La musique pour faire passer le message sur Ebola

Août 2014

«N’ayez pas peur, ne vous cachez pas. On peut survivre à Ebola», telles sont les paroles de l’Ebola Rap, une chanson écrite par Charles Yegba, artiste libérien pour sensibiliser sa communauté au virus.

Mais Charles n’a pas toujours pensé cela. Comme beaucoup de ses compatriotes, au début de l’épidémie, il ne croyait pas à l’existence de la maladie. «Je pensais que c’était un mensonge inventé pour recueillir de l’argent car je n’avais pas encore vu de personnes touchées dans ma communauté», déclare le chanteur.

Il a changé d’avis quelques semaines plus tard lorsqu’un groupe de personnes ont bloqué une rue de Monrovia parce qu’un homme présentant des symptômes d’Ebola gisait sur le sol.

«J’ai commencé à y croire à ce moment-là. J’ai commencé à voir que d’autres pays étaient également touchés, que beaucoup de gens commençaient à changer d’avis», poursuit-il.

Charles, leader du groupe AFROCO, prévoit maintenant d’enregistrer sa chanson et de tourner une vidéo pour diffuser son message dans tout le Libéria, l’un des pays d’Afrique de l’Ouest les plus gravement touchés par la maladie à virus Ebola.

Cette flambée d’Ebola est la plus importante jamais enregistrée en termes de nombre de personnes infectées, nombre total de décès et propagation géographique.

«Si vous avez de la fièvre, des maux de tête, de la diarrhée ou des vomissements, allez à l’hôpital», poursuit la chanson. Charles, 41 ans, père de deux enfants, saisit chaque occasion de sensibiliser ses voisins, ses amis et sa famille. Il pense que la musique est un moyen efficace d’atteindre l’ensemble de la communauté.

«N’ayez pas peur, ne vous cachez pas. On peut survivre à la maladie à virus Ebola.»

Charles Yegba, chanteur de rap libérien

Les stations de radios locales passent également d’autres chansons sur le thème du virus. Il n’est pas rare d’entendre de jeunes garçons les chanter dans la rue.

Une large diffusion de ces messages sur la maladie, des réunions avec des responsables de la communauté pour parler d’Ebola et l’augmentation du nombre de cas dans plusieurs régions du pays ont changé la perception de beaucoup de gens vis-à-vis d’Ebola.

Pour maîtriser l’épidémie, il est important de changer les mentalités

Pour maîtriser l’épidémie, il est important de changer les mentalités. Des mesures de lutte strictes sont également nécessaires, par exemple en veillant à ce que les personnes présentant des symptômes de maladie à virus Ebola se rendent immédiatement dans un établissement de santé et donnent les noms des personnes avec lesquelles elles ont été en contact étroit.

«Certains membres de la communauté pensaient que c’était un mauvais esprit, un diable ou un empoisonnement, mais ils ont commencé à comprendre qu’il s’agissait bien d’une maladie et qu’ils devaient être prudents», déclare Makoya Kollie, une jeune femme de 19 ans qui rêve de devenir médecin. «Ebola a tué beaucoup de gens et c’est une réalité», déclare-t-elle.

L’éducation et la communication sont essentielles pour faire en sorte que chacun – personnel soignant et grand public – comprenne ce qu’est le virus Ebola, comment il se transmet et comment se protéger. Grâce à une forte participation de la communauté, diverses initiatives commencent à émerger, comme l’illustre cette chanson écrite par Charles «pour débarrasser le Libéria d’Ebola».