Nouveau programme de gestion des situations d’urgence sanitaire de l'OMS questions-réponses

Questions-réponses
1 juin 2017

Quel est le rôle de l’OMS dans les situations d’urgence?

L’OMS a pour mission de sauver des vies et de réduire les souffrances des populations en temps de crise – que celle-ci soit due à un conflit, à une flambée de maladie ou à une catastrophe. Le nouveau programme OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire englobe la totalité du cycle de gestion des risques, ce qui signifie qu’il collabore avec les pays pour prévenir les situations d’urgence avant qu’elles ne surviennent en travaillant à la prévention et à la préparation, qu’il soutient la riposte face à une situation d’urgence, et également, une fois l’événement initial passé, le relèvement. Ce nouveau programme tire parti des années d’expérience acquises par l’OMS dans le cadre de sa collaboration avec les pays lors des situations d’urgence.

En quoi consiste le nouveau programme de gestion des situations d’urgence sanitaire de l'OMS?

Le nouveau programme de gestion des situations d’urgence sanitaire de l'OMS, demandé et approuvé par les États Membres de l'Organisation, représente un profond changement pour l’OMS, puisque les capacités opérationnelles viennent compléter nos rôles techniques et normatifs traditionnels. Le Programme collabore avec les pays et les partenaires à la préparation, la prévention, l’action et le relèvement face à toutes les situations d’urgence, quel que soit le risque à l’origine de celles-ci: catastrophe, flambée de maladie ou conflit, notamment. Le programme dirigera et coordonnera aussi l’action sanitaire internationale visant à endiguer les flambées de maladie, à porter un secours efficace aux populations touchées et à permettre le relèvement.

Pourquoi ce programme de gestion des situations d’urgence sanitaire est-il nécessaire?

À l’échelle mondiale, un nombre record de 130 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire, et les flambées de maladie sont une menace constante pour la planète.

Pour répondre aux besoins sanitaires immédiats des populations touchées par les crises tout en s’attaquant dans le même temps aux causes sous jacentes de leur vulnérabilité, l’OMS doit participer à un changement plus large dans la manière dont la communauté internationale prévient les crises, se prépare et répond à celles-ci.

Parmi les principaux changements et améliorations introduits dans le programme à ce jour, peut-on en citer quelques-uns?

Depuis le 1er août 2016, l’OMS a appliqué de nouvelles procédures de gestion des situations d’urgence pour l’évaluation des risques, le classement des situations d’urgence et la gestion des incidents. Les ripostes aux situations d’urgence récentes ont permis de tester en continu le programme et de l’ajuster. Des progrès importants ont été faits dans des domaines tels que l’évaluation des risques et le classement des situations d’urgence, la coordination de l’action de l’OMS au Siège, dans les bureaux régionaux et les bureaux de pays, moyennant un système de gestion des incidents, et le déblocage rapide de fonds à partir du Fonds de réserve OMS pour les situations d’urgence. Les enseignements tirés sont utilisés pour adapter et améliorer les procédures.

L’ouragan Matthew en Haïti

Pour riposter à l’ouragan Matthew qui a frappé Haïti, l’OMS/OPS a rapidement installé 2 nouveaux bureaux de pays, déployé des équipes multinationales d’experts pour aider le gouvernement à fournir des services sanitaires dans les zones touchées, et envoyé des fournitures et des médicaments essentiels. Anticipant l’augmentation du nombre de flambées de choléra, l’OMS/OPS a prépositionné des fournitures pour lutter contre le choléra dans les zones à risque. L’OMS/OPS a aussi évalué les structures et services sanitaires en Haïti pour fixer des priorités dans les besoins.

Flambée de fièvre jaune en Afrique

L’OMS et ses partenaires ont apporté leur soutien à la vaccination d’au moins 17 millions de personnes cette année pour réagir face à la flambée de fièvre jaune en Angola et en République démocratique du Congo, lors de campagnes complexes mises sur pied en l’espace de quelques semaines.

Riposte au virus Zika

Dans les 10 jours qui ont suivi la déclaration selon laquelle la maladie à virus Zika et les complications qui lui sont associées constituaient une urgence de santé publique de portée internationale, l’OMS a collaboré avec 23 organismes pour mettre au point un plan stratégique et opérationnel commun. Le Fonds de réserve pour les situations d’urgence de l'OMS a été utilisé pour un versement initial rapide de liquidités. L’OMS a mis au point et rapidement diffusé des orientations pour aider les pays dans tous les aspects de la riposte à la maladie à virus Zika, depuis les soins aux enfants atteints jusqu’à l’élimination des moustiques et au renforcement des services de santé pour les femmes enceintes vivant dans les zones touchées.

Conflit dans le nord-est du Nigéria

Dans le nord-est du Nigéria, dans les six semaines qui ont suivi l’intensification des opérations d’urgence, l’OMS a contribué à la mise en place d’un système d’alerte pour les maladies dans 160 établissements de santé qui fournissent des services à 85% des 1,6 million de personnes déplacées dans l’État de Borno.

Comment l’OMS travaille-t-elle avec ses partenaires dans les situations d’urgence?

Le programme de gestion des situations d’urgence sanitaire collabore avec les partenaires de l’Organisation pour protéger et sauver les vies des populations dans toutes les situations de crise sanitaire. Pendant une crise, l’OMS travaille avec le ministère de la santé local et ses partenaires pour identifier les domaines où les besoins sont les plus criants et pour coordonner les efforts des organisations partenaires afin de veiller à ce que ces domaines soient couverts à la fois par les fournitures médicales et le personnel de santé.

Aucune organisation ne peut agir seule dans les situations d’urgence. L’OMS collabore régulièrement avec ses réseaux de partenaires pour tirer parti de l’expertise de centaines d’organismes partenaires et coordonner leurs compétences.

  • Groupe sectoriel mondial pour la santé : Plus de 300 partenaires agissant dans 24 pays touchés par une crise.
  • Équipes médicales d’urgence : Plus de 60 équipes de 25 pays répertoriés par l’OMS pour fournir des soins cliniques lorsque surviennent des situations d’urgence ; leur nombre devrait rapidement passer à 200.
  • Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie (GOARN) : Depuis 2000, environ 2500 personnes pour répondre à plus de 130 situations d’urgence pour la santé publique dans 80 pays.
  • Partenaires de réserve : En 2015, les partenaires de réserve de l’OMS ont déployé l’équivalent de 207 mois de soutien en personnel auprès de 18 pays.
  • Comité permanent interorganisations (CPI) : L’OMS est un membre actif du CPI, premier mécanisme de coordination interorganisations dans le domaine de l’aide humanitaire pour répondre aux situations d’urgence complexes et majeures sous la direction du coordonnateur des secours d’urgence.

Comment le programme de gestion des situations d’urgence sanitaire de l'OMS soutient-il les pays?

Le programme de gestion des situations d’urgence sanitaire de l'OMS fournit les services suivants aux pays:

  • appui à l’évaluation de l’état de préparation du pays aux situations d’urgence sanitaire et à l’élaboration de plans nationaux pour remédier aux principales lacunes dans les capacités ;
  • élaboration de stratégies et renforcement des capacités pour prévenir les risques infectieux majeurs et lutter contre ceux-ci; et
  • suivi des événements de santé publique nouveaux et en cours pour évaluer, communiquer et recommander les mesures à prendre face aux risques pour la santé publique.

En outre, l’OMS travaillera avec les pays et ses partenaires pour:

  • garantir la préparation en vue de diminuer les risques pour la santé publique dans les pays hautement vulnérables; et
  • fournir des services de santé vitaux aux populations touchées des pays confrontés à des situations d’urgence.

Quelle est la structure du nouveau programme?

Le programme a une structure commune à l’ensemble de l’Organisation, dans les bureaux de pays, les bureaux régionaux et au Siège. C’est un programme pour les situations d’urgence unique, avec

  • un personnel unique
  • un budget unique
  • une structure de responsabilisation unique
  • un ensemble de processus/systèmes unique
  • un ensemble de critères.

La structure du programme reflète les principales fonctions et responsabilités de l’OMS dans l’évaluation des risques d’urgence sanitaire et leur gestion. Cette structure et les résultats escomptés qui lui sont associés sont les mêmes au Siège et dans les bureaux régionaux et les bureaux de pays.

Le programme est composé de 5 départements techniques et opérationnels. Les titres et les réalisations spécifiques attendues de ces départements sont les suivants:

  • Gestion des risques infectieux: veiller à l’établissement des stratégies et capacités pour les risques infectieux prioritaires majeurs.
  • Préparation des pays aux urgences sanitaires et Règlement sanitaire international (2005): veiller à l’établissement dans les pays des capacités pour la gestion de l’ensemble des risques d’urgence.
  • Informations sur les urgences sanitaires et évaluation des risques: fournir en temps opportun une analyse de la situation et une évaluation des risques fiables et assurer le suivi de la riposte pour l’ensemble des principaux événements et menaces pour la santé.
  • Opérations d’urgence: veiller à ce que les populations touchées par les situations d’urgence aient accès à un ensemble essentiel de services de santé vitaux.
  • Services essentiels pour l’action: veiller à ce que les opérations d’urgence de l’OMS soient financées et dotées du personnel nécessaire rapidement et de façon durable.

Le programme affectera plus de 1000 membres du personnel essentiel de l’OMS aux situations d’urgence. Il tirera parti de l’expérience et des compétences techniques de l’OMS pour ce qui est de l’ensemble des risques sanitaires à tous les niveaux de l’Organisation pour coordonner la riposte internationale aux situations d’urgence sanitaire dans le monde.

Quel est le financement requis pour le nouveau programme?

Le financement des activités du nouveau programme de gestion des situations d’urgence sanitaire devra combiner trois éléments: les ressources de base affectées au personnel et aux activités de base aux3 niveaux du programme, le financement du Fonds de réserve OMS pour les situations d’urgence, et le financement des activités en cours dans le cadre de situations d’urgence aiguës et prolongées moyennant des appels de fonds correspondant aux plans d’action humanitaire.

Les ressources de base constituent le financement dont l’OMS a besoin pour mettre en œuvre les capacités et les activités normatives, techniques et de gestion des opérations telles qu’elles apparaissent dans le nouveau cadre de résultats du programme de gestion des situations d’urgence sanitaire. Pour mettre en œuvre les activités de base au titre du nouveau programme, l’OMS doit obtenir 485 millions de dollars (US $) en 2016-2017: à l’heure actuelle, le déficit reste de 44%.

Le financement du budget de base provient de 3 sources:

  • Contributions fixées: les quotes-parts annuelles versées par les États Membres pour contribuer aux activités de l’Organisation.
  • Contributions volontaires de base: des contributions flexibles apportées par les États Membres et les autres donateurs que le Directeur général peut attribuer à sa discrétion et en fonction des besoins.
  • Contributions à objet désigné: des contributions volontaires réservées au budget de base du programme de gestion des situations d’urgence sanitaire ou à des activités spécifiques au sein de celui-ci.

Les appels de fonds liés aux plans d’action humanitaire présentent actuellement un déficit de 66 % sur un montant total requis de 656 millions de dollars (US $).

Le troisième élément du financement, le Fonds de réserve OMS pour les situations d’urgence,un fonds réapprovisionnable qui facilite la mise à disposition de liquidités au cours des trois premiers mois de riposte à une situation d’urgence (avant l’arrivée des fonds des donateurs), s’élève désormais à 31,5 millions de dollars (US $) sur les 100 millions visés.

Qu’est-ce que l’évaluation conjointe externe?

L’évaluation conjointe externe a été mise au point pour permettre d’évaluer les capacités d’un pays au titre du Règlement sanitaire international (2005) afin de prévenir et de déceler les risques infectieux majeurs, et d’y répondre. L’outil est structuré selon les grands principes suivants:

  • il est essentiel de prévenir et de réduire la probabilité des flambées et des autres risques et événements concernant la santé publique définis par le Règlement sanitaire international (2005);
  • déceler les menaces à un stade précoce peut permettre de sauver des vies; et
  • une riposte rapide et efficace nécessite une coordination et une communication multisectorielle, aux niveaux national et international.

La participation des pays au processus d’évaluation conjointe externe est volontaire. Elle s’appuie sur une approche multisectorielle à la fois des équipes externes et des pays hôtes, l’accent étant mis sur la transparence et l’accessibilité des données, le partage des informations, et la diffusion publique des rapports.

L’évaluation conjointe externe intègre les cibles et les indicateurs du Programme d’action pour la sécurité sanitaire mondiale et des éléments complémentaires nécessaires pour couvrir pleinement les principales capacités du Règlement sanitaire international (2005).

Les pays bénéficient d’un soutien pour évaluer leurs progrès vers la réalisation des cibles du Règlement sanitaire international (2005), dans le souci d’un maintien durable des améliorations et de l’identification des besoins les plus urgents dans le cadre du système de sécurité sanitaire, afin d’établir des priorités dans les possibilités d’améliorer la préparation, la riposte et l’action. L’évaluation conjointe externe sert aussi de base de discussion entre les pays et les donateurs et partenaires actuels et potentiels afin de cibler efficacement les ressources.

Qui assurera le suivi du succès du programme?

Le 29 mars 2016, le Directeur général a créé le Comité consultatif de surveillance indépendant pour superviser et contrôler la mise en place et les résultats du programme de gestion des situations d’urgence sanitaire, orienter les activités du programme, et faire état de ses conclusions à l’Assemblée de la Santé par l’intermédiaire du Conseil exécutif. Les rapports du Comité seront transmis au Secrétaire général des Nations Unies et au Comité permanent interorganisations.

Les principales fonctions du Comité consultatif de surveillance indépendant sont les suivantes:

  • évaluer l’exécution des principales fonctions du programme dans les situations d’urgence sanitaire (y compris les 5 piliers des activités du programme, par exemple, qui comprennent à la fois les opérations d’urgence et les services de base);
  • déterminer si le financement et les ressources du programme sont appropriés et adaptés;
  • conseiller le Directeur général;
  • examiner les rapports du Programme sur l’action de l’OMS dans les situations d’urgence sanitaire;
  • examiner les rapports sur la situation de la sécurité sanitaire établis par le Directeur général pour être présentés à l’Assemblée mondiale de la Santé par l’intermédiaire du Conseil exécutif, et à l’Assemblée générale des Nations Unies;
  • établir un rapport annuel sur ses activités, conclusions, recommandations et, si nécessaire, des rapports intérimaires, qui seront présentés par le Président du Comité à l’Assemblée mondiale de la Santé par l’intermédiaire du Conseil exécutif.

Le Comité se compose de 8 membres issus des gouvernements nationaux, d’organisations non gouvernementales et du système des Nations Unies, ayant une vaste expérience dans un grand nombre de disciplines, parmi lesquelles la santé publique, les maladies infectieuses, les crises humanitaires, l’administration publique, la gestion des situations d’urgence, la mobilisation des communautés, les partenariats et le développement. Les membres exercent leurs fonctions à titre personnel et assument leurs responsabilités en tenant pleinement compte de l’importance primordiale de leur indépendance.

Le Comité se réunira régulièrement et collaborera avec l’équipe de direction du programme pour l’aider à orienter ses activités. Il évaluera aussi les activités du programme et influera sur celui-ci par sa collaboration avec les États Membres.