Action de santé à visée humanitaire

Le séisme et les raz-de-marée en Asie du Sud - Rapports de situation No. 1


27 décembre 2004

Une série de tremblements de terre dont l'épicentre était situé au large de la côte nord de Sumatra (Aceh) a provoqué des tsunamis en Asie du Sud-Est, faisant de nombreuses victimes et des dégâts importants. La première et la plus forte des secousses sismiques, d'une magnitude de 8,9 sur l'échelle de Richter, s'est produite le 26 décembre à 0 heure 58 TU et a été suivie d'un autre séisme important à 4 heures 21. L'Indonésie, Sri Lanka, les Malvides, l'Inde et la Thaïlande ont été touchées ainsi que la Malaisie, le Bangladesh et le Myanmar. Le bilan humain est considérable et devrait s'alourdir encore dans les prochains jours. Les raz-de-marée ont gravement endommagé les infrastructures, y compris des installations de santé.

D'après les dernières informations communiquées, il semblerait que les tsunamis aient été de moindre ampleur en Malaisie, au Bangladesh et au Myanmar et moins dévastateurs que dans les autres pays, notamment à Sri Lanka, où les plus grands besoins semblent maintenant concentrés.

Besoins prévisibles dans le secteur de la santé et action de l'OMS

A ce stade, il est primordial d'évaluer la situation le plus précisément possible et de se rendre dans toutes les zones sinistrées. L'OMS considère que la priorité est de faire rapidement le point de la situation sanitaire et soutient dans cette tâche les responsables nationaux et locaux.

  • A Sri Lanka, l'équipe des Nations Unies pour l'évaluation et la coordination en cas de catastrophe (UNDAC), arrivée dans le pays le 27 décembre, compte un haut responsable de l'OMS
  • En Indonésie, l'OMS a évalué rapidement la situation dans le nord de Sumatra avec le Ministère de la Santé. Une mission conjointe des Nations Unies sera mise sur pied dans le courant de la semaine.
  • En Thaïlande et au Myanmar, les représentants de l'OMS collaborent étroitement avec le Ministère de la Santé pour faire l'état des lieux dans les zones sinistrées.
  • En Inde, l'OMS est en contact avec les responsables locaux et les bureaux de l'UNICEF sur place pour se tenir régulièrement au courant de la situation. Le Bureau du Représentant de l'OMS suit les mesures et opérations de secours, observe l'état du système de santé, les déplacements de population et la situation dans les camps de secours.

Les estimations du nombre de blessés laissent prévoir un afflux important dans les hôpitaux, qui devront dispenser des soins médicaux et chirurgicaux adaptés. Si les responsables dans les pays peuvent mettre à disposition les ressources humaines et les systèmes nécessaires, les partenaires internationaux devront quant à eux fournir le matériel indispensable.

  • L'OMS s'apprête à fournir aux pays de la région au moins 15 nouveaux kits sanitaires d'urgence (destinés à couvrir chacun les besoins sanitaires de base de 10 000 personnes pendant trois mois) et 13 kits de prise en charge des traumatismes (prévus chacun pour 100 interventions).
  • L'OMS a envoyé quatre nouveaux kits sanitaires d'urgence le 28 décembre à Colombo (Sri Lanka) avec le concours du Ministère italien des Affaires étrangères.

Rien qu'à Sri Lanka, 250 camps temporaires ont déjà été aménagés pour accueillir les personnes qui sont sans abri depuis le tsunami. Le surpeuplement et la précarité de l'hébergement créent des conditions propices aux infections respiratoires aiguës, qui, si elles ne sont pas soignées, peuvent causer une mortalité importante, surtout chez les enfants.

Le paludisme et la dengue sont endémiques en Asie du Sud-Est. Les inondations et la stagnation des eaux créent des conditions favorables au moustique vecteur. Le surpeuplement augmente le risque de piqûre de moustique et, par conséquent, de transmission.

  • L'OMS prend des dispositions pour surveiller de près la situation épidémiologique par le canal du programme régional Faire reculer le paludisme et du réseau régional Denguenet.

Dans les camps provisoires, il y a un risque d'épidémies de maladies diarrhéiques en raison du manque d'eau, de la mauvaise qualité de l'eau, de l'insuffisance de l'assainissement, de la promiscuité et des mauvaises conditions d'hygiène. La priorité absolue est de purifier l'eau pendant toute la durée nécessaire.

  • L'OMS fournit du chlore et des pastilles de purification de l'eau à ses partenaires
  • En prévision d'éventuelles flambées, l'OMS mobilise au moins 15 kits contre les maladies diarrhéiques (chaque kit permet de soigner 100 cas GRAVES de diarrhée ou de choléra).

Outre la pollution biologique, il faut tenir compte du risque de pollution de l'environnement par des fuites de produits chimiques dans les usines et les entrepôts inondés. L'eau peut aussi être contaminée par de l'essence ou du gasoil s'échappant de véhicules endommagés.

  • Les programmes de l'OMS qui ont trait à l'eau, à l'assainissement et à la sécurité chimique internationale ont été alertés.

Les cadavres ne mettent pas en danger la santé des survivants, mais suscitent la peur. Le risque est qu'on y consacre des ressources et une énergie précieuses qui seraient plus utiles aux opérations de secours. Autre priorité pour la santé des toutes les populations affectées et populations voisines : des conseils techniques et des décisions rationnelles sur la base de données scientifiques solides. L'OMS s'emploie à renforcer la coordination et la prise de décisions scientifiquement justifiées dans tous les pays touchés de la région.

La coordination de l'action commune étant cruciale, l'OMS :

  • renforce les moyens dont dispose le Bureau régional de l'Asie du Sud-Est (SEARO) pour harmoniser les opérations de secours au niveau régional ;
  • collabore avec l'UNDAC et d'autres organes des Nations Unies ;
  • travaille en proche collaboration avec les autorités nationales.

Ressources

Le Gouvernement italien a apporté un soutien financier et le Department for International Development (DFID) du Royaume-Uni a versé des fonds pour l'action immédiate. Etant donné l'ampleur de la catastrophe, les besoins seront vraisemblablement très importants et l'OMS fera de nouveau le point prochainement.

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Pour plus d'informations:

Rob Holden
Téléphone: 41 22 791 2510
Tél. portable: 41 79 475 5558
Courriel: holdenr@who.int

Dr David Nabarro
Téléphone: +41 79 217 3446
Courriel: nabarrod@who.int

Marianne Muller
Téléphone: 41 22 791 1887
Courriel: mullerm@who.int