Action de santé à visée humanitaire

Rapport No. 4

Bureau regional de l'Asie du Sud-Est

Inondations
  • Le nombre des victimes est proche de 150 000 et devrait continuer à augmenter
  • La pénurie d'eau propre est généralisée et le risque de flambées de maladies majoré dans l'ensemble de la région

La principale crainte reste que les taux de mortalité n'augmentent du fait des maladies transmissibles si l'on n'accorde pas la priorité à la prévention en essayant de restaurer la qualité de l'eau et l'assainissement. L'OMS ne fait pour l'instant état d'aucune flambée de maladie. Elle est axée sur l'évaluation sanitaire et rassemble des trousses d'urgence afin de couvrir les besoins médicaux essentiels de deux millions de personnes pendant trois mois.

Principaux enjeux

Préoccupations d'ordre sanitaire: Il existe un RISQUE ACCRU immédiat de maladies à transmission hydrique, à savoir de cholera, typhoïde, shigellose et hépatites A et E, lié à l'eau de boisson non potable et aux problèmes d'assainissement (voir eau potable et assainissement ci-après). Ces flambées peuvent se déclencher à tout moment. Il est également essentiel d'avoir recours à des protocoles de traitement standard dans les centres de santé, avec des médicaments de première intention sur lesquels on s'est entendu, pour assurer un diagnostic et un traitement efficaces des infections respiratoires aiguës, du paludisme, des infections sexuellement transmissibles et des principales maladies à tendance épidémique (notamment du choléra, de la dysenterie, de la typhoïde, de l'hépatite, de la dengue, de la leptospirose, de la rougeole, de la méningite). Des lignes directrices relatives à la lutte contre l'infection doivent également être mises en place.

Interventions immédiates liées à l'eau et à l'assainissement: a) La mesure préventive la plus importante à mettre en œuvre à la suite d'une inondation pour réduire le risque de flambées de maladies hydriques est l'approvisionnement continu en eau potable; b) Les désinfectants les plus largement et les plus facilement utilisés pour l'eau de boisson, et aussi les moins coûteux, sont les solutions d'hypochlorite de sodium/chlore libre. Elles sont également très efficaces contre presque tous les germes pathogènes à transmission hydrique; c) Le HCR et l'OMS recommandent de fournir à chaque personne au moins 20 litres d'eau propre par jour; d) La fourniture de récipients d'eau, de casseroles et de combustibles appropriés et en quantités suffisantes peut réduire le risque de choléra et d'autres maladies diarrhéiques en permettant que l'eau soit conservée à l'abri et les aliments correctement cuits; e) De plus, des installations d'assainissement suffisantes doivent être fournies sous forme de latrines ou d'endroits spécifiques réservés à la défécation; f) Une bonne hygiène personnelle et le fait de se laver les mains sont indispensables pour réduire le nombre d' infections diarrhéiques, cutanées et oculaires.

Informations les plus récentes

Les questions logistiques, notamment le transport, le logement et les communications posent de gros problèmes à tous les secours. Dans l'ensemble des régions touchées, tous les efforts visent à apporter un soutien aux survivants, notamment en mettant en place et en rendant opérationnels des centres d'aide aux personnes déplacées. Des livraisons de nourriture du PAM commencent à arriver en Indonésie, à Sri Lanka et en Somalie et sont en route vers les Maldives.


  No. de décès No. de blessés No. de disparus No. de pers. déplacées Informations particulères
Indonésie >80 000 >2500 >1237 108 083 500 000 sans eau/sans nourriture
Sri Lanka 28 551 12 177 5040 809 246  
Inde 9063 2862 - pour le seul Tamil Nadu 5511 1 141 000 39 districts touchés
Thaïlande 4798 10 306 6384    
Maldives 74 1313 31 9000 les 200 + Malé
Myanmar 59 43 3 200 5 divisions

Des millions de gens sont désormais sérieusement exposés à des flambées de maladies par suite des dommages causés aux systèmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement, de la contamination de l'eau de mer, et de la situation de promiscuité et de surpeuplement qui règnent dans les camps de personnes déplacées. Aucune flambée n'a été notifiée jusqu'ici. Les pays se préparent à prévenir toute flambée qui apparaîtrait.

Priorités sanitaires

Maladies transmissibles

Toutes les régions touchées rencontrent de graves problèmes liés au manque d'eau potable et d'assainissement. Les réseaux d'égouts sont endommagés et plusieurs régions indiquent qu'elles n'ont plus qu'une à deux semaines de réserves d'eau, voire 2-3 jours dans certaines îles (Maldives, îles Nicobar).

Hygiène du milieu (accès à l'eau potable et hygiène, situation de l'assainissement)

Les populations touchées montrent des signes de traumatisme psychologique et l'on reçoit des rapports faisant état de cas d'anxiété aiguë et de choc.

Autres questions de santé (santé maternelle et infantile, santé mentale, etc.)

Les dégâts causés aux infrastructures et les destructions sont considérables et de nombreux centres de santé sont endommagés dans l'ensemble des régions touchées. Ceux qui sont opérationnels travaillent à plein régime et demandent des fournitures supplémentaires. Des centres temporaires sont mis en place.

Systèmes et infrastructures de santé (centres de santé opérationnels, accès, etc.)

Dans le cadre de son Programme d'action sanitaire d'urgence pour l'Asie du Sud-Est, on estime à US$ 40 millions le montant nécessaire aux interventions sanitaires de l'OMS dans les trois mois à venir. L'OMS remercie les gouvernements suivants pour leurs récentes contributions: Royaume-Uni (DFID pour les espèces et en nature), Italie (en nature), Suisse (en nature), France (en espèces) et Norvège (en nature). Les manifestations de soutien de personnes du monde entier sont impressionnantes.

L'OMS et les mesures de secours coordonnées

Renforcement et approvisionnement des pays
  • Quatre nouvelles trousses sanitaires d'urgence sont désormais à Sri Lanka et 5 aux Maldives et il y a une trousse choléra à Sri Lanka; 190 nouvelles trousses d'urgence sont réunies, qui devraient arriver d'ici la mi-janvier; 40 trousses diarrhée sont collectées; 100 trousses chirurgicales sont rassemblées grâce à un don du gouvernement norvégien et devraient arriver d'ici la mi-janvier - ce qui permettra de couvrir plus de 2 millions de personnes pendant les trois mois à venir.
  • Les efforts se poursuivent pour fournir du matériel et des médicaments, mobiliser des fonds et des professionnels de santé. Des équipes d'urgence ont été déployées en Indonésie, à Sri Lanka et aux Maldives. Deux logisticiens ont été déployés à Aceh.
Coordination et assistance technique
  • L'OMS continue à travailler avec les autorités et les organisations humanitaires afin d'évaluer les besoins sanitaires et de coordonner la surveillance des maladies à Sri Lanka, en Indonésie, en Thaïlande, et en Inde. Détection des flambées et systèmes d'alerte précoce se font par le biais des autorités de santé locales, des ONG et des institutions spécialisées du système des Nations Unies.
  • La plupart des pays ont des salles d'opérations fonctionnant 24 heures sur 24. Les salles de crise de la région et du siège de l'OMS continuent à soutenir les pays. Une solide équipe régionale de planification stratégique, de soutien opérationnel et de gestion de la chaîne d'approvisionnement médical opère à New Delhi.
  • L'OMS assure un partenariat ouvert et une coordination très riche avec l'équipe de coordination des Nations Unies, les ONG et l'UNDAC sur le terrain et avec l'IFRC, le CICR, l'OIM, l'UNICEF et les ONG à Genève.
Partager