Riposte à l’infection à virus Ebola: le matériel fourni par l’OMS arrive en Guinée

Avril 2014

Dès l’arrivée de plus de 3,5 tonnes de matériel de protection à Conakry, capitale de la Guinée le 30 mars, l’OMS en a immédiatement commencé la distribution aux centres de santé de différentes localités confrontés à la flambée de l’infection à virus Ebola.

Un logisticien de l'OMS explique à un agent  du ministère de la Santé guinéen les mesures de protection à prendre
OMS/T. Jasarevic

Il s’agit notamment de l’équipement de protection individuelle à usage unique, de produits de désinfection et de matériel d’inhumation sans risque. La moitié des sujets infectés à Conakry sont des agents de santé. Il est indispensable de leur fournir une formation adéquate et le matériel nécessaire pour leur permettre de lutter contre l’infection.

« Avec le matériel de protection, nous sommes rassurés et nous pouvons intervenir et aider les malades.»

Dr Lansana Kourouma, chef de la section d’urgence, Hôpital de l’amitié sino-guinéenne

Le virus Ebola provoque une affection virale aiguë sévère souvent caractérisée par une brusque fièvre, une faiblesse intense, des douleurs musculaires, des céphalées, des diarrhées et des vomissements. Au cours d’une flambée, le taux de létalité peut atteindre 90%. Il n’y a ni traitement ni vaccin, et la prévention offre ainsi le moyen le plus efficace de stopper la transmission.

Comme l’indique le Dr Lansana Kourouma, chef de la section d’urgence de l’hôpital de l’amitié sino-guinéenne où 5 patients sont actuellement en observation, « ce matériel est indispensable car nous ne pouvions pas auparavant être en contact avec des porteurs potentiels du virus Ebola. Avec le matériel de protection, nous sommes rassurés et nous pouvons intervenir et aider les malades ».

Du matériel a également été envoyé à l’hôpital universitaire national de Donka à Conakry où une salle d’isolement des sujets infectés a été installée dans un bâtiment distinct. L’Institut Pasteur de Dakar a envoyé à l’hôpital des techniciens chargés d’effectuer des tests rapides sur place.

Riposte au niveau national

Depuis le début de la flambée, la plupart des cas ont été signalés dans le sud-est de la Guinée. La recherche et le suivi des contacts se poursuivent dans ces zones et Médecins Sans Frontières (MSF) a installé des salles d’isolement des sujets infectés à Macenta et Guéckédou. MSF apporte également son soutien à l’hôpital de Kissidougou.

L’OMS, le ministre guinéen de la Santé et les partenaires se réunissent quotidiennement dans le cadre du comité de crise national pour définir les aspects essentiels de la riposte: coordination, surveillance de la maladie, prise en charge clinique, logistique et mobilisation sociale.

OMS/T. Jasarevic

« Dès la confirmation de la flambée le 21 mars, nous avons commencé notre collaboration avec le ministère de la Santé et d’autres partenaires pour prendre les mesures nécessaires », a déclaré le Dr René Zitsamele-Coddy, représentant de l’OMS en Guinée. C’est la première fois que le pays se trouve confronté à une flambée due au virus Ebola et les compétences techniques de l’OMS dans ce domaine sont précieuses.

Des messages de santé publique sont actuellement diffusés à la population pour éviter la confusion et apporter des conseils afin de prévenir l’infection.

L’OMS a facilité le déploiement d’un laboratoire du consortium européen à Guéckédou afin d’effectuer des tests sur les cas suspects et des tests complémentaires. L’OMS a également déployé un épidémiologiste, un logisticien, un anthropologue et un spécialiste de la lutte contre les infections à Guéckédou.

Au 31 mars, 19 des cas suspects avaient été confirmés par les laboratoires collaborateurs, notamment l’Institut Pasteur de Lyon, l’Institut Pasteur de Dakar et l’Institut Bernhard-Nocht de Médecine tropicale à Hambourg.

Un problème d’ampleur régionale

L’OMS a alerté les pays limitrophes en leur apportant des conseils concernant la surveillance accrue des affections évoquant une fièvre hémorragique virale, notamment le long des frontières terrestres.

La Sierra Leone et le Libéria ont tous deux signalé des cas suspects et des décès qui pourraient être dus au virus Ebola chez des voyageurs qui s’étaient rendus dans des zones touchées avant l’apparition des symptômes. Les tests sur deux cas libériens se sont révélés positifs.

Les trois pays échangent quotidiennement des informations entre eux et avec l’OMS. Celle-ci est également en contact avec les autres pays voisins qui renforcent leur système de surveillance.

L’OMS ne recommande pas d’appliquer des restrictions concernant les déplacements en provenance ou à destination de la Guinée, du Libéria ou de la Sierra Leone ni les échanges commerciaux avec ces pays. L’expérience de flambées précédentes montre qu’une riposte rapide à la source de la flambée constitue le meilleur moyen de réduire les risques de propagation internationale.

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