Aider les communautés guinéennes à combattre Ebola

Juin 2015

En mai 2015, des cas de maladie à virus Ebola sont apparus à Tanene, dans la préfecture de Dubreka (Guinée), une région jusque-là exempte. Pour éviter que la flambée ne se propage, l’OMS et ses partenaires ont lancé une campagne de surveillance afin de repérer les personnes susceptibles d’être infectées.

Par des visites dans les familles, une présence dans les rues de la préfecture et des conversations avec les membres influents des principaux groupes locaux, les équipes de surveillance ont diffusé les messages de prévention sur Ebola et apporté un soutien aux familles.


L’OMS et ses partenaires lancent une campagne de surveillance

Les équipes de surveillance d'Ebola vont de maison en maison pour inciter les familes à déclarer les cas d'Ebola
OMS/P. Haughton

Au début de juin 2015, l’OMS et ses principaux partenaires, le Ministère de la Santé guinéen, les Centers for Disease Control des États-Unis d’Amérique, la Croix-Rouge guinéenne et l’UNICEF, ont lancé une campagne à Dubreka afin de rechercher les cas suspects d’Ebola. Pendant tout le mois, des équipes composées d’agents de mobilisation sociale, de personnes chargées de la surveillance et de médecins font du porte-à-porte dans la préfecture pour parler aux familles et les encourager à déclarer leurs malades ou leurs morts.

Les équipes discutent également des risques liés à Ebola et donnent des informations sur les mesures importantes de prévention de l’infection. Ces équipes sont disponibles dans toute la communauté pour répondre aux questions et réagir aux alertes.


Formation à la mobilisation sociale

Réunion pour la campagne de surveillance lancée dans  la préfecture de Dubreka, en Guinée
OMS/P. Haughton

Avant le début de la campagne, les agents chargés de la surveillance ont été formés aux techniques de mobilisation sociale et aux moyens d’identifier les cas suspects, et les messages essentiels leur ont été donnés pour la riposte. Le coordonnateur national de la riposte à Ebola, le Dr Sakoba, s’est adressé aux membres de la campagne de surveillance au début de la session de formation.

Le ministère de la Santé guinéen garantira la gratuité des soins à tous les malades dans la préfecture pendant la période couverte par la campagne. On espère que cela encouragera les familles à se présenter lorsqu’elles ont des problèmes de santé. De la nourriture et du savon seront aussi distribués aux familles durant la période de surveillance de 21 jours afin qu’elles puissent rester chez elles pour surveiller leurs proches.


Renforcer les messages positifs

Une représentante d’un groupe local de femmes s’est adressée aux membres de la communauté dans la ville de Tanene, en Guinée
OMS/P. Haughton

Au début de la campagne, une représentante d’un groupe local de femmes s’est adressée aux membres de la communauté dans la ville de Tanene. Lors des consultations dans la communauté, le Dr Keita Sakoba, coordonnateur du Comité national guinéen de riposte à Ebola, et les organisateurs de la campagne ont invité un représentant de chacun des principaux groupes (chefs religieux, jeunes, femmes, syndicats, etc.) à prendre la parole devant la communauté.

Ils ont renforcé les principaux messages de la campagne – vigilance et échanges d’informations – et ont encouragé la communauté à coopérer avec les équipes de lutte contre Ebola.


Évaluer la compréhension de la communauté

Marie-Claire Fwelo-Mwanza, spécialiste de la mobilisation sociale, en Guinée
OMS/P. Haughton

Marie-Claire Fwelo-Mwanza, experte de la mobilisation sociale, a travaillé avec l’OMS pendant plus de 20 ans et a pris part à au moins cinq opérations de riposte à Ebola en Afrique. Elle est ici pour contrôler les activités de surveillance et donner des avis et des conseils. On la voit ici parler avec des étudiants au sujet des messages sur Ebola. Ils lui disent ce qu’ils ont appris auprès des équipes et ce qu’ils feraient si une personne de leur connaissance présentait des symptômes.


Persistance d’une certaine résistance

Cette ambulance a été incendiée après que des membres de la communauté l’ont stoppée pour en extraire un patient atteint d'Ebola pour le ramener chez lui.
OMS/P. Haughton

La résistance de la communauté à la riposte à Ebola demeure un problème en Guinée. Des rumeurs continuent de circuler et certaines personnes dans la population refusent de croire à la réalité d’Ebola. L’OMS doit continuellement adapter son approche pour tenir compte des réactions des communautés et combattre la désinformation.

Malheureusement, dans certains cas, la résistance locale dégénère en actes de violence. Cette ambulance a été incendiée après que des membres de la communauté l’ont stoppée pour en extraire le patient et le ramener chez lui. Le patient a été ultérieurement récupéré à son domicile et il a été testé positif au virus Ebola.


Les familles ouvrent leurs portes aux équipes de lutte contre Ebola

Les équipes de surveillance de Tanene discutent avec une coordinatrice
OMS/P. Haughton

Les équipes de lutte contre Ebola à Tanene informent Marie-Claire sur la réponse locale à la campagne menée et elle leur donne des conseils sur les moyens efficaces de résoudre les problèmes auxquels ils peuvent être confrontés au cours de la campagne. Le premier jour, les équipes ont trouvé que nombre de familles avaient fermé leurs portes ou avaient temporairement quitté leur domicile.

Et cela en raison d’une rumeur qui prétendait que les équipes de lutte contre Ebola venaient désinfecter leurs maisons et leur administrer des injections. Pourtant, lorsque celles qui ont reçu la visite des équipes ont dit à leurs voisins que la campagne les avait aidées, de nombreuses familles sont revenues à la maison et ont ouvert leurs portes.


La capacité d’écoute est essentielle

OMS/P. Haughton
n père explique les difficultés rencontrées par sa famille et ce qu’il comprend de l’épidémie d’Ebola.

La capacité d’écoute est l’une des compétences les plus importantes. À Tanene, Marie-Claire fait du porte-à-porte avec les équipes afin de connaître les préoccupations de la communauté. Ici, un père explique les difficultés rencontrées par sa famille et ce qu’il comprend de l’épidémie d’Ebola. Il est déterminé à rester vigilant pour protéger sa famille du virus et mettre un terme à la flambée dans sa préfecture.


Démonstration de l’hygiène des mains

Les familles ont installé des postes pour se laver les mains devant leurs maisons pour éviter la propagation du virus Ebola.
OMS/P. Haughton

Les familles ont installé des postes de lavage des mains devant leurs maisons pour éviter la propagation du virus Ebola. Les enfants comprennent l’importance de l’hygiène des mains et montrent aux équipes de lutte comment ils se lavent les mains.


Contrôler et réunir les informations

Les équipes de lutte contre Ebola prennent la température de chaque membre de la famille au moyen d’un thermomètre sans contact.
OMS/P. Haughton

Les équipes de lutte contre Ebola prennent la température de chaque membre de la famille au moyen d’un thermomètre sans contact. Ils peuvent ainsi identifier tout individu présentant de la fièvre ou une forte température et émettre une alerte, ainsi une équipe d’enquête peut être envoyée pour parler aux familles, réunir davantage d’informations et déterminer si une hospitalisation ou des tests complémentaires sont requis.


Stop Ebola!

Un jeune écrit sur le sol devant sa maison: stop Ebola
OMS/P. Haughton

À Tanene, les messages commencent réellement à pénétrer dans les esprits. Les gens écoutent les programmes concernant Ebola diffusés par la radio locale, des signes et autocollants sont apposés dans tous les villages et des conversations importantes ont lieu dans les rues.

Les enfants sont l’une des clés garantissant l’intégration réussie des messages dans les communautés. Les messages enseignés à l’école ou lors de discussion avec les équipes de lutte sont repris par les enfants dans leurs familles qui, pour certaines d’entre elles, ne peuvent pas les recevoir directement. En Guinée, les jeunes ont souvent une forte influence sur les discours et les croyances dans la communauté à propos de problèmes comme Ebola. Ce jeune garçon écrit sur le sol devant chez lui : «Stop Ebola!».