L’autosuffisance dans l’approvisionnement en sang grâce aux volontaires non rémunérés: un objectif atteignable

Juin 2013

La France, pays hôte de la Journée mondiale du don de sang 2013, parvient à répondre à ses besoins d'approvisionnement en sang à travers 100% de dons volontaires et non rémunérés.

Chaque année, la France est en mesure de traiter un million de patients grâce à environ trois millions d’unités de sang et de produits sanguins collectés dans le pays. C’est l’un des 60 pays collectant 100% de son approvisionnement en sang auprès de donneurs volontaires non rémunérés.

Etablissement Français du Sang

La Journée mondiale du donneur de sang, célébrée le 14 juin chaque année et dont la France est cette année le pays hôte, a joué un rôle majeur pour promouvoir, dans le monde entier, l’objectif de l’autosuffisance dans l’approvisionnement en sang en s’appuyant sur des donneurs volontaires non rémunérés.

Cette journée offre l’occasion de sensibiliser davantage l’opinion publique à la nécessité de disposer de sang et de produits sanguins sûrs et de remercier les donneurs volontaires, non rémunérés qui font régulièrement don de leur sang. Cette année, pour le dixième anniversaire de la Journée, le slogan est: «Faites don de la vie: donnez votre sang».

«Le don de sang est un principe bien accepté d’un point de vue religieux et culturel, et fortement valorisé.»

Dr Namal Bandara, Service national de transfusion sanguine, Sri Lanka

Tous les pays ont besoin d’un approvisionnement régulier en sang sécurisé

Tous les pays ont besoin d’un approvisionnement régulier en sang sécurisé. Dans les pays à revenu faible, la plus grosse demande en transfusions sanguines vise à traiter l’anémie grave chez les enfants de moins de cinq ans, et à prendre en charge les complications liées à la grossesse. Dans les pays à revenu élevé, la transfusion est le plus souvent utilisée dans le cadre de soins de soutien en chirurgie cardiaque, des transplantations d’organes, de la prise en charge des traumatismes graves et des thérapies anticancéreuses.

Et comme le Dr Neelam Dhingra de l’Organisation mondiale de la Santé le souligne: «La collecte de sang auprès de donneurs de sang volontaires non rémunérés est la pierre angulaire d’un approvisionnement suffisant en sang sécurisé.»

Des campagnes intensives de sensibilisation au don de sang

Par l’intermédiaire de l’Établissement français du Sang (EFS), organisme national chargé de la transfusion, la France a encouragé le don de sang volontaire et non rémunéré depuis les années 1950. Les campagnes intensives de sensibilisation de l’opinion ont été l’un des facteurs clés de cette réussite.

Auparavant axées sur des appels «urgents» au don de sang (la durée de vie des constituants sanguins est brève – de 5 à 42 jours) par l’intermédiaire des médias traditionnels, elles sont désormais plutôt saisonnières, plus fréquentes, et utilisent largement a publicité et les médias sociaux tels que Facebook, Twitter, les applications sur smartphone et YouTube pour encourager les gens à donner leur sang. Chaque année, la collecte a lieu dans 153 sites fixes et moyennant 40 000 collectes mobiles.

Depuis l’instauration de la Journée mondiale du donneur de sang en 2004, les dons volontaires et non rémunérés de sang ont fortement augmenté, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Un moine bouddhiste en train de donner son sang
Shraddha Rudhira Dana

Sri Lanka, qui sera le pays hôte de la manifestation mondiale à l’occasion de la Journée mondiale du donneur de sang 2014, a obtenu un succès remarquable en parvenant à l’autosuffisance en tout juste 10 ans. Le Service national de transfusion sanguine (NBTS) collecte désormais plus de 350 000 dons chaque année, contre à peine plus de 150 000 il y a 10 ans. La proportion de dons volontaires est passée de 39 % à 97 % depuis 2003.

Un élément clé de cette progression rapide et réussie vers l’autosuffisance a été l’établissement d’un service national de transfusion sanguine, dont la coordination est centralisée, et la prise de conscience par la population de la nécessité du don de sang. En outre, comme le déclare le Dr Namal Bandara, médecin au NBTS, les Sri Lankais attachent une importance particulière à l’acte qui consiste à donner son sang «Parce que la plupart des Sri Lankais sont bouddhistes, le don de sang est un principe largement accepté d’un point de vue religieux et culturel, et fortement valorisé.»

Approches novatrices pour le recrutement des donneurs de sang

Des écoliers au Sri Lanka regardentcomment se déroule un don de sang
Service national de transfusion sanguine, Sri Lanka

Chaque mois, le jour de pleine lune, les gens sont encouragés à faire don de leur sang. Ce jour-là, des groupes sociaux organisent des séances de don du sang dans leurs locaux – souvent dans des temples, des écoles ou des universités – , ce qui fait que 85% de l’ensemble des dons à Sri Lanka sont recueillis par l’intermédiaire de collectes mobiles.

Parmi les autres innovations mises en place à Sri Lanka pour recruter les donneurs de sang, citons un système de carte (argent/or/platine) pour les donneurs de sang les plus assidus, une page fan sur Facebook, des séances de formation gratuites à la réanimation cardiorespiratoire sur certains sites de don, et des contrôles de santé annuels offerts à certains donneurs.

Bien que ces mesures d’incitation aient toutes porté leurs fruits, le NBTS a cependant constaté que le moyen le plus efficace de recruter des donneurs passait par les donneurs existants et les organisateurs des dons, qui font passer le message. Comme le dit le Dr Bandara, «Merci pour votre don et la prochaine fois, venez avec un ami» semble une manière toute simple mais efficace de recruter des donneurs.

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