Rapport sur la santé dans le monde 2010

Questions-réponses
Novembre 2010

Environ 20 à 40% des dépenses de santé dans le monde sont gaspillés. Comment les pays peuvent-ils faire mieux?

Le Rapport sur la santé dans le monde 2010, intitulé Le financement des systèmes de santé: le chemin vers une couverture universelle, présente 10 possibilités d’améliorer l'efficacité en matière de financement des systèmes de santé.

On peut intervenir au niveau des hôpitaux ou au niveau des médicaments. Dans tous les cas, le rapport souligne que les gouvernements doivent être exigeants en matière de transparence et toujours rechercher l’option la plus rentable. Il faut, par exemple, comme l’ont récemment fait le Kenya et la République-Unie de Tanzanie, prendre des mesures pour améliorer les normes de qualité des médicaments antipaludiques.

Pour obtenir la meilleure rentabilité, il faut négocier les prix. Dans certains pays, les médicaments coûtent 67 fois le prix de référence international. En 2008, la France a économisé l’équivalent de près de 2 millions de dollars en préférant, dans la mesure du possible, les médicaments génériques aux médicaments de marque.

Il y a souvent plusieurs façons de prévenir ou de traiter une maladie - et les coûts sont extrêmement variables. Dans bien des cas, on peut opter pour des interventions moins onéreuses et plus efficaces.

Quels sont les éléments d’un système modèle de financement de la santé?

Un pays est sur la bonne voie si son gouvernement:

  • montre sa volonté politique de développer le système de financement de la santé et de maintenir la couverture universelle ou de s’en approcher, et fait participer toutes les parties intéressées, y compris la population, à ce processus;
  • alloue suffisamment de fonds à la santé (ceci varie selon la situation). En Afrique, cette allocation est en moyenne à peine supérieure à 10%. En Europe, la proportion moyenne des dépenses publiques consacrées à la santé est de près de 13%.
  • recherche de nouvelles sources de revenu - par exemple, différentes formes de taxation indirecte comme les taxes sur les ventes de tabac et d’alcool et les taxes sur les transactions en devises;
  • crée (ou a créé) un système afin que les gens paient les soins de santé avant de tomber malades et puisent dans le fonds ainsi constitué (par le biais d’une assurance-maladie et/ou d’un impôt) lorsqu’ils sont malades;
  • s’efforce de rentabiliser les dépenses de santé;
  • veille à ce que les groupes vulnérables bénéficient des soins dont ils ont besoin.
Que devraient faire les donateurs?

Les donateurs doivent tenir les promesses qu’ils ont faites au niveau international. Depuis 2000, l’aide apportée par les donateurs a considérablement augmenté mais elle est encore loin de l'objectif de 0,7% du PIB fixé par de nombreux pays développés.

À l’aide apportée officiellement par les gouvernements peuvent s’ajouter plusieurs mécanismes de financement novateurs comme la taxe sur les billets d’avion imaginée par la France et la campagne ProductRED du Fonds mondial.

Les fonds doivent être acheminés de façon à permettre explicitement aux pays bénéficiaires de créer leurs propres mécanismes et institutions de financement. C’est-à-dire qu’il faut davantage soutenir les plans des pays et ne pas créer, dans les pays, des mécanismes qui entrent en concurrence avec ceux existant déjà en ce qui concerne la détention et l’utilisation des fonds et la présentation de rapports concernant leur utilisation.

Qu’est-ce que ce Rapport sur la santé dans le monde apporte de nouveau concernant le financement?

Pour la première fois, le Rapport sur la santé dans le monde suggère que tous les pays peuvent développer encore davantage leur système de financement de la santé. Si chaque pays appliquait ne serait-ce qu’une seule des recommandations présentées dans le rapport, des millions de vies seraient sauvées.

Le rapport montre aussi, les sommes d’argent que les pays à revenu faible ou intermédiaire pourraient eux-mêmes dégager en prenant diverses mesures. Par exemple, les pays à revenu faible pourraient dépenser deux fois plus pour la santé s’ils accordaient plus d’importance à la santé dans le budget de l’État.

Le rapport calcule également les pertes qui découlent d’à peine 10 causes courantes d’inefficience, ce qui ouvre d’énormes possibilités d’améliorer la santé sans dépenser plus.

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