Soudan du Sud: l’OMS renforce la détection et la riposte aux maladies infectieuses

Novembre 2016

Lorsqu’une flambée épidémique de maladie infectieuse telle que la rougeole ou le choléra survient, un système efficace capable de la détecter rapidement est essentiel pour prévenir la propagation et sauver des vies et des ressources.

L'OMS forme des agents de santé afin d'améliorer la capacité des laboratoires au Soudan du Sud.
L'OMS forme aux activités de laboratoires des agents de santé du Soudan du Sud afin de pouvoir détecter les maladies infectieuses.
OMS

Former les personnels de santé à la détection des maladies

L’OMS collabore avec le ministère de la santé et les partenaires pour le développement des compétences et des connaissances locales, notamment la formation de plus de 1300 agents de santé dans des domaines tels que la détection des maladies, l’enquête sur la flambée épidémique et la riposte.

«Le Soudan du Sud est un environnement de travail difficile en raison de l’insécurité et de la capacité limitée à atteindre les personnes les plus vulnérables du pays», a déclaré le Dr Abdulmumini Usman, Représentant de l’OMS au Soudan du Sud. «L’OMS met tout en œuvre pour détecter plusieurs flambées épidémiques et intervenir, et faire en sorte que le Ministère de la santé et les partenaires soient dotés des compétences et des connaissances leur permettant de remplir au mieux leur rôle avec les ressources limitées disponibles.»

Au Soudan du Sud, les maladies infectieuses constituent un problème de santé publique majeur et entraînent un nombre important d’affections, d’incapacités et de décès dans un pays déjà en proie à un conflit. L’insuffisance des systèmes de santé du pays aggrave la situation et empêche d’intervenir efficacement face à ces flambées épidémiques en grande partie évitables. De nombreux facteurs sont à l’origine des flambées épidémiques fréquentes, notamment les conflits qui entraînent des déplacements de populations, une surpopulation et des conditions environnementales défavorables.

Selon les estimations de l’OMS, 12,3 millions de personnes au Soudan du Sud sont exposées à un risque en raison des flambées épidémiques. En 2015 et 2016, l’OMS a permis d’identifier 49 flambées épidémiques, d’enquêter sur celles-ci et d’intervenir. Il s’agissait notamment de flambées de choléra, de rougeole, de fièvre hémorragique virale, de paludisme et d’hépatite E survenues dans plusieurs endroits.

Avec près de 3 millions de cas signalés depuis 2015, le paludisme est l’une des principales causes de maladie et de décès au Soudan du Sud. Le choléra constitue également un sujet de préoccupation majeur pour la santé, en effet plus de 4500 cas ont été signalés depuis 2015. La rougeole et le kala-azar représentent également des préoccupations majeures.

Maîtriser les flambées épidémiques

Depuis 2006, l’OMS collabore avec le Soudan du Sud pour aider à mettre en place un système pour la surveillance intégrée des maladies et la riposte, grâce au financement de l’Agency for International Development des États-Unis d’Amérique (USAID).

En 2013, l’OMS a contribué à la création du réseau d’alerte et d’intervention rapides afin de compléter et de renforcer le système pour la surveillance intégrée des maladies et la riposte dans les États du Soudan du Sud touchés par le conflit.

La détection précoce des maladies permet à l’OMS, au ministère de la santé du Soudan du Sud et aux partenaires du groupe de responsabilité sectorielle Santé d’intervenir de manière plus efficace. Par exemple, la détection précoce de près de 3000 cas de choléra notifiés jusqu’à présent cette année a permis à l’OMS et aux partenaires de cibler les endroits dans lesquels mener des campagnes de vaccination, dans le cadre de la riposte. Dans ce même contexte, l’OMS et les partenaires ont livré plus de 69 000 vaccins anticholériques oraux.

Afin de renforcer les capacités en matière de surveillance des maladies et de riposte au Soudan du Sud, en 2015 et 2016, l’OMS a formé plus de 1300 agents de santé dans le domaine des activités relatives à la surveillance intégrée des maladies et à la riposte :

  • 231 agents formés à la surveillance intégrée des maladies et à la riposte;
  • 732 agents formés à la notification, à la préparation et à la prise en charge des cas de maladies infectieuses;
  • 253 équipes d’intervention rapide formées à l’enquête sur la flambée et à la riposte;
  • 34 agents formés à la collecte, au traitement, à l’emballage et à l’expédition des échantillons pour le diagnostic du choléra, ainsi que les tests de diagnostic rapide du choléra.

«Nous sommes reconnaissants des engagements pris par nos donateurs et les autres partenaires pour soutenir cet effort important» indique le Dr Usman de l’OMS.

Obtenir des résultats malgré les difficultés opérationnelles

L’OMS a permis de renforcer les moyens du laboratoire national de santé publique en matière de confirmation des cas de choléra, de rougeole et de méningite ainsi que des bactéries pathogènes telles que salmonella et shigella qui peuvent être à l’origine de cas de gastro-entérite grave.

L’OMS signale une amélioration de la performance en matière de notification ainsi qu’une meilleure qualité des données au niveau des comtés et des établissements de santé. Par exemple, le degré de complétude de la notification en matière de surveillance intégrée des maladies et de riposte a augmenté, passant de 42% en 2014 à 50% en 2016. On a également constaté une accélération de la notification qui est passée de 27% en 2014 à 51% en 2016.

Grâce à l’amélioration des capacités de prise en charge des cas, selon les informations de l’OMS, le taux de létalité du choléra a baissé, passant de 2,6% en 2014 à 1,5% en 2016. À Juba, où les deux tiers des cas ont été notifiés en 2016, le taux de létalité a chuté et se situe à moins de 1%.