Risques sanitaires pour la population du Grand Darfour : de multiples dangers liés à l'environnement

13 Septembre 2004

La flambée d'hépatite E dans les camps de réfugiés de la région du Grand Darfour et du Tchad oriental et le risque d'un épidémie de choléra faisant suite à celle observée dans le centre et l'ouest du pays soulignent la nécessité d'améliorer d'urgence l'approvisionnement en eau et l'assainissement dans les camps de personnes déplacées. L'amélioration de l'accès à une eau propre et à des latrines convenables fait partie des cinq stratégies essentielles prévues dans le cadre de l'appel global des Nations Unies pour le programme d'assistance au Soudan jusqu'à la fin de l'année 2004, aux côtés de l'alimentation et de l'agriculture, de la santé, de la mise en place d'abris et des articles non alimentaires. Il faut environ US $33 millions pour 2004, dont 18 millions rien que pour le Darfour.

Si le nombre des décès imputables aux flambées récentes de maladies véhiculées par l'eau reste faible par rapport aux autres causes liées au conflit, l'hépatite E ajoute néanmoins à la mortalité et à la morbidité constatées dans la région du Grand Darfour, en proie à la guerre depuis février 2003. A ce jour, on estime qu'il y a plus de 1,2 millions de personnes déplacées et qu'un plus grand nombre encore est probablement touché.

Les spécialistes OMS de l'environnement ont inspecté les camps de déplacés dans le Grand Darfour et décrivent ici les multiples dangers qu'ils ont observés et qui vont augmenter le nombre des victimes et le poids de la souffrance, notamment pour les femmes.

Puits ouverts ou sans protection

L'eau provenant des puits ouverts ou sans protection que l'on observe dans les camps peut être contaminée de différentes façons : 1) par les récipients utilisés pour collecter l'eau ; 2) par l'eau qui retombe dans le puits au moment de la collecte ; 3) par divers types de débris, ordures, poussières, excréments d'animaux ; 4) par l'écoulement des eaux de pluies pouvant contenir des matières fécales lorsque les conditions d'assainissement sont mauvaises.

Dans le camp de Kerenek, dans le Darfour Ouest, le Ministère de la Santé de l'Etat a ordonné de fermer les puits ouverts tant qu'ils n'auront pas été améliorés. L'OMS recommande la fermeture des puits ouverts jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment protégés, dans la mesure où l'on fournit à la population des quantités d'eau suffisantes à partir d'autres sources.


Récipients ouverts

Certaines familles utilisent des jerrycans ou d'autres types de récipients ouverts pour transporter ou conserver l'eau. Or, dans ces conditions, l'eau peut être contaminée par des mains ou des objets sales. L'OMS recommande des récipients à goulot étroit ou fermés car on limite ainsi les possibilité de contamination.


Transport de l'eau

Dans le Grand Darfour comme dans l'ensemble du Soudan, l'usage courant est de transporter l'eau à dos d'âne dans des outres en peau de chèvre. Il s'agit là d'un moyen traditionnel d'amener de l'eau d'un endroit à l'autre. Or celle-ci peut être contaminée pendant le remplissage des outres, pendant le transport, puis au moment de vider les outres. Les agents de santé communautaires doivent donner des indications précises sur la manière de remplir les outres et de conserver l'eau. Lorsque celle-ci provient d'une source qui n'a pas été chlorée, la chloration est fortement recommandée. Les usagers doivent en outre filtrer le liquide à l'aide d'un linge pour éliminer d'éventuels objets flottant de petite ou grande taille. Au niveau des ménages, l'eau doit être conservée dans des récipients propres et fermés.


Hygiène personnelle

Lorsque les quantités disponibles sont très limitées, comme c'est le cas dans les camps de personnes déplacées du Grand Darfour, les populations ont tendance à utiliser l'eau avec une grande parcimonie pour l'hygiène personnelle, comme le lavage des mains ou des vêtements. Les campagnes de promotion de l'hygiène jouent donc un rôle crucial pour diffuser des messages sur l'importance de respecter les règles d'hygiène, comme de se laver les mains avec du savon, de manipuler et de conserver correctement l'eau à domicile, d'éliminer les excréments des enfants, de nettoyer les latrines et de manipuler proprement la nourriture.


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Pour plus d'informations:

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Yvette Bivigou
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