Les équipes de l’OMS aident les populations dans les zones difficiles d’accès au Nigéria

Février 2017

Aidées par l’OMS, des équipes médicales installent des dispensaires mobiles dans des zones difficiles d’accès au nord est du Nigéria. Ces équipes sont appelées «hard-to-reach» (HTR) car elles ont pour mission de parvenir dans les zones éloignées et peu sûres pour dispenser des soins d’urgence aux populations privées des services de santé essentiels. Le conflit qui a duré 8 ans a provoqué des déplacements forcés généralisés et une insécurité sévère en matière d’alimentation et de nutrition. De grandes parties de l’État de Borno, l’état le plus touché, demeurent inaccessibles pour l’aide humanitaire.


OMS/A. Clements-Hunt

Des années d’un violent conflit au nord est du Nigéria ont privé des millions de personnes des services de santé même les plus basiques. La véritable ampleur de la crise humanitaire a commencé à se révéler quand les villes et les villages, jusque là occupés par des groupes armés, sont redevenus progressivement plus accessibles. La malnutrition est généralisée et près de 6 millions d’hommes, de femmes, d’enfants et de nourrissons ont besoin d’urgence d’une aide sanitaire.


OMS/A. Clements-Hunt

Deux tiers des hôpitaux, des dispensaires et des autres établissements de santé dans les états les plus touchés sont partiellement ou complètement endommagés. Ceux qui restent opérationnels sont souvent difficilement accessibles, ont des pénuries de personnel, manquent d'équipements et de médicaments de base et ont très rarement accès à l’eau potable. Par conséquent, les équipes mobiles installent des dispensaires de fortune sous les arbres. Les partenaires humanitaires intensifient leur action face à la crise, mais avec l’insécurité qui continue, il s’avére difficile et dangereux d’atteindre ceux qui ont besoin d’aide dans les communautés isolées ou les camps de personnes déplacées.


OMS/A. Oke

Les équipes médicales HTR amènent les services de santé de base aux communautés isolées et aux populations déplacées par le conflit. L’insécurité permanente implique que les équipes sont souvent basées dans des villes qui ne peuvent être atteintes que par hélicoptère. À partir de là, elles se déploient quotidiennement dans les zones environnantes, installent des dispensaires sous les arbres pour dispenser les soins indispensables.


OMS/A. Clements-Hunt

Dans un petit village, une foule de femmes et d’enfants attend patiemment sous le soleil de la mi journée pour être traitée par l’une des 24 équipes HTR. Abubakar, 3 ans, est le plus jeune des 7 enfants de Zainab et a des difficultés respiratoires. Zainab a aussi de la fièvre. L’agent de santé lui fait un test pour rechercher le paludisme et évalue Abubakar pour voir s’il peut être soigné par l’équipe ou s’il doit être adressé à l’établissement de santé opérationnel le plus proche. Le paludisme est la cause la plus fréquente de maladie et de mortalité dans la zone touchée par le conflit, mais les infections respiratoires aiguës provoquent aussi de nombreux morts.


OMS/A. Clements-Hunt

Le dépistage de la malnutrition aiguë sévère est l’une des principales activités des équipes HTR. Les enfants malnutris sont particulièrement vulnérables face aux maladies à prévention vaccinale, comme la rougeole ou la diphtérie, ou aux affections respiratoires et diarrhéiques. L’association de ces maladies avec de hauts niveaux de malnutrition aiguë sévère dans l’État de Borno a multiplié jusqu’à 4 fois les taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans par rapport aux seuils d’urgence internationaux. Les enfants et les nourrissons chez lesquels on diagnostique uinqne malnutrition aiguë sévère sont adressés aux établissements publics et à ceux des partenaires, pour y recevoir une alimentation thérapeutique.


OMS/A. Oke

Ici, les équipes participent à une formation initiale avant de se déployer sur le terrain. Elles sont composées de personnel infirmier, de sages femmes et d’agents de santé communautaires. En plus du dépistage de la malnutrition aiguë sévère, du paludisme et du traitement de celui ci, les équipes assurent un certain nombre d’autres fonctions essentielles en soins de santé primaire, comme la vaccination des enfants contre la poliomyélite, la rougeole, la fièvre jaune et d’autres maladies normalement incluses dans le programme de vaccination systématique.


OMS/A. Clements-Hunt

Les femmes enceintes qui n’ont pas pu avoir accès aux soins prénatals de base sont suivies par les équipes HTR qui leur donnent des suppléments d’acide folique et de fer et, si nécessaire, le traitement préventif intermittent contre le paludisme. Les équipes HTR reviennent au moins une fois par mois, si les conditions de sécurité le permettent, pour assurer la continuité des soins pour les femmes enceintes et les vaccinations systématiques.


OMS/A. Clements-Hunt

Les équipes délivrent des médicaments pour traiter le paludisme et des problèmes mineurs, ainsi que des suppléments de vitamine A et des comprimés antiparasitaires pour les enfants. Elles mènent également des activités de promotion de la santé et enseignent aux communautés certaines pratiques importantes, comme l’hygiène et l’allaitement exclusif au sein.


OMS/A. Clements-Hunt

Environ 4000 personnes par semaine sont vues par les 24 équipes d’HTR. C’est l’un des dispositifs mis en place par le gouvernement du Nigéria, l’OMS, les partenaires et d’autres organisations s’efforçant d’étendre l’action contre la crise et de dispenser des services de santé essentiels, qui sauvent des vies dans les zones en proie au conflit.