Sept années de tragédie sanitaire en Syrie

14 mars 2018
Communiqué de presse
GENÈVE

Après sept ans de conflit en Syrie, l’Organisation mondiale de la Santé renouvelle son appel pour la protection des agents de santé et pour un accès immédiat aux populations assiégées.

Les attaques contre le secteur de la santé se sont poursuivies à un niveau alarmant l’an dernier. Les 67 attaques confirmées contre des établissements, des agents et des infrastructures de santé enregistrées au cours des deux premiers mois de 2018 représentent plus de 50% du nombre d’attaques confirmées pour toute l’année 2017.

«Cette tragédie sanitaire doit cesser», a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. «Chaque attaque ébranle les communautés et se répercute sur les systèmes de santé en endommageant les infrastructures et en réduisant l’accès aux soins pour les populations vulnérables. L’OMS demande à toutes les parties belligérantes en Syrie d’arrêter immédiatement les attaques contre les agents de santé, leurs moyens de transport, leurs équipements, les hôpitaux et les autres établissements médicaux.»

Les systèmes de santé sont attaqués précisément là où ils sont le plus indispensables. On estime à 2,9 millions le nombre de Syriens vivant dans des zones déclarées par l’ONU comme étant difficiles d’accès ou assiégées. L’OMS fournit une assistance sanitaire dans nombre de ces zones sans y avoir toutefois un accès régulier.

Dans la Ghouta orientale, près de 400 000 personnes vivent en état de siège depuis cinq ans. Toutes les fournitures médicales de base sont épuisées et il y a désormais plus de 1000 personnes ayant besoin d’une évacuation médicale immédiate.

«C’est inacceptable que des enfants, des femmes et des hommes meurent de blessures et de maladies que l’on peut facilement traiter ou éviter», a poursuivi le Dr Tedros.

Les fournitures médicales essentielles, destinées aux sites assiégés difficiles d’accès, sont aussi régulièrement saisies dans les convois interorganisations. Au début du mois, plus de 70% des fournitures essentielles destinées à la Ghouta orientale ont été saisies par les autorités et renvoyées à l’entrepôt de l’OMS. Or, on en a désespérément besoin pour sauver des vies et soulager les souffrances.

Le système de santé syrien a été dévasté par les sept années de conflit. Plus de la moitié des hôpitaux publics et des centres de santé du pays sont fermés ou partiellement opérationnels et plus de 11,3 millions de personnes ont besoin d’une assistance sanitaire, dont 3 millions ayant des blessures et des incapacités sérieuses.

L’OMS s’est engagée à veiller à ce que l’ensemble de la population syrienne ait accès aux soins de santé essentiels et indispensables pour la survie. L’an dernier, l’OMS a délivré plus de 14 millions de traitements dans tout le pays, y compris dans le cadre de services transfrontaliers ou par-delà les lignes de démarcation.

«Les souffrances du peuple syrien doivent s’arrêter. Nous prions instamment les parties belligérantes de cesser leurs attaques contre la santé, de donner l’accès à tous ceux en Syrie qui ont besoin d’une assistance sanitaire et, par-dessus tout, de mettre un terme à ce conflit dévastateur», a conclu le Dr Tedros.