Appel éclair des Nations Unies : demandes de l'OMS
Le séisme et les raz-de-marée en Asie du Sud
Dans le cadre de l'appel éclair des Nations Unies, l'OMS demande US $67 060 220 pour répondre aux besoins sanitaires des populations touchées par le séisme et les tsunamis en Asie du Sud-Est. Les sommes couvriront la période allant de janvier à juillet 2005 en Indonésie, Sri Lanka et aux Maldives. En s'inscrivant dans une approche générale, l'argent permettra de veiller à répondre aux besoins des habitants de façon à permettre un redressement équilibré des zones sinistrées.
Evaluation des besoins dans le secteur de la santé
Il faut agir d'urgence pour répondre aux besoins sanitaires essentiels de plus de 5 millions de personnes affectées par le séisme et les tsunamis du 26 décembre 2004 dans la Région de l'Asie du Sud-Est. Le manque d'eau potable, d'abris, de nourriture, d'assainissement et d'infrastructures sanitaires a de lourdes conséquences sur l'état sanitaire de populations déjà éprouvées par la pauvreté. Les groupes les plus vulnérables, femmes enceintes, enfants et personnes âgées, sont particulièrement exposés.
Conséquence directe de la pollution des eaux et de leur contamination par l'eau de mer, des milliers de personnes sont désormais confrontées à de graves menaces : diarrhées, typhoïde, hépatite, fièvres virales et dysenterie. Les maladies à transmission vectorielle posent aussi un problème important. Le matériel vital pour la chaîne du froid a été détruit ou endommagé, ce qui a interrompu les vaccinations prévues. Il y a aussi un risque accru de rougeole, de grippe et de méningite. Il est donc essentiel de mettre rapidement en place un système d'alerte avancée et de surveillance, de vérification des maladies transmissibles et d'action pour détecter rapidement les épidémies et les enrayer, notamment grâce à des services de laboratoire de base. La lutte contre les maladies, la collecte des données et les campagnes de sensibilisation sont cruciales face à ces menaces sanitaires émergentes.
En raison de la disparition des services et des ressources (y compris le personnel soignant), on risque d'observer une augmentation de la mortalité maternelle et infantile due à des causes évitables, du nombre d'accouchements non médicalisés, des grossesses non désirées et de la propagation des infections sexuellement transmissibles (IST) et du VIH/SIDA. La malnutrition est un problème fréquent dans certaines des zones sinistrées. Une évaluation correcte de l'état nutritionnel, des interventions et le contrôle de la situation sont essentiels pour diminuer au maximum les effets de la malnutrition infantile sur le long terme, susceptibles de se multiplier en raison de la catastrophe.
PRIORITÉS DU SECTEUR SANITAIRE ET ACTION DE L'OMS
Priorité : Surveillance et action
- Mettre rapidement en place un système d'alerte avancée, de surveillance des maladies transmissibles et d'action pour détecter rapidement les épidémies dans les populations sinistrées. Etablir et mettre en œuvre ce système avec l'aide de partenaires locaux.
Priorité : Action commune pour la santé
- Aider les ministères de la santé à coordonner le secteur de la santé de façon à garantir la meilleure utilisation possible des ressources disponibles et éviter une répétition des actions entreprises.
- Etablir une cellule de crise à Bangkok qui travaillera en étroite collaboration avec le Groupe spécial du Siège et les cellules de crise du Siège et du Bureau régional OMS de l'Asie du Sud-Est pour soutenir les opérations, les évaluations et la coordination des activités menées par les équipes dans chacun des pays affectés.
- Coordonner l'action avec les partenaires sur le terrain. En Indonésie par exemple, l'OMS s'installe dans la structure commune mise en place par le Partenariat humanitaire international. L'aspect sécurité est ainsi pleinement pris en compte au vu de la fragilité de l'environnement et de l'insécurité dans les zones sinistrées et, par ailleurs, la mise en commun des ressources s'en trouve facilitée.
Priorité : Santé publique
- En collaboration avec des partenaires, faire des recommandations sur les enjeux essentiels de la santé publique (riposte aux épidémies, qualité de l'eau, menaces chimiques, prise en charge des maladies chroniques et santé mentale) et pallier les déficiences jusqu'à ce que les autorités locales soient de nouveau équipées pour assumer pleinement leurs tâches.
- Déployer dans les pays affectés des équipes mobiles d'experts spécialisés dans l'épidémiologie, les systèmes de surveillance et d'alerte avancée, la salubrité de l'environnement, les infrastructures sanitaires, la logistique, les communications, la sécurité, la finance et l'administration pour travailler avec les autorités nationales et les aider à rétablir les systèmes de santé publique.
Priorité : Accès aux soins essentiels
- Evaluer les conséquences sur les services et les établissements de santé de la région et veiller à ce que des services de santé suffisants soient assurés par les principaux hôpitaux et centres.
Priorité : Fournitures de matériel médical
- Contribuer à garantir un fonctionnement aussi efficace que possible des chaînes d'approvisionnement et répondre aux besoins des usagers.
L'OMS demande US $67 060 220 pour répondre aux besoins les plus urgents, comme le précise l'appel éclair des Nations Unies pour faire face aux conséquences du séisme et des tsunamis du 26 décembre 2004 en Asie du Sud-Est :
- US $36 000 000 pour l'Indonésie (8 projets)
- US $12 500 000 pour Sri Lanka (1 projet)
- US $6 085 000 pour les Maldives (7 projets)
- US $275 220 pour Somalie (1 projet)
- US $12 200 000 pour les activités régionales
NB : Le budget préliminaire fixé par l'OMS le 31 décembre pour sa stratégie couvrant une période de 100 jours, voir http://www.who.int/hac/crises/international/asia_tsunami/100day_strategy/fr/index2.html , a été développé et inclue désormais la composante sanitaire de l'appel éclair des Nations Unies pour une période de 6 mois. A mesure que des évaluations plus détaillées auront été faites, il est probable que les besoins augmenteront et qu'il faudra obtenir des fonds supplémentaires à un stade ultérieur.