Action de santé à visée humanitaire

Préoccupations liées au nucléaire au Japon – FAQ

Septembre 2011


Sécurité sanitaire des aliments

Les dégâts dans la centrale nucléaire Dai-ichi à Fukushima (Japon) et la détection ensuite de radioactivité dans certains échantillons d’aliments provenant des zones voisines ont suscité des inquiétudes quant à la sécurité sanitaire des denrées alimentaires en provenance du Japon. Les autorités japonaises ont mis en place une réglementation précisant les limites provisoires autorisées pour la radioactivité dans les aliments et instaurent le suivi nécessaire. La mesure des concentrations en radionucléides a été faite et les résultats sont publiés par les autorités japonaises.

Les questions et réponses suivantes, produites par la FAO et l’OMS, traitent des préoccupations internationales quant à la sécurité sanitaire des denrées alimentaires produites au Japon.

Les évènements du Japon peuvent-ils avoir un impact sur les denrées alimentaires produites dans d’autres pays?

  • Les centrales nucléaires japonaises endommagées ont rejeté des matières radioactives dans l’environnement. Les niveaux de radiation mesurés jusqu’à présent dans d’autres pays sont bien inférieurs au niveau de fond auquel la plupart des populations sont exposées dans leur vie quotidienne. Il n’y a donc pas de danger pour la santé ou pour les transports, selon les institutions des Nations Unies qui surveillent attentivement la situation.
  • On peut trouver de très faibles quantités de césium et d’iode radioactifs à l’aide de méthode de détection très sensibles, mais elles ne devraient avoir aucun effet sur les denrées alimentaires produites dans d’autres pays, les quantités retrouvées étant bien en dessous des niveaux autorisés. Il ne devrait en résulter aucun problème de santé pour ceux qui consomment ces aliments.

Quels sont les effets sanitaires potentiels de la consommation de produits contaminés?

  • La consommation d’aliments contaminés par des matières radioactives augmente la radioactivité à laquelle une personne est exposée et donc les risques sanitaires qui s’y associent. L’effet exact dépend des radionucléides ingérés et des doses. Selon les données communiquées jusqu’ici, l’iode radioactif et le césium sont les principaux contaminants et, dans certains échantillons, on a détecté des concentrations dépassant les limites autorisées par la réglementation japonaise.
  • L’iode radioactif a une demi-vie de huit jours et se décompose naturellement en quelques semaines. En cas d’ingestion, il peut s’accumuler dans l’organisme, en particulier dans la glande thyroïde, augmentant le risque de cancer à ce niveau, notamment chez l’enfant.
  • L’ingestion d’iodure de potassium est une méthode avérée pour éviter l’accumulation d’iode radioactif dans la thyroïde.
  • Le césium radioactif a une demi-vie plus longue (jusqu’à 30 ans) que celle de l’iode radioactif et il peut donc rester dans l’environnement de nombreuses années. Comme pour tous les radionucléides, l’exposition aux radiations émises par le césium radioactif peut entraîner une augmentation du risque de cancer.

Toute la production alimentaire japonaise est-elle affectée par l’urgence nucléaire?

  • Non, tous les aliments ne seront pas touchés. Les denrées expédiées ou conditionnées avant la situation d’urgence ne seront pas touchées. En revanche, on a découvert que certains aliments produits dans les zones où des matières radioactives se sont déposées ont été contaminés. C’est la raison pour laquelle les autorités japonaises ont établi une surveillance et prennent des mesures pour résoudre ce problème.

Quelles seront les retombées au niveau des aliments et de la production de denrées alimentaires au Japon?

  • L’impact au Japon dépendra du type de radionucléides et de la quantité de radioactivité qui se déposent ou sont présents là où les aliments sont produits et récoltés. Bien que l’iode radioactif constitue une source d’inquiétude immédiate après tout accident nucléaire, il a une demi-vie relativement courte et se décompose dans un laps de temps relativement bref. On a aussi détecté du césium radioactif dans les aliments. Contrairement à l’iode, il peut rester dans l’environnement pendant plusieurs années et constituer un problème à plus long terme au niveau des denrées alimentaires, de la production agricole et donc une menace pour la santé humaine.

Comment les produits alimentaires peuvent-ils devenir radioactifs?

  • Les aliments sont contaminés par des matières radioactives lorsqu’elles sont rejetées à la suite d’une urgence nucléaire ou radiologique. Dans ces circonstances, ces matières, en suspension dans l’air ou transportées par la pluie et la neige, peut se déposer à la surface d’aliments comme les fruits, les légumes ou encore le fourrage pour les animaux. Par ailleurs, la radioactivité peuvent s’accumuler dans les aliments, par transfert des radionucléides à partir du sol dans les cultures ou dans les animaux. Elle peut également s’écouler dans les cours d’eau, les lacs et la mer où les poissons, les coquillages et les crustacés peuvent absorber les radionucléides. La gravité du risque dépend du mélange de radionucléides et de la teneur des rejets en contaminants.
  • Cette radioactivité ne peut contaminer les produits alimentaires conditionnés; par exemple, le contenu des boîtes de conserve ou des emballages plastiques est protégé pour autant que l’étanchéité soit assurée.

Pourquoi les aliments sont-ils touchés en dehors de la zone d’évacuation?

  • En situation d’urgence nucléaire, on établit une zone d’évacuation pour éviter que les populations soient exposées dans l’immédiat à des doses de radiations inacceptables qui constituent une menace pour la santé humaine. Toutefois, la contamination peut se produire par transfert du sol aux cultures ou aux animaux, par le biais du fourrage, même quand les niveaux de contamination radioactive sont plus faibles que ceux constituant une menace directe pour la santé humaine. Les limites acceptables de la radioactivité dans les aliments sont fixés à des niveaux faibles pour prendre en compte la possibilité que des aliments contaminés soient consommés sur une longue période, ce qui peut aboutir à une dose cumulée importante.

Existe-t-il des normes de radioactivité à ne pas dépasser dans les produits alimentaires dans le commerce international?

  • Il existe des niveaux de référence (GL) fixés au niveau international pour la teneur en radionucléides des produits alimentaires dans le commerce international à la suite d'une situation d’urgence nucléaire ou radiologique. Ces niveaux sont publiés par la Commission FAO/OMS du Codex Alimentarius.
  • Les limites indicatives du Codex, stipulent que « s’agissant de la protection radiologique générale des consommateurs, lorsque les niveaux de radionucléides dans les aliments ne dépassent pas les limites indicatives correspondantes, les aliments doivent être considérés comme sûrs pour la consommation humaine. Si les limites indicatives sont dépassées, c’est aux gouvernements de décider si et dans quelles circonstances les aliments doivent être distribués sur leur territoire ou sous leur autorité. Les gouvernements peuvent décider d’adopter des valeurs différentes pour utilisation interne sur leur propre territoire lorsque les hypothèses concernant la distribution des aliments qui ont été retenues pour calculer les limites indicatives peuvent ne pas s’appliquer, par exemple en cas de contamination radioactive étendue. Pour les aliments consommés en petites quantités, tels que les épices, qui représentent une petit pourcentage du total consommé et donc un faible ajout à la dose totale, les limites indicatives les concernant peuvent être augmentées d’un facteur 10.
  • On peut retrouver les limites indicatives pour les concentrations en radionucléides dans Codex General Standard for Contaminants and Toxins in Food and Feed – (CODEX STAN 193-1995).

Quelles sont les mesures prises pour surveiller la sécurité sanitaire des aliments en provenance du Japon ?

  • Suite à l’accident nucléaire au Japon, les autorités japonaises ont instauré une surveillance des produits alimentaires et ont limité la consommation et la distribution de certaines produits dans certaines préfectures ou zones où l’on a trouvé des concentrations en radionucléides dépassant les valeurs réglementaires provisoires du pays. Les résultats de la surveillance des aliments au Japon et les décisions relatives à la consommation et à la distribution des produits alimentaires sont publiées régulièrement sur le site web du ministère de la Santé, du travail et des affaires sociales.
  • De nombreux pays ont pris des mesures de contrôle des aliments semblables à celles du Japon. Certains ont indiqué qu’ils n’exigent pas de documentation attestant l’innocuité des produits et/ou la préfecture d’origine des aliments. D’autres ont suspendus les importations d’aliments en provenance du Japon. Par ailleurs, de nombreux pays ont intensifié la surveillance des aliments importés du Japon.

Quels sont les conseils généraux que l’on peut donner aux consommateurs et aux producteurs en cas de crise nucléaire?

  • La réponse à une crise impliquant un risque radioactif est la même que celle qu’il faut donner dans toute situation d’urgence pouvant entraîner la contamination des produits alimentaires par des matières dangereuses. Aux premiers stades et si on peut le faire sans danger, il est possible de prendre des mesures immédiates pour éviter ou limiter le plus possible la contamination des denrées alimentaires par des matières radioactives. Par exemple, il est possible de prendre les mesures suivantes:
    • protéger les denrées alimentaires ou le fourrage pour les animaux conservés à l’air libre; les couvrir de feuilles de plastiques ou de bâches imperméables.
    • fermer la ventilation des serres pour protéger les légumes;
    • rentrer les animaux en les sortant des pâturages et en les mettant à l’abri, dans des étables;
    • récolter les cultures à maturité et les mettre à l’abri avant qu’on ait enregistré des retombées; et
    • ne plus récolter quand il y a eu des retombées, attendre de nouvelles instructions après avoir enregistré une contamination.
  • On envisagera d’autres mesures à court, moyen et long terme dans les zones ou une grave contamination est confirmée, par exemple:
    • éviter la consommation du lait et des légumes produits localement;
    • éviter l’abattage des animaux;
    • éviter la consommation et la récolte d’animaux et de plantes aquatiques (poissons, crustacés, coquillages et algues); et
    • éviter de consommer les produits de la chasse ou de la cueillette dans la nature, animaux, champignons et autres aliments sauvages.
Partager