Témoignages de malades atteints de tuberculose – leur combat contre la maladie

Octobre 2017

La tuberculose est à l’heure actuelle la maladie infectieuse la plus meurtrière dans le monde. Transmise par voie aérienne, elle peut toucher chacun d’entre nous. Elle tue encore chaque jour plus de 5000 femmes, hommes et enfants. Les répercussions sociales et économiques, parmi lesquelles on compte la pauvreté, la stigmatisation et les discriminations, sont catastrophiques. C’est une maladie qui peut être guérie et évitée, mais, à l’échelle internationale, les mesures prises et les investissements consentis restent bien en deçà des efforts nécessaires pour mettre fin à l’épidémie mondiale de tuberculose.

Voici les récits, rapportés du monde entier, de victimes de la tuberculose qui détaillent leurs combats contre la maladie. Ayant éprouvé les effets secondaires des médicaments, la difficulté à suivre le traitement et l’impact mental et psychologique de la maladie, ces témoins veulent sensibiliser le grand public et souligner l’importance du dépistage et de la rigueur dans l’observance du traitement.

Porteuses d’une expérience cruciale, leurs voix sont un formidable outil de plaidoyer pour accélérer la lutte contre la tuberculose et permettre aux actions préventives et curatives de toucher tous les publics concernés.


Sophia, Namibie

OMS

Je m’appelle Sophia, je suis namibienne. J’ai 34 ans et j’ai gagné mon combat contre la tuberculose.

Il y a quelques années, j’ai déménagé à Windhoek pour trouver un emploi. Peu après, je me suis rendu compte que je n’allais pas bien. J’avais mal à la poitrine, je toussais beaucoup, je n’avais plus d’appétit. Je me suis donc rendue à l’hôpital, où les médecins ont analysé mes expectorations. On m’a donné des médicaments, mais j’ai dû y retourner une semaine après car il n’y avait aucune amélioration.

Les médecins ont fini par me faire passer une radio, et m’ont dit peu après que j’avais la tuberculose. Ce fut un choc. Je ne comprenais pas comment j’avais pu être infectée, et je leur ai dit que je ne fumais pas et que je ne buvais pas d’alcool. Ils m’ont expliqué que la tuberculose se transmet par voie aérienne et peut toucher n’importe qui, n’importe où, et que je devais aller au centre DOTS le plus proche de chez moi pour commencer un traitement.

Lorsque j’ai appris que le traitement allait durer 6 mois, j’ai eu peur. Cela m’a semblé une éternité. Lorsque j’ai entamé mon traitement, je vomissais à chaque fois que je prenais un cachet, parce que je l’avalais le ventre vide. Je n’avais plus d’appétit. À la clinique, on m’a donné des aliments qui facilitaient la prise des cachets, comme du porridge.

À la fin de mon traitement, lorsque j’ai été totalement guérie, j’ai décidé de devenir bénévole pour le centre et je m’y suis rendue chaque jour pour cultiver le potager. Par la suite on m’a demandé d’apporter mon aide au centre DOTS, et depuis 2 ans j’aide les patients en me rendant régulièrement à leur domicile pour m’assurer qu’ils suivent leur traitement jusqu’au bout. J’informe aussi les familles et l’entourage des patients sur la tuberculose.