Oman combat les maladies non transmissibles dans les souks, les restaurants et les boulangeries

Août 2017

Au sultanat d’Oman, les entreprises et les communautés mènent l’assaut contre les maladies non transmissibles (MNT), telles que les cardiopathies et les affections pulmonaires, le cancer et le diabète, de plusieurs façons, par exemple en interdisant de fumer dans les souks et en proposant du pain à faible teneur en sel...

Lancement du nouveau projet de promotion de la santé pour lutter contre les maladies non transmissibles dans la ville omanaise de Nizwa.
Lancement du nouveau projet de promotion de la santé pour lutter contre les maladies non transmissibles dans la ville omanaise de Nizwa.
OMS

De nombreuses couches de la société (allant de l’autorité nationale pour la protection des consommateurs à diverses entreprises en passant par les autorités municipales), guidées par le Projet pour un mode de vie sain à Nizwa, le plus ancien projet communautaire de promotion de la santé, instauré en 1999, ont uni leurs forces pour diminuer les risques à l’origine des maladies non transmissibles et, à terme, améliorer la santé.

Située à 175 kilomètres environ de de Mascate, la capital d’Oman, Nizwa est l’une des destinations touristiques les plus prisées et l’une des plus vieilles villes du pays.

«Si tout se passe bien, nous fixerons un objectif qui visera à diffuser ces initiatives et à mettre en place davantage d’exemples dans tout Oman», explique le Dr Zahir Al Anqoudi, chef de la section de lutte contre les maladies non transmissibles au ministère omanais de la Santé et membre de la Société omanaise de lutte antitabac.

Au début de l’année, le Projet pour un mode de vie sain à Nizwa a lancé 2 nouvelles activités novatrices de promotion de la santé: le «Souk non-fumeur» dans le marché traditionnel en plein air de Mascate, et l’Initiative pour des restaurants sains.

Oman fait partie des pays sélectionnés par l’OMS pour recevoir un soutien intégré afin d’atteindre rapidement les 9 cibles mondiales de lutte contre les maladies non transmissibles – y compris la réduction de 25% du nombre de décès prématurés provoqués par ces maladies d’ici à 2025 – et les cibles liées aux maladies non transmissibles figurant dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030.

La recette du succès

Le soutien de l’OMS a été essentiel pour permettre à Oman de réduire la consommation de sel, de réglementer la commercialisation et la vente de l’alcool et de promouvoir l’activité physique. L’Organisation a également permis de poser les bases des 5 priorités stratégiques pour la lutte contre les maladies non transmissibles visées par Oman: la lutte antitabac, une alimentation saine, l’activité physique, des territoires sains, et l’intégration des maladies non transmissibles dans les soins de santé primaires.

L’OMS a également œuvré au rassemblement de personnes et de dirigeants issus de différents secteurs derrière un objectif commun afin d’intensifier l’action pour améliorer la santé des Omanais au quotidien.

Agir au plus près de la population

À Oman, les centres communautaires populaires sont souvent les lieux de culte, les restaurants ou les marchés. Sur la base de ce constat, le ministère de la Santé a décidé privilégier ce type d’endroits pour lutter contre 2grands facteurs de risques des maladies non transmissibles: l’alimentation et le tabagisme.

À Nizwa, mettre en place un souk non-fumeur a été la deuxième grande étape dans la lutte antitabac, après l’interdiction de fumer dans les lieux fermés adoptée en 2010. Une étude conduite par des bénévoles locaux en 2016 a montré que l’interdiction était soutenue de manière quasi unanime par les membres de la communauté, les propriétaires d’entreprises, les visiteurs locaux et les touristes internationaux.

L’Initiative pour des restaurants sains est une première pour Oman et l’une des seules de ce type dans la Région de la Méditerranée orientale. Trois restaurants se sont portés volontaires pour expérimenter des principes directeurs élaborés au niveau local, pour l’intégration d’options saines dans leurs menus, c’est-à-dire avec de faibles quantités de sel, de matières grasses et de sucre. Des cours pour apprendre à préparer des plats sains sont également proposés au personnel.

«Nous allons veiller à ce que la mise en œuvre de ces initiatives se fasse graduellement moyennant une véritable sensibilisation et une bonne formation», indique Yarub Al Yahyaee, directeur de la municipalité de Nizwa.

Le plaidoyer en faveur du changement

À Oman, cibler des facteurs de risques tels que l’alimentation ou le tabagisme qui sont étroitement liés aux cancers, aux cardiopathies, aux AVC, au diabète et aux affections respiratoires chroniques, est une question vitale.

Plus de 50% des Omanais, hommes et femmes, sont en surpoids ou obèses, plus de 40% ont de l’hypertension, et 12 % ont été diagnostiqués diabétiques. Un Omanais sur 5 meurt avant son 70e anniversaire, dans la plupart des cas de maladies cardiovasculaires en grande partie évitables.

Comme dans beaucoup d’autres pays de la Région OMS de la Méditerranée orientale, à Oman, la consommation moyenne de sel est estimée à près de 10 grammes par personne et par jour; soit le double des recommandations de l’OMS.

C’est pourquoi l’Équipe spéciale interorganisations de l’ONU de lutte contre les maladies non transmissibles et l’équipe de l’OMS chargée du soutien intégré au pays (GCM/NCD) collaborent étroitement avec Oman pour garantir que des mesures telles que la réduction du sel soient mises en œuvre dans leur globalité, en commençant par le suivi et la surveillance de la consommation de sel pour l’ensemble de la population.

Obtenir des résultats

Depuis 2015, Oman est parvenu à réduire de 10% la teneur en sel des produits de panification dans les principales boulangeries. En 2016, cette initiative a fixé un objectif encore plus ambitieux d’une réduction de 20% de la quantité de sel dans le pain et a décidé d’élargir sa lutte en l’étendant aux fromages.

Le ministère omanais de la Santé a également mis en place une équipe nationale de suivi chargée de surveiller la réduction des quantités de sel et de matières grasses dans les produits alimentaires omanais.

On espère que cela permettra d’obtenir une mesure de référence de la consommation de sel de la population, traditionnellement mesurée à l’aide d’un échantillon d’urine testé dans un délai de 24 heures, afin que les évolutions puissent être suivies et reliées plus facilement à des changements dans les résultats sanitaires.

Pour veiller à ce que ces mesures atteignent la jeunesse omanaise, le gouvernement a incorporé des éléments d'éducation sanitaire dans tous les programmes scolaires. L’objectif est que les jeunes puissent être de puissants acteurs du changement mais également qu’ils bénéficient grandement des messages de promotion de la santé.

Une proposition supplémentaire visant à réduire les quantités de graisses saturées, en particulier d’huile de palme, dans la nourriture omanaise est examinée en ce moment par le gouvernement.

Donner la parole à chacun

Un fort leadership et une approche multisectorielle intégrant tous les niveaux de la société, ainsi que les autorités de l’État, seront nécessaires pour que les progrès dans la lutte contre les maladies non transmissibles se poursuivent à Oman. Il va également falloir faire preuve de patience et recevoir du soutien pour garantir que l’extension des projets pilotes puisse s’effectuer à l’allure adéquate.

«C’est encourageant de voir un véritable engagement de la part du secteur de l’alimentation et des boissons à Oman pour essayer d’œuvrer en faveur d’une amélioration de la santé», déclare le Dr Asmus Hammerich, directeur de la lutte contre les MNT au Bureau régional OMS de la Méditerranée orientale.