EMRO sous les obus

Écoutez les bandes-son originales de l’évacuation

En juillet 1956, le Président Nasser annonça son intention de nationaliser le Canal de Suez. En septembre, une grande instabilité politico-militaire régnait en Egypte. Le 1er novembre 1956, parvint au Bureau régional OMS de la Méditerranée orientale (EMRO)- basé en Alexandrie - l'ordre d’évacuation donné par le Secrétaire général des Nations unies, Dag Hammarskjold. Il fut annoncé que l’ordre s’appliquait non seulement au personnel international, mais aussi au personnel recruté localement et aux personnes à charge qui souhaitaient partir. Pour certains, le choix était cornélien : rester sur place ou partir avec le maigre bagage autorisé.

Les dernières heures, fiévreuses et entrecoupées de pannes d’électricité, se passèrent à mettre de l’ordre dans les papiers et à établir des documents de voyage. Tôt le matin, le Dr Shousha, Directeur régional, prit congé de son personnel en demeurant résolument enjoué, regardant ses collaborateurs partir vers le port en une longue file de taxis flanqués d’agents de sécurité perchés sur les marchepieds.

Une fois sur les quais, hommes, femmes et enfants (dont des bébés) furent embarqués sur trois transports de troupes de la Marine américaine, sous les tirs intermittents des batteries de DCA d’un aérodrome voisin dont les installations étaient bombardées.


En arrivant dans la baie de Suda (Crête), les 2000 évacués furent transbordés à l’aide de chalands sur le transport “General Alexander Patch”. Des infirmières de l’OMS installèrent une pouponnière où elles accueillirent quinze nourrissons de moins de neuf mois.


Quatre jours après avoir quitté Alexandrie, le contingent arrivait à Naples à sept heures du matin, salué par une musique de la Marine américaine ainsi que par des photographes de presse, des opérateurs de cinéma et des responsables de la Croix-Rouge et des Nations unies.


Après un court répit à Naples, les personnels rallièrent Genève où ils furent accueillis par des collègues enfin rassurés sur leur sort.


Nous tenons à remercier Ronnie Peters, adjointe administrative du Dr Shousha à l’époque, qui nous a relaté ces faits et nous a prêté des diapositives qu’elle avait prises ainsi que le témoignage écrit de Pamela Palmer, fonctionnaire de l’information. Nous aimerions recueillir les souvenirs d’autres anciens qui ont vécu ces événements— notamment de personnels recrutés localement.

Partager