Qu’entend-on par poliovirus dérivé d’une souche vaccinale?

Questions-réponses
31 mars 2014

Q: Qu’entend-on par poliovirus dérivé d’une souche vaccinale?

R: Le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) contient une forme atténuée (affaiblie) du poliovirus qui active une réponse immunitaire de l’organisme. Quand le VPO est administré à un enfant, la souche vaccinale affaiblie se réplique dans l’intestin pendant une période limitée, ce qui lui permet de développer son immunité en synthétisant des anticorps. Pendant ce temps, la souche vaccinale est également excrétée. Dans les zones où l’assainissement est insuffisant, ces virus vaccinaux excrétés peuvent se propager dans la communauté locale (ce qui peut conférer la protection à d’autres enfants par le biais de l’immunisation « passive ») avant de finir par s’éteindre.

Il arrive de temps en temps, dans les populations ayant une très faible immunité, que la souche vaccinale excrétée puisse continuer de circuler sur une durée prolongée. Plus elle survit longtemps, plus elle peut subir de mutations génétiques. Dans de très rares cas, le virus acquiert, par mutation, la capacité de provoquer une paralysie et il est devenu ce que l’on appelle un poliovirus circulant dérivé d’une souche vaccinale (PVDVc).

Cela prend du temps pour qu’un PVDVc apparaisse. En général, il faut que la souche ait pu circuler dans une population peu ou pas immunisée pendant au moins 12 mois. Les PVDV circulants émergent quand la vaccination systématique ou les activités de vaccination supplémentaires (AVS) sont mal exécutées, la population restant alors sensible au poliovirus, qu’il dérive de la souche vaccinale ou qu’il soit sauvage. Le problème ne vient donc pas du vaccin lui-même, mais de la faible couverture vaccinale. Lorsqu’une population est bien immunisée, elle est protégée contre ces deux types de virus.

Depuis 2000, plus de 10 milliards de doses ont été administrées à près de 3 milliards d’enfants. Ainsi, plus de 10 millions de cas de poliomyélite ont été évités, soit un recul du nombre de cas de 99%. Au cours de cette période, 20 flambées épidémiques dues à des PVDVc se sont produites dans 20 pays et ont entraîné 655 cas d’infection par le PVDV.

Le faible risque représenté par les PVDVc n’est rien en comparaison des énormes avantages associés au VPO pour la santé publique. Chaque année, des centaines de milliers de cas dus au poliovirus sauvage sont évités. Plus de 10 millions de cas ont été évités depuis le commencement de l’administration du VPO à grande échelle, il y a 20 ans.

Dans le passé, la circulation des PVDV a été rapidement interrompue au moyen de campagnes de vaccination de qualité comportant deux à trois tournées. La solution est toujours la même pour toutes les flambées de poliomyélite : administrer plusieurs fois à chaque enfant le vaccin antipoliomyélitique oral pour interrompre la transmission, quelle que soit l’origine du virus.

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