Étude sur la persistance du virus Zika dans les liquides biologiques

Avril 2017

Le virus Zika est le premier virus connu pour se transmettre à la fois à l’être humain par les piqûres de moustiques et par les rapports sexuels avec un sujet contaminé.

Au cours de l’année 2016, l’OMS et la communauté mondiale de la recherche ont rapidement réuni les preuves que la transmission du virus Zika lors des rapports sexuels était non seulement possible, mais aussi beaucoup plus courante qu’on ne le pensait auparavant.

Mais de nombreuses questions demeurent sans réponse: Combien de temps le virus reste-t-il dans l’organisme? Le virus peut-il se maintenir à l’état latent et réapparaître à un stade ultérieur? L’OMS coordonne une étude au Brésil, appelée ZikaBra, pour répondre à ces questions. Les réponses lui permettront d’affûter ses recommandations sur la meilleure façon de prévenir les infections à virus Zika.

OMS/E. Kara

L’étude sera menée dans 3 villes du Brésil: Rio de Janeiro (photo ci-dessus), Manaus et Recife. Celles-ci réunissent les caractéristiques nécessaires pour faire partie de l’étude: des zones avec des communautés densément peuplées et où il y avait une activité du virus Zika en 2016. De plus, elles disposent aussi de réseaux proactifs de santé communautaire et de laboratoires capables d’effectuer des analyses complexes des liquides biologiques.


OMS/E. Kara

Il sera demandé aux adultes se présentant avec des symptômes de l’infection dans les centres de santé municipaux, les services d’urgence et les dispensaires de quartier, comme celui de la photo ci-dessus, s’ils veulent participer à l’étude. Cette demande sera faite également à leurs contacts familiaux et à leurs partenaires sexuels, qu’ils présentent ou non des symptômes. On s’attend à recruter environ 1300 volontaires au total dans les trois villes.


OMS/E. Kara

Avant le début de l’étude, l’équipe de recherche s’est réunie à la Fundação de Medicina Tropical Doutor Heitor Vieira Dourado, un centre à Manaus se consacrant exclusivement au diagnostic et au traitement des maladies tropicales. Elle a discuté de la façon pour le personnel infirmier de l’étude de donner des conseils et des informations aux participants. Le personnel infirmier sera formé à discuter de sujets intimes et sensibles avec les participants qui apprendront comment le virus Zika se transmet et comment éviter l’infection et les grossesses non désirées.


OMS/E. Kara

Les hommes et les femmes présentant des signes ou symptômes du virus Zika seront orientés vers l’infirmier ou l’infirmière de l’étude qui leur demandera s’ils acceptent de participer. Ils seront informés qu’ils sont libres de choisir ou non de participer à ces travaux, qu’ils peuvent se retirer de l’étude à n’importe quel moment et qu’ils doivent indiquer leur consentement par écrit («consentement éclairé»). On leur demandera également si les liquides biologiques prélevés pourront être utilisés pour de futurs projets de recherche. Cette procédure standardisée aide à mener des études supplémentaires longtemps après la fin de l’étude initiale. Toutes les mesures ont été fixées et acceptées par des comités d’éthique nationaux et de l’OMS pour garantir la protection des intérêts des participants.


OMS/E. Kara

On a retrouvé le virus Zika dans certains liquides biologiques comme le sang, les urines, le sperme, le liquide céphalo-rachidien, la salive, le liquide amniotique/les sécrétions féminines et le lait maternel. La recherche a montré que le virus Zika peut persister plus longtemps dans les urines et le sperme que dans le sang. Une série de liquides biologiques sera prélevée sur les participants pendant 12 mois. Les échantillons seront analysés pour établir la présence éventuelle du virus Zika et les réponses immunitaires à différents moments.


OMS/E. Kara

L’étude ZikaBra est dirigée par l’OMS en collaboration avec le Ministère brésilien de la santé, Fiocruz (photo ci-dessus) et le Walter Reed U.S. Army Institute of Research. Tous les partenaires apportent une contribution unique. L’OMS, par exemple, a élaboré un protocole général pour mesurer la persistance du virus dans les liquides biologiques de façon à ce que les résultats des recherches dans le monde entier puissent être comparés et permettent de dresser un tableau mondial. L’étude ZikaBra a été élaborée à l’aide de ce protocole.

On attend les résultats de l’étude en milieu d’année 2018.