Lutter contre les idées fausses qui entourent la maladie à virus Ebola en Guinée

Avril 2014

Le fait de manger des oignons crus une fois par jour pendant trois jours me protégera-t-il de la maladie à virus Ebola? Peut-on manger de la mangue en toute sécurité? Est-il exact qu’une prise journalière de lait condensé peut prévenir l’infection par le virus? Voici certaines des questions posées aux agents de santé qui répondent sans discontinuer aux appels reçus par la permanence téléphonique gratuite contre la maladie à virus Ebola. La peur provoquée par la recrudescence des décès dus au virus a donné libre cours à l’apparition de rumeurs et d’informations erronées.

Dr Saran Tata Camara, l’un des médecins répondant aux appels téléphoniques au Ministère de la Santé de la Guinée.
OMS/MA Heine

Le Ministère de la Santé de la Guinée a mis en place la permanence téléphonique 115 quand il a annoncé la flambée d’Ebola dans le pays, le 21 mars. Il s’agit avant tout de répondre aux préoccupations exprimées par la population et de pouvoir orienter rapidement les cas suspects vers le service de soins en isolement de l’hôpital de Donka, à Conakry, pour mener des examens plus approfondis. La hotline reçoit entre 200 et 300 appels par jour.

«Certaines des personnes qui s’adressent à la permanence téléphonique sont dans un état de panique, et les fausses rumeurs font qu’il est difficile de les tranquilliser», raconte le Dr Saran Tata Camara, l’un des médecins répondant aux appels téléphoniques. «Mais si on leur explique qu’il n’est pas facile de contracter le virus et qu’ils peuvent se protéger en respectant quelques règles, ils comprennent souvent.»

Prévention

Pour prévenir la transmission du virus Ebola entre les personnes, il faut prendre les précautions suivantes :

« … si on leur explique qu’il n’est pas facile de contracter le virus et qu’ils peuvent se protéger en respectant quelques règles, ils comprennent souvent. »

Dr Saran Tata Camara

  • Ne touchez pas les malades qui présentent des symptômes d’infection à virus Ebola, comme par exemple de la fièvre, des diarrhées, des vomissements, des céphalées et parfois de forts saignements.
  • Ne touchez pas les dépouilles de patients dont on sait ou dont on suspecte qu’ils ont contracté le virus Ebola.
  • Lavez-vous régulièrement les mains à l’eau et au savon.

Un mois après l’annonce par le Gouvernement de la flambée épidémique, les besoins en information restent élevés. En vue de diffuser les messages plus rapidement et d’en renforcer le contenu, l’OMS et ses partenaires se sont rapprochés des chefs religieux, des dignitaires tribaux, des guérisseurs traditionnels et des dirigeants communautaires pour mener des actions de proximité.

Un étal typique de guérisseur traditionnel sur un marché de Conakry (Guinée).
OMS/J Anoko

«Il était particulièrement important d’entreprendre un dialogue avec les guérisseurs traditionnels, certains des patients préférant s’en remettre à eux plutôt que de consulter le personnel d’un établissement de santé à proximité», explique Julienne Anoko, une anthropologue du Cameroun qui a été recrutée par l’OMS pour prêter main-forte à la riposte contre la flambée. «Ils rencontrent et touchent un grand nombre de sujets présentant des symptômes variés et sont donc exposés à un risque élevé. Il faut qu’ils sachent comment leurs patients et eux-mêmes peuvent se protéger et que les remèdes de charlatan peuvent mettre des vies en danger. »

Rumeurs dangereuses

Les rumeurs peuvent avoir des effets fort néfastes. Récemment, une équipe de Médecins sans Frontières (MSF) a été contrainte de mettre un terme temporaire à ses activités dans le service de soins en isolement de Macenta en Guinée forestière, le personnel médical ayant été faussement accusé d’avoir importé le virus dans le pays.

Les informations précises communiquées en temps opportun aident les gens à prendre des précautions et à adopter une approche plus rationnelle vis-à-vis de la maladie. Elles permettent de garantir que les personnes qui tombent malades et présentent les symptômes caractéristiques d’Ebola soient rapidement transférées à l’hôpital pour être examinées et soignées, et que les familles ne cachent pas leurs membres malades. Le Ministère de la Santé, l’OMS et ses partenaires sont conscients qu’ils ne pourront gagner la guerre contre l’Ebola qu’à condition de remporter celle qui les oppose aux mythes et aux idées fausses.

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