Vaccination et sécurité des vaccins

Questions-réponses
24 mars 2018

1. Avec un niveau suffisant d’hygiène, d’assainissement et de qualité de l’eau, a-t-on encore besoin de la vaccination?

Les vaccins sont nécessaires; l’hygiène, l’assainissement, la qualité de l’eau et la nutrition ne suffisent pas à eux seuls pour arrêter les maladies infectieuses. Si nous ne maintenons pas des taux suffisants de vaccination, autrement dit «l’immunité collective», les maladies évitées par la vaccination reviendront. Si l’amélioration de l’hygiène, de l’assainissement et de la qualité de l’eau aide les populations à se protéger des maladies infectieuses, nombre d’entre elles peuvent se propager indépendamment de l’état de propreté. En l’absence de vaccination, des maladies devenues rares, comme la coqueluche, la poliomyélite et la rougeole réapparaîtront rapidement.

2. Les vaccins sont-ils sûrs?

Oui. Tout vaccin homologué a subi des tests rigoureux lors de multiples phases des essais avant son homologation et il est régulièrement réévalué après la mise sur le marché. Les scientifiques surveillent aussi constamment les informations en provenance de diverses sources pour déceler tout signal d’un événement indésirable susceptible d’être provoqué par un vaccin. La plupart des réactions sont en général mineures et passagères, comme un bras endolori ou une faible fièvre. Dans les rares cas de notification d’un événement indésirable sérieux, une enquête est immédiatement lancée.

Il est beacoup plus probable de souffrir gravement d’une maladie à prévention vaccinale que du vaccin. Par exemple, la poliomyélite peut entraîner une paralysie, la rougeole une encéphalite et la cécité et certaines maladies peuvent même provoquer la mort. Tout événement grave ou décès dû à un vaccin est un accident de trop, mais les avantages de la vaccination dépassent de loin les risques et l’on observerait un bien plus grand nombre de cas de maladies et de décès sans les vaccins.

3. Les vaccins confèrent-ils une meilleure immunité que les infections naturelles?

Les vaccins interagissent avec le système immunitaire pour produire une réaction similaire à celle induite par l’infection naturelle sans provoquer la maladie ou exposer le sujet vacciné au risque des complications potentielles. En revanche, le prix à payer pour être immunisé par l’infection naturelle peut se traduire par des troubles cognitifs avec Haemophilus influenzae type b (Hib), des anomalies congénitales avec la rubéole, le cancer du foie avec le virus de l’hépatite B ou la mort avec les complications de la rougeole.

4. Faut-il se faire vacciner contre des maladies qu’on n’observe pas dans sa communauté ou son pays?

Bien que les maladies à prévention vaccinale soient devenues rares dans de nombreux pays, les agents infectieux responsables continuent à circuler dans certaines régions de la planète. Dans notre monde fortement interconnecté, ils peuvent franchir les frontières et infecter tous ceux qui ne sont pas protégés. Des flambées de rougeole se sont produites dans des populations non vaccinées en Europe par exemple (en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Bulgarie, au Danemark, en Espagne, en Fédération de Russie, en France, en Grèce, en Italie, au Royaume-Uni, en Serbie, en Suisse ou au Tadjikistan), ainsi qu’aux États-Unis d’Amérique.

Les 2 raisons essentielles pour se faire vacciner sont de se protéger et de protéger ceux qui nous entourent. La réussite des programmes de vaccination dépend de la coopération de chaque personne pour garantir le bien-être de tous. Nous ne devons pas nous reposer sur ceux qui nous entourent pour arrêter la propagation de la maladie; nous aussi, nous devons faire tout ce que nous pouvons.

5. Peut-on administrer à un enfant plus d’un vaccin à la fois?

Les données scientifiques montrent que le fait d’administrer simultanément plusieurs vaccins n’a pas d’impact négatif sur le système immunitaire d’un enfant. Les enfants sont exposés chaque jour à des centaines de substances étrangères déclenchant des réactions immunitaires. Le fait de manger introduit de nouveaux antigènes dans l’organisme et le nez et la bouche abritent de nombreuses bactéries. Un rhume banal ou un simple mal de gorge expose les enfants à bien plus d’antigènes que les vaccins.

L’administration simultanée de plusieurs vaccins a pour avantage essentiel de diminuer le nombre des consultations médicales, ce qui permet d’économiser du temps et de l’argent. Par ailleurs, lorsque l’association de vaccins est possible (comme pour la diphtérie, la coqueluche et le tétanos), on fait moins d’injections, ce qui réduit la gêne pour l’enfant. On peut prendre un certain nombre de mesures pour diminuer la douleur au moment de la vaccination.

6. Dois-je me faire vacciner contre la grippe?

La grippe est une maladie grave faisant dans le monde de 300 000 à 500 000 morts par an. Les femmes enceintes, les petits enfants, les personnes âgées en mauvaise santé et tout sujet atteint d’une maladie chronique, comme l’asthme ou une cardiopathie, courent un risque plus élevé d’infection sévère et de décès. La vaccination des femmes enceintes a l’avantage supplémentaire de protéger les nouveau-nés (il n’existe actuellement aucun vaccin pour les enfants de moins de 6 mois).

Les vaccins contre la grippe saisonnière confèrent une immunité contre les trois souches les plus fréquentes en circulation pendant la saison concernée. C’est le meilleur moyen de réduire vos risques de contracter une grippe sévère et de la transmettre aux autres. On l’utilise depuis plus de 60 ans. En évitant la grippe, on évite aussi des dépenses médicales supplémentaires, l’absentéisme à l’école ou au travail, ainsi que les pertes de revenus dues aux journées d’absence.

7. Quels conservateurs met-on dans les vaccins?

Le thiomersal est un composé organique contenant du mercure et il est ajouté comme agent conservateur dans certains vaccins. Il est sûr et c’est l’agent conservateur le plus utilisé pour les vaccins présentés en flacons multidoses. Rien n’indique à ce jour que les quantités de thiomersal mises dans les vaccins représentent un risque sanitaire.

8. Qu’en est-il des vaccins et de l’autisme?

L’étude de 1998 ayant suscité des inquiétudes sur la possibilité d’un lien entre le vaccin antirougeoleux, antiourlien et antirubéoleux (ROR) et l’autisme s’est avérée ensuite entachée de graves erreurs et de fraude. L’article a alors été retiré de la revue où il avait été publié. Malheureusement, il avait déclenché un vent de panique qui a fait baisser les taux de vaccination et provoqué par la suite des flambées de maladies. Rien n’indique qu’il y ait un lien entre le ROR et l’autisme ou les troubles autistiques.

Protégés ensemble #les vaccinsçamarche - slogan de la semaine mondiale de vaccination 2018

Liens