Action de santé à visée humanitaire

Programme d'action sanitaire d'urgence pour l'Asie du Sud


31 décembre 2004

Les 100 premiers jours suivant le séisme et le raz-de-marée du 26 décembre 2004

Introduction

La catastrophe qui a frappé l'Asie du Sud-Est et touché 12 pays le 26 décembre 2004 est l'une des pires catastrophes naturelles des temps modernes. Elle a fait jusqu'ici 70 000 morts et jusqu'à 300 000 blessés et beaucoup de sinistrés ont besoin d'un traitement médical ou chirurgical d'urgence. Malheureusement, le bilan final risque d'être bien plus lourd. On estime que le nombre des personnes directement touchées dans la région avoisine les cinq millions. Les dégâts et la destruction des infrastructures ont laissé un nombre considérable de sinistrés sans toit et sans installations de santé permettant de d'offrir les soins essentiels.

Une action immédiate de santé publique est indispensable pour assurer la survie des populations touchées, et plus particulièrement des groupes vulnérables - femmes, enfants et personnes âgées notamment. Des millions de personnes sont exposées à un risque grave de flambées de maladies à la suite des dégâts subis par le réseau d'approvisionnement en eau et d'assainissement ou de la contamination par l'eau de mer. Il existe un risque sérieux de choléra, de fièvre typhoïde, de shigellose et d'hépatite A ou E. Les maladies à transmission vectorielle comme le paludisme et la dengue constituent aussi une menace non négligeable. La promiscuité dans laquelle sont contraintes de vivre les personnes déplacées entraîne souvent un risque accru de flambées de rougeole, de grippe et de méningite, une incidence plus forte d'infections respiratoires aiguës et une transmission accrue de la tuberculose. On peut aussi rencontrer un risque de leptospirose. Le tableau ci-dessous indique le risque des différentes maladies selon les pays touchés. Il est essentiel de surveiller les maladies, de communiquer les informations les concernant, de fournir des recommandations et de répondre aux situations d'urgence sanitaire.


  Sri Lanka Indonésie Maldives Thaïlande Inde
Cholera + + - + +
Fièvre typhoïde + + - + +
Shigellose + + - + +
Hépatite A et E + + + + +
Dengue + + + + +
Paludisme + Pas dans les zones côtières - Pas dans le sud Pas dans le sud
Fièvre fluviale du Japon + + + + +
Leptospirose -* +* ? +* -*

Le programme d'action sanitaire d'urgence de l'OMS en Asie du Sud-Est est vital pour répondre aux besoins urgents des populations touchées.

Le réseau des interventions sanitaires en cas de crise de l'OMS a immédiatement été activé dès que la catastrophe a été connue. Le Siège de l'OMS à Genève et le Bureau régional de l'Asie du Sud-Est à New Delhi ont mis sur pied des cellules de crise fonctionnant 24 heures sur 24 ainsi qu'un groupe spécial de haut niveau chargé de répondre aux besoins d'urgence des pays sinistrés de la Région - Indonésie, Sri Lanka, Inde, Maldives et Thaïlande en particulier, et aussi Bangladesh et Myanmar.

Réactions initiales de l'OMS

L'OMS s'est notamment efforcée:

Des membres du personnel de l'OMS du monde entier ont déjà été mobilisés pour appuyer les opérations dans les pays. Des hauts responsables de Bureau régional et des collaborateurs techniques d'Etats épargnés par la catastrophe ont été affectés à Sri Lanka, aux Maldives et en Indonésie.

  • de répondre aux besoins de ses bureaux dans les pays et des ministères de la santé en matière de surveillance des maladies;
  • de fournir des conseils techniques aux pays sur les bonnes pratiques à suivre face aux flambées et sur la réduction des risques liés à l'environnement et des risques pour la santé publique;
  • d'appuyer l'évaluation des risques et l'élaboration de propositions pour le relèvement immédiat et à moyen terme et pour la protection et le bien-être des populations sinistrées;
  • de fournir des lignes directrices concernant l'enlèvement des corps, les besoins psychosociaux et la protection des groupes vulnérables, en particulier les femmes;
  • de mobiliser les ressources et les fournitures notamment de médicaments essentiels et de comprimés de purification de l'eau/chlore;
  • de coordonner et de traiter les demandes d'information concernant les questions techniques, les médias et le grand public.

Dans les bureaux de pays de l'OMS, les points focaux chargés des secours d'urgence et de l'action humanitaire aident les autorités à coordonner l'action sanitaire et participent aux premières évaluations des besoins en compagnie du Gouvernement, des organismes du système des Nations Unies et des ONG. Des kits sanitaires d'urgence et d'autres fournitures demandées ont ainsi déjà été envoyés par l'OMS à Sri Lanka et à Aceh, en Indonésie. D'autres envois parviennent également en Inde et aux Maldives.

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