Flambée de maladie à virus Ebola: un combat difficile mais gratifiant

Juillet 2014

le Dr Catherine Houlihan, spécialiste des maladies infectieuses du Royaume-Uni et son collègue brésilien se préparent avant d'entrer dans lun centre  de traitement de la maladie à virus Ebola en Sierra Leone
OMS/ T. Jasarevic

«C’était bien pour Mauricio et moi d’arriver le même jour; nous avons pu partager nos premières impressions, le premier choc, et nous adapter ensemble à des conditions de travail difficiles», raconte le Dr Catherine Houlihan, spécialiste des maladies infectieuses du Royaume-Uni envoyée par l’OMS en Sierra Leone pour aider à lutter contre la flambée de maladie à virus Ebola.

C’était sa première mission sur le lieu d’une flambée épidémique. «Le premier jour, j’ai été horrifiée par l’énormité de la tâche mais dès le lendemain, je commençais à m’adapter», témoigne-t-elle.

Le Dr Mauricio Ferri, spécialiste brésilien des soins intensifs qui a travaillé pendant 7 ans dans divers hôpitaux au Canada sourit: «j’ai d’abord dû convaincre ma femme de me laisser partir».

Catherine et Mauricio en sont au milieu de leur mission de trois semaines à Kenema, une des zones les plus touchées de la Sierra Leone depuis que la flambée a été déclarée fin mai.

Ils font partie d’une équipe de quatre médecins déployés au niveau international pour dispenser des soins cliniques dans le nouveau centre de traitement de la maladie à virus Ebola situé dans l’hôpital de la ville et géré par le ministère de la Santé de Sierra leone.

Ils ont été affectés dans le cadre du Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie (GOARN), réseau d’experts et d’institutions basé à l’OMS et pouvant apporter de l'aide en cas d’action internationale face à une épidémie.

L’OMS a déjà déployé 126 experts (membres du personnel, recrutements extérieurs et auprès de partenaires) dans le cadre du GOARN en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone.

Sécurité personnelle et soins aux malades

«Je savais que ce serait dur mais je ne m’attendais pas à autant de difficultés, qu’il s’agisse du manque de matériel ou des lacunes dans les mesures de lutte contre l’infection», déclare Mauricio. «Cependant, après le premier choc, j'ai commencé à regarder ces difficultés comme auitant de possibilités d’amélioration.»

Mauricio et Catherine passent 7 heures par jour au centre de traitement, entièrement recouverts d'un équipement de protection individuelle, s’occupant de 40 à 50 patients par jour. L’OMS a fourni ces équipements aux agents de santé qui luttent contre la flambée de maladie à virus Ebola. Chacun – des gardes de sécurité aux agents de santé, en passant par les ambulanciers et les femmes de ménage – devrait être formé à utiliser correctement l’équipement de protection individuelle de façon à pouvoir faire leur travail en toute sécurité.

Certains patients vous marquent davantage que d’autres témoigne Catherine: «les premiers jours, j’ai surtout vu emporter des corps; le quatrième jour, j’ai vu le premier patient sortir de l’hôpital. C’est le moment qui m’a le plus marquée jusqu’ici». Pour Mauricio, c’est l’histoire d’un petit garçon de 4 ans qui a survécu à la maladie, le seul de sa famille décimée par le virus Ebola.

La question de la sécurité personnelle préoccupe également les équipes d’intervention, notamment pour le personnel médical en contact direct avec les malades. «Avant mon arrivée à Kenema, j’avais peur pour ma propre sécurité mais j’ai compris ensuite que nous pouvions maîtriser ce risque», rapporte Mauricio. «Nous devons trouver le juste équilibre entre le soin au patient et notre propre sécurité.»

La contamination et le décès de plusieurs infirmières locales qui travaillaient dans le centre de traitement a eu un profond retentissement pour tous les agents de santé du service, et notamment le personnel national qui les côtoyait depuis longtemps. «Nous devons montrer l’exemple pour ce qui est de l’utilisation correcte du matériel de protection et continuer malgré les revers», poursuit Catherine.

Une expérience unique

Ces médecins retourneront-ils en Sierra Leone ou accepteront-ils une autre mission le cas échéant? «Absolument», répondent-ils ensemble. Faire partie d’une telle opération est une expérience unique. Non seulement nous pouvons contribuer à l’effort fait pour stopper la transmission du virus Ebola mais c’est également une excellente expérience personnelle enrichissante et qui nous permet d’être mieux préparés pour de futures missions».

Tant Catherine que Mauricio ont immédiatement présenté leur candidature lorsqu’ils ont reçu le courriel adressé par l’OMS à diverses associations médicales en demandant des volontaires pour aider à combattre la flambée de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest . «Je ne regrette rien jusqu’ici», conclut Catherine. « J’ai le sentiment d’être là où il fallait que je sois».

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L'action de l'OMS en Afrique de l'Ouest

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