpital Countess of Chester en Angleterre: il s’agit de l’un des premiers partenariats établis par l’initiative. L’hôpital fabrique désormais sa propre solution hydro alcoolique pour le lavage des mains, à partir de la banane disponible sur place; il a construit deux incinérateurs pour la gestion des déchets et possède une nouvelle machine à laver industrielle achetée moyennant des fonds levés par la direction de l’équipe des APPS à Chester.

Le taux d’infections nosocomiales a diminué et, ce qui importe peut-être davantage, fait l’objet d’un suivi au cours du temps.

Certes, les hôpitaux utilisent les outils de l’OMS pour accroître la sécurité des patients, mais ils ont aussi la possibilité de faire les adaptations nécessaires à leur situation. Ainsi, lorsque le personnel de l’hôpital Kisiizi a adapté la liste de contrôle de la sécurité chirurgicale de l’OMS pour l’utiliser dans le contexte local, il a eu le sentiment qu’il manquait une étape.

Dans cet hôpital confessionnel, il est d’usage que le personnel fasse une prière pour chaque patient avant tout acte chirurgical. Le Dr Tonny Tumwesigye, médecin chef de l’hôpital, a déclaré qu’il était important d’ajouter la question suivante: «L’équipe a-t-elle prié pour le patient?» à la liste de l’OMS pour permettre aux agents de santé de s’approprier cette liste récapitulative.

Échange de connaissances

Des infirmières se lavent les mains.
APPS/Partenariat entre les hôpitaux de Chester et Kisiizi

Bien que le principal objectif de l’initiative soit que le personnel des hôpitaux européens puisse transmettre ses connaissances et son expérience pour aider l’hôpital africain dont il est le partenaire à dispenser des soins plus sûrs, l’initiative s’est avérée mutuellement bénéfique pour le personnel des deux côtés. «Le partage et le transfert des connaissances sont à double sens», déclare Sarah Hoyle, responsable de l’initiative à Chester.

«Nous avons beaucoup appris en travaillant avec nos collègues africains. En particulier, ce travail nous a permis d’axer les compétences sur le travail d’équipe, les capacités de communication ainsi que la résolution des problèmes. En outre, nous avons constaté à Chester un regain de motivation en faveur des changements, issu de ceux que nous avons pu observer dans les systèmes de lutte anti-infectieuse à Kisiizi.»

Par ailleurs, en l’espace de cinq visites à Kisiizi, l’infirmière chargée de la lutte anti-infectieuse, Samantha Walker, a grandement amélioré ses connaissances de la médecine et des maladies tropicales, mais aussi acquis des capacités de direction, dans le cadre de son travail avec l’hôpital Kisiizi. «J’ai vécu profondément cette expérience à Kisiizi: elle a façonné mon identité et ma façon de travailler», déclare-t-elle. «Pathologie, résolution des problèmes et patience!»

Promouvoir la sécurité des patients dans toute l’Afrique

L’initiative des Partenariats africains pour la sécurité des patients n’a pas pour unique objectif d’améliorer la sécurité des patients dans les hôpitaux sélectionnés mais est délibérément conçue pour que la dynamique créée et les enseignements tirés puissent s’étendre à d’autres établissements de santé et communautés dans le pays et dans toute la Région africaine.

Le succès de l’initiative a déjà suscité l’intérêt des autorités politiques et a permis de stimuler le dialogue national sur la politique de sécurité des patients dans plus de 10 pays.

«Le travail de pionnier de ces partenaires, qui permet de renforcer la sécurité des patients, ouvre la voie à l’amélioration de la sécurité des patients dans toute l’Afrique», se félicite le Dr Shams Syed, qui supervise l’initiative à l’OMS.

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